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La savonnerie Fer à cheval innove en lançant son savon pur huile d’olive

La savonnerie Fer à cheval, basée à Marseille, lance une nouvelle gamme de savons fabriqués uniquement avec de l’huile d’olive. Une formule unique qu’elle a développée pendant deux ans.
La savonnerie Fer à cheval innove en lançant son savon pur huile d’olive
K. Sarrazin - Fer à cheval propose désormais un savon 100 % huile d'olive.

Economie Publié le ,

Il est vert, ferme et dégage une forte odeur d’olive. Bref, il a toutes les caractéristiques du savon de Marseille « classique ». Pourtant, ce savon-là a été fabriqué sans huile de coprah et uniquement avec de l’huile d’olive. Une formule inédite développée par la savonnerie Fer à cheval et présentée ce jeudi 9 décembre depuis son usine de Sainte-Marthe, dans le 14e arrondissement de Marseille. « Parmi les fabricants du véritable savon de Marseille, nous sommes les seuls à le proposer. Il existe des savons à froid qui contiennent 100 % d’huile d’olive mais la recherche n’est pas la même, elle est purement cosmétique. Alors que nous, nous avons voulu garder ce côté multiusages », expliqueMario Pontarollo, directeur commercial de la Nouvelle compagnie des détergents et du savon de Marseille (NCDSM), qui détient cinq marques dont Fer à cheval.

Il a fallu deux ans de recherche et d’aller-retour entre le maître-savonnier, le responsable production et le personnel en laboratoire pour en arriver à ce résultat. L’huile de grignons (les grignons sont les résidus d’olives restant une fois l’huile d’olive vierge extraite) utilisée pour la fabrication étant très malléable. « Nous avons dû trouver les seuils d’acides gras et d’humidité pour que le savon reste le plus dur possible tout en gardant son efficacité, détaille-t-il. Deux ans c’est long. Mais quand on teste en réel, on produit 10 tonnes de savon. Il fallait donc que l’on soit un peu sûrs ! » L’objectif est de passer l’ensemble de la gamme olive, soit une quarantaine de références, en 100 % olive d’ici la fin du premier trimestre 2022.

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Démarche responsable

Cette nouvelle offre est l’une des innovations majeures, après la gamme de produits maison liquide contenant du savon de Marseille solide, depuis la reprise en 2013 de cette savonnerie historique par Raphaël et Yannick Seghin. Elle se justifie notamment par la volonté de la marque d’améliorer son empreinte énergétique : « Nous économisons le transport de 90 tonnes par an d’huile de coprah, que nous utilisions auparavant en complément de celle d’olive. Or, elle provient principalement d’Afrique ou d’Asie », illustre le directeur commercial. L’huile de grignon arrive quant à elle du pourtour méditerranéen, d’Espagne principalement. « Il n’existe pas d’unité de traitement de ces grignons en France. De plus, même si nous sommes un pays réputé pour notre huile d’olive, la production se fait en trop petite quantité. » C’est dans cette même démarche RSE (responsabilité sociétale des entreprises), que la savonnerie fondée en 1856 a déjà décidé de limiter le packaging en proposant des produits en vracet opté pour des emballages écoresponsables le cas échéant.

Par ailleurs, cette transparence dans la composition (huile d’olive, soude, eau et sel) répond à une demande du consommateur, de plus en plus exigeant. Autre volonté moins affichée : se démarquer de ses concurrents. Entre Marseille et Salon-de-Provence, seulement quatre autres savonneries produisent encore du véritable savon de Marseille : Le Serail, La Corvette (Savonnerie du Midi), Rampal Latour et Marius Fabre. Cette dernière est d’ailleurs passé au savon sans huile de palme en 2012 pour sa gamme olive, 2020 pour le reste. Fer à cheval sera-t-elle la prochaine à franchir le pas ? « C’est l’étape d’après. Les savons à base d’huile d’olive représentent 80 % de nos ventes, nous les avons donc ciblés en priorité. »

La Marine nationale choisit La Corvette

Un chiffre d’affaires en croissance

Fin 2021, le chiffre d’affaires de la marque devrait atteindre les 5 millions d’euros (il était de 500 000 € en 2016) sur les 7,8 millions d’euros au total. « Le reste du chiffre d’affaires vient des savons travaillés à façon et vendus sous des marques distributeurs », souligne Mario Pontarollo. L’objectif est d’atteindre une croissance de 30 % l’année prochaine. Pour cela, l’entreprise souhaite s’améliorer sur ses quatre leviers à savoir la vente en ligne (25 % du CA), son réseau de 850 distributeurs (30 %), l’export (30 %) et enfin la boutique sur place. Et Mario Pontarollo d’illustrer : « La période Covid nous a appris qu’il est nécessaire de multiplier les réseaux pour assurer son développement. »

Pour 2022, outre le déploiement de la gamme 100 % olive, la savonnerie souhaite rallonger celle maison et travailler sur le capillaire avec la création de shampooings solides. L'entreprise marseillaise réfléchit également au retour, d’ici septembre, de la fabrication des détergents liquides, sous-traitée depuis quatre ans. « Nous étions à l'époque préoccupés par d'autres projets, précise Mario Pontarollo. Par ailleurs, la fabrication liquide est un métier différent, qui demande des matériaux différents. » Un projet, et un investissement, encore à l’étude.

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