AccueilEconomie« La direction du Sofitel Vieux-Port, c’est une forme de consécration pour moi »

« La direction du Sofitel Vieux-Port, c’est une forme de consécration pour moi »

Vincent Gaymard, le nouveau directeur du Sofitel Marseille Vieux-Port, est très impliqué sur notre territoire et va prendre, d’ici quelques semaines, la direction du Novotel. Son premier projet ? Ramener l’événementiel au Sofitel.
« La direction du Sofitel Vieux-Port, c’est une forme de consécration pour moi »
Robert Poulain - Vincent Gaymard a quitté le Pullman aéroport pour prendre la direction du Sofitel Vieux-Port, et dès le 1er mai, celle du Novotel Vieux-Port.

Economie Publié le , Propos recueillis par Alexandra ZILBERMANN

Les Nouvelles Publications : Cela fait 18 ans que vous êtes à Marseille, 20 ans dans le groupe Accor. C’est plutôt atypique comme parcours, parce que normalement, pour évoluer, il faut changer de territoire. Pourquoi ce choix ?

Vincent Gaymard : C’est vrai que c’est plutôt atypique comme parti pris chez Accor. Mais dès que je suis descendu à Marseille, en 2004, en tant que « revenue manager »*, puis responsable congrès sur Aix/Marseille, je suis tombé amoureux de la ville. En plus, ma mère est marseillaise, j’y ai beaucoup d’attaches, de souvenirs, d’amis. Et dès mon arrivée, j’ai visé la direction du Sofitel Vieux-Port, c’est une forme de consécration pour moi, dont je ne me suis jamais caché d’ailleurs !

Vous n’allez pas, comme vos prédécesseurs, partir au bout de cinq ans ?

Sûrement pas ! Ma direction sait que je suis là pour un moment. D’autant que je prends le 1er mai la direction du Novotel Vieux-Port.


Prendre la direction de ce second hôtel faisait partie du deal ?

En quelque sorte. C’est la cerise sur le gâteau ! Je prends la suite de Philippe Giudici, qui prend sa retraite. C’est tout à fait cohérent de réunir la direction de ces deux hôtels. C’était une vraie volonté du groupe. Pour mémoire, le Sofitel et le Novotel ont été scindés en deux dans les années 90. Les réunir va permettre d’avoir une vision partagée et une maîtrise encore plus serrée des coûts. Et puis, pour nos clients, avoir un interlocuteur unique facilite forcément les choses. Nous allons avoir une réelle complémentarité de clientèle.

Qu’est-ce qui a fait, selon vous, que c’était le bon moment pour vous, pour postuler à la direction du Sofitel Marseille Vieux-Port ?

Ma connaissance du territoire. J’ai eu la chance, en presque vingt ans, d’avoir des opportunités d’évolution qui m’ont permis de passer par tous les modèles d’hôtels du groupe. Allant chaque fois sur des sites plus importants, que ce soit en termes de capacité de restauration ou d’hôtellerie, voire les deux.

Combien de collaborateurs allez-vous gérer à partir de mai ?

Environ 200 collaborateurs. Nous attaquons en ce moment d’ailleurs le recrutement de nos saisonniers. Le secteur reste en tension. Nous avons beaucoup moins de candidatures qu’avant la covid. Ça reste encore compliqué…

Le nouveau directeur du Sofitel Vieux-Port vise un taux de remplissage supérieur à 65 % en 2022. (Crédit : Robert Poulain)

Bien avant la covid, le Sofitel avait abandonné peu à peu sa partie événementiel. Allez-vous la reprendre ?

Ça fait partie de mes objectifs. Nous allons d’ailleurs organiser le 30 avril une grosse soirée sur les deux hôtels, pour saluer le départ de Philippe Giudici, mon arrivée et lancer la saison.,J’ai envie de ramener les concerts en fin de semaine, les grandes soirées trimestrielles, pourquoi pas les défilés de mode. Je connais très bien notre territoire. Il y a de vraies pépites en termes d’artisans, de marques, de créateurs. Je compte nouer des partenariats, proposer aux Marseillais des moments de découverte.

Vous allez commencer quand ces pop-up ?

Jusqu’au 27 mars, nous fêtons le printemps avec La Butinerie, un nouveau café-fleuriste du centre-ville de Marseille. Nous réservons de nombreuses surprises à nos clients tout au long de la semaine. N’oublions pas que notre clientèle est à 80 % française, dont une grande partie locale. Notre chiffre d’affaires annuel se fait d’ailleurs à 50 % sur la restauration. Il faut que le Sofitel renoue avec sa clientèle locale et avec ses grandes soirées.

Allez-vous mettre en œuvre d’autres projets ?

Il y a une phrase que j’aime bien : « Il est urgent de ne rien faire. » Je viens d’arriver depuis un mois. Je suis en phase d’observation. Mes équipes sont sur place depuis des années. L’événementiel est facile à mettre en œuvre et je sais qu’il existe une véritable attente. Le soir, j’ai 50 SMS de mes amis qui me font des retours clients. Et ça, depuis des années ! Donc c’est vraiment une de mes priorités, remettre le Sofitel Vieux-Port au cœur de Marseille. J’ai d’ailleurs pas mal de pression. Nous avons aussi, en termes de RSE, un sacré défi à relever au sein d’Accor qui vise le zéro plastique d’ici la fin de l’année. Pour le reste, un peu de patience…

Quel est votre objectif de rentabilité pour 2022 ?

Dépasser les chiffres marseillais de l’hôtellerie en 2019, soit un taux de remplissage supérieur à 65 %. Je souhaite aussi augmenter notre visibilité auprès des touristes étrangers. Nous avons encore un défaut de notoriété.

En presque 20 ans, vous avez pris de nombreux mandats. Comment gérez-vous votre temps ?

J’y arrive ! L’avantage c’est que maintenant, je suis à quelques minutes de la CCI ou de l’Office de tourisme. C’est important pour moi d’être impliqué sur mon territoire. Ça passe par une représentativité, dès que je le peux. Seul, on ne peut rien faire. Ça s’est vu d’ailleurs pendant la pandémie notamment avec l’Umih[Union des métiers et des industries de l’hôtellerie, NDLR], via son président Bernard Marty. Il a su réunir autour de lui les institutions et forcément, la parole porte plus loin ensemble.
Il existe une profonde solidarité sur notre territoire. En cela, nous sommes vraiment atypiques par rapport à d’autres grandes villes françaises. Nous devons tous travailler de concert, pour faire rayonner Aix-Marseille.

Vous voulez que les habitants de la métropole se réapproprient le Sofitel. Mais vous, où sortez-vous le soir ou le week-end ?

Vous pouvez me croiser dans des concerts pop/rock. Je n’ai pas pu voir Feu! Chatterton, parce que c’était complet. J’aime aussi La Femme. J’ai vu Philippe Katerine au Silo. Je vais aussi bien au bar La Relève que chez Didier, au Grand Bar des Goudes. J’aime découvrir de nouveaux lieux, comme aller au Miramar, une de nos institutions marseillaises. Même si j’habite Aix depuis 15 ans, je sors beaucoup à Marseille !

* Le revenue manager est en charge de l’optimisation de la rentabilité d’un établissement touristique, d’un hôtel ou encore d’une agence de voyages.

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