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La nouvelle dynamique du Technopôle de l'Arbois

Jean-Marc Perrin est président du Technopôle de l'environnement Arbois-Méditerranée depuis le 19 mai 2015. Quelle est sa perception de ce technopôle ? Quelles actions a-t-il mis en place ? Comment envisage-t-il l'avenir ?
La nouvelle dynamique du Technopôle de l'Arbois

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Les Nouvelles Publications : Quels sont les avantages du technopôle ?
Jean-Marc Perrin : Lorsque je suis arrivé, j’ai commencé par faire un état des lieux de ce qu’était réellement ce Technopôle de l’environnement. Ce qui m’a permis d’en découvrir des forces et des faiblesses. Commençons par ses forces. C’est un véritable technopôle qui s’appuie sur les trois piliers : recherche, développement économique et pôles de compétitivité. Avec une vraie structure, celle du Syndicat mixte de l’Arbois, pour générer la fertilisation croisée entre l’animation de tout cet écosystème. Une vraie force. C’est aussi une vraie zone de développement économique et d’aménagement de ZAC [Zones d’aménagement concerté, NDLR]. Lorsque Martine Vassal a lancé les Etats généraux de Provence, avec un questionnaire ayant obtenu des milliers de réponses, il y a un point qui nous a alertés, c’est le manque de terrains pour développer de l’activité économique. Une des richesses du technopôle, c’est d’avoir en gestion : la ZAC du Petit Arbois où il reste 20 000 m2, la ZAC du Tourillon et ses 60 000 m2 de plancher, et la fameuse ZAC de la gare où il y a 100 000 m2. En plus de sa spécificité, le technopôle a cette richesse-là.

Et les points faibles ?
J’en ai trouvé un. Le technopôle n’était pas assez connu, et donc reconnu. Cette faiblesse m’inquiétait vraiment dès l’instant où on allait rentrer dans une période de mouvance institutionnelle, avec l’obligation de dissoudre le Syndicat mixte de l’Arbois à la fin de l’année. Comme nous allions dissoudre et partir d’une feuille blanche, noyés dans la métropole dans une période où le conseil départemental et le conseil régional étaient dans un contexte d’après élections, avec une métropole qui accouchait péniblement en césarienne avec forceps et péridurale, je me suis dit que c’était une mauvaise période. 2016 a été une année vraiment pénible. Cependant, on a décidé d’ouvrir les portes de ce lieu spécialisé. Il était méconnu, avec une perception un peu trop élitiste. Si on avait fait un micro-trottoir sur le cours Mirabeau, personne n’aurait pu dire ce qu’était le Technopôle de l’Arbois ! Si ce n’est les initiés. Il fallait absolument, avec mes équipes, mettre en place des opérations destinées à mettre en avant cette vraie pépite, à la protéger, à la renforcer. Car c’est ici qu’on peut faire du vrai développement économique, créer de l’innovation, continuer à avoir de plus en plus d’enseignement supérieur et de recherche. Qui savait que, parmi tous les labos, la seule antenne du Collège de France, institution ô combien parisienne, se trouvait ici à Aix-en-Provence avec la chaire du Dr Edouard Bard ?

Comment avez-vous agi ?
Nous avons invité Martine Vassal, présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône, Maryse Joissains-Masini, maire d’Aix-en-Provence, le préfet Stéphane Bouillon et des responsables de la métropole, Christian Estrosi, président de région, etc. Le 16 novembre, nous avons accueilli Louis Schweitzer, commissaire général à l’investissement. C’est quelqu’un qui détient les chèques et qui peut doper tout ça. Maintenant, j’ai la sensation d’avoir réveillé la très belle et très scientifique endormie, et qu’on regarde le technopôle autrement. Si nous n’avions pas fait ce job de reconnaissance et de potentialité, nous aurions été étouffés.

Nous avons également renforcé la technicité de ce technopôle dédié à l’environnement, à l’innovation et à la gestion des risques. Si on ne l’avait pas fait, nous serions devenus un technopôle généraliste, noyé parmi les cinq technopôles de Paca.

Avec un consortium composé de The Camp, Capenergies et autres, nous avons monté un dossier de labellisation CleanTech*, au sein de la French Tech. De ce label, j’attends autre chose pour les start-up que d’avoir le droit à des stylos badgés avec des coqs verts ou rouges, des stickers pour mettre sur fonds d’écran. Nous avons réalisé des actions concrètes en ouvrant une pépinière d’entreprises dédiée uniquement aux CleanTech (efficacité énergétique, écoconstruction, etc.) car nous avons ici un nid à start-up, des bébés entreprises qu’il faut absolument accompagner.

* Les activités « cleantech » (éco-activités, éco-innovations, éco-technologies ou ecotechs) regroupent les techniques et les services industriels qui utilisent les ressources naturelles, l’énergie, l’eau, les matières premières avec une perspective d’amélioration importante de l’efficacité et de la productivité.

Retrouvez dans le numéro 9922 des Nouvelles Publications (parution le 18/11/2016) notre dossier sur le technopôle de l'Arbois.

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