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La CCI Marseille Provence ira au contentieux avec Bercy

Le président de la Chambre de commerce et d'industrie Marseille Provence entend contester, devant les tribunaux, la nouvelle « ponction » de 16 millions d'euros prévue par Bercy.
La CCI Marseille Provence ira au contentieux avec Bercy

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Les relations entre certaines chambres consulaires, comme celle de Marseille Provence, et le gouvernement vont encore un peu plus se tendre. Lors d’un déjeuner avec la presse ce mardi 6 mai, Jacques Pfister, le président de la CCI Marseille Provence, a confirmé qu’il entendait bien « aller au contentieux avec Bercy ». « La trajectoire fiscale de Bercy pour les CCI se confirme. Nous allons enregistrer une baisse de nos revenus pour les années 2015, 2016 et 2017 en plus d’une ponction sur notre fonds de roulement. »

" Nous attaquons Bercy"

Sur les 500 millions d’euros que l’Etat veut « raboter » au budget des CCI de France, la CCI Paca est concernée à hauteur de 45 millions d’euros et la CCIMP devra boucler son année avec « 16 millions d’euros en moins ».
« Dans ces conditions, nous attaquons Bercy et nous considérons que cela est suspensif », précise Jacques Pfister. La chambre consulaire marseillaise et provençale ne versera donc pas l’argent à l’Etat. Le patron de la chambre de commerce tape du point sur la table : « Nous avons une réunion avec nos avocats. Nous devons payer pour le 15 mai. Nous ne le ferons pas. » Dans la région Paca, d’autres CCI devraient suivre cette fronde.

Accompagner le développement local

Le président rappelle que la CCIMP « n’est pas un établissement public comme un autre. Nous sommes là pour accompagner les politiques de l’Etat et les entreprises, mais nous ne sommes pas au service de l’Etat. » Jacques Pfister souligne que cet « argent appartient aux entreprises » et qu’il est destiné « à accompagner le développement économique local », dans un contexte de construction de la métropole.
La CCIMP comprend pourtant les efforts demandés par l’Etat : « il est logique de contribuer à l’effort de redressement général et la CCI fait cet effort. Ce n’est pas nouveau », rappelle le président de la CCIMP.
En 2015, la chambre de commerce va perdre une soixantaine de postes, dont trente qui étaient mis à disposition de l’Ecole centrale de Marseille.

" Pour une métropole de projets"

Lors de ce rendez-vous avec la presse, Jacques Pfister, le président de la CCIMP, a également dévoilé qu’il avait mandaté Christian Saint-Étienne pour réaliser une « étude économique » pour « élaborer une feuille de route pour le développement économique de la métropole à l’horizon 2030 ». « Nous voulons un regard neuf, indépendant, voire iconoclaste sur ce territoire. Ces travaux seront un outil d’aide à la décision pour les futurs élus métropolitains, à utiliser pour bâtir des choix d’avenir pour Aix-Marseille-Provence » a justifié le président. Ce rapport sera remis le 24 juin et donnera lieu à un grand débat public au Palais de la Bourse.
Ce n’est pas nouveau, la CCIMP attend « une Métropole de projets », qui sera un acteur économique fort pour aménager et développer le territoire.

La CCIMP partenaire de la Métropole

« L’institution ne vaut que si elle est au service d’un projet », estime Jacques Pfister. Pour cette raison, la CCIMP entend replacer au centre les débats sur le projet métropolitain, plutôt que sur les questions liées à la « mécanique institutionnelle », source de passions et débats peu productifs.
Mais quelle place aura le monde économique dans ce Meccano géant, qui reste à construire de A à Z avec les Etablissements publics de coopération intercommunale (EPCI) existants ? La CCIMP entend être un partenaire fort de cette future Métropole notamment à travers le comité métropolitain des grands projets qui rassemblera « les principaux acteurs du territoire (Métropole, grandes communes et établissements publics : Grand port maritime de Marseille, Etablissement public d’aménagement Euroméditerranée, CCIMP…) ».
Enfin, et c’est loin d’être anecdotique, Jacques Pfister a souhaité avoir un premier président de la Métropole qui soit « un défenseur de la Métropole, quelqu’un qui ait une dimension nationale et économique ». Jean-Claude Gaudin ? Jacques Pfister ne dit pas non.

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