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La Table de Cana, un acteur engagé et solidaire

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La Table de Cana, un acteur engagé et solidaire
J.-P. Enaut - Floriane Rieu, nouvelle directrice de la Table de Cana depuis le 1er juillet 2020.

Créée en 1992 à Marseille, la Table de Cana développe deux activités distinctes, l'une de traiteur organisateur d'événements et l'autre de restauration collective. Cette entreprise d'insertion qui fait partie du premier réseau national d'acteurs engagés dans la restauration entend préparer au mieux la rentrée de septembre grâce à son agilité et au savoir-faire de son équipe.

C'est en 1985 qu'un père Jésuite créé la Table de Cana avec pour vocation de redonner du travail aux sans-abri. Depuis lors, ce projet a donné lieu à un réseau national de dix entreprises d'insertion dont une née en 1992 à Marseille dans le quartier de Mourepiane. Cet acteur engagé dans la gastronomie marseillaise qui privilégie les produits locaux et de saison développe en fait deux activités distinctes, une de restauration collective pour des cantines, des centres d'hébergement, des foyers pour enfants pour 30%, et une autre de traiteur classique. L'an dernier, 1 500 prestations de traiteur ont été réalisées pour 20 à 2000 convives.

« Nous sommes sollicités pour tout type de prestation, des plateaux repas à des cocktails ou dîners de gala. Nous sommes référencés au bureau des congrès de la métropole pour l'organisation des grands événements du territoire », explique Floriane Rieu, à la tête de cette entité depuis le 1er juillet 2020. Elle dispose à ce jour d'un effectif de 40 salariés dont 15 encadrants et 25 employés en parcours d'insertion. Des contrats de travail, de quatre mois à deux ans, sont proposés à ces personnes en chômage longue durée dans un large spectre d'activités (secrétaire commerciale, magasinier, aide de cuisine, aide pâtissier, chauffeur). Elles bénéficient d'un accompagnement social afin de retrouver le plus rapidement un emploi.

« Notre mission est de leur permettre de se réinsérer dans la société par l'activité économique à travers un emploi durablement. Nous avons de véritables pépites qui se révèlent quand la confiance est présente », estime la directrice.

Les résultats sont d'ailleurs tangibles puisque les taux de sortie sont positifs avec 70% des personnes qui suivent une formation qualifiante ou trouvent un CDI à la sortie de la Table de Cana.

Une démarche environnementale

La Table de Cana qui disposait de deux lieux différents, un au lycée Saint-Henri avec une cuisine pour la restauration collective et l'autre à Mourepiane pour l'activité traiteur, a souhaité en 2018 rassembler l'ensemble des activités sur un seul et même site. Elle a ainsi investi 800 000€ dans l'agrandissement de son laboratoire de production, passant ainsi de 500 à 800 m2. Cette stratégie, avec comme ligne directrice la qualité de vie au travail, s'inscrit dans une volonté de réduire l'impact environnemental au niveau de la gestion des déchets, de l'économie des fluides et de la maîtrise de l'énergie. Ce fut l'opportunité pour l'entreprise qui mise sur l'innovation sociale et la gouvernance partagée de restructurer sa politique RSE. « Cette stratégie a porté ses fruits puisque nous avons remporté deux trophées RSE, [le premier prix RSE 13 et le premier prix RSE de la PME en novembre 2019, ndlr] », souligne Floriane Rieu. Cette politique qui va bien au-delà des obligations réglementaires (tri et valorisation des déchets en circuit court, minimisation de l'impact carbone de l'offre alimentaire, lutte contre le gaspillage) a donné lieu à une labellisation Envol en 2019, preuve de l'engagement de l'entreprise dans une démarche de préservation de l'environnement.

Dès l'annonce du confinement le 17 mars 2020, la Table de Cana n'a plus eu de commande et a dû fermer ses portes jusqu'au 20 avril. Les salariés qui ont été mis en chômage partiel n'ont pas voulu rester les bras croisés et ont souhaité rebondir avec la confection de repas solidaires équilibrés pour des associations caritatives avec 28 000 repas. Si l'activité reprend à rythme doux, la rentrée de septembre devrait être, quant à elle, en demi-teinte avec peu de visibilité en ce qui concerne l'événementiel. « Notre objectif est de préparer au mieux la rentrée de 2021 avec un renforcement des effectifs si l'activité suit. A terme, nous envisageons d'accroître le chiffre d'affaires en 2024, année des Jeux Olympiques », confie Floriane Rieu, optimiste.




Jean-Pierre Enaut
Journaliste

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