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La Banque de France et la CCI Aix-Marseille-Provence essaient d'éclaircir l'horizon

L'enquête de la Banque de France auprès d'entreprises de Provence-Alpes-Côte d'Azur démontre le choc subi par l'économie en 2020. La CCIAMP le mesure aussi sur la métropole. Si le rebond reste prudent, des leviers existent pour garder l'espoir.
La Banque de France et la CCI Aix-Marseille-Provence essaient d'éclaircir l'horizon
J.-C. Barla - Maurice Wolff, vice-président de la CCI Aix-Marseille-Provence, Jean-Christophe Ehrhardt, directeur régional de la Banque de France et Bernard Benitez, adjoint aux affaires régionales.

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Présentée le 25 février au sein du Palais de la Bourse, l'enquête de conjoncture « Bilan 2020 et perspectives 2021 » réalisée par la direction régionale de la Banque de France auprès de 1 500 entreprises était attendue. Elle mesure l'évolution du moral des chefs d'entreprises sur leur activité, leurs intentions d'investissement et d'embauches dans les services, l'industrie et la construction. Et l'année 2020 a bien secoué les esprits !

Si l'on s'en doutait, les chiffres donnent une idée globale d'un effondrement inédit, très supérieur à celui provoqué par la crise internationale de 2008. Dans les services, le chiffre d'affaires recule de 11%, les investissements de 35%, l'emploi de 1,3%. A fin 2020, la perte d'activité était encore trois fois supérieure à celle enregistrée en 2009 (60% contre 20%). Dans l'industrie, à fin 2020, la baisse s'élève à - 7% en chiffre d'affaires, - 18% dans les investissements mais l'emploi a été maintenu (+ 0,2%). « Le secteur a été plutôt plus résilient que dans d'autres régions, notamment grâce aux industries agroalimentaires » souligne Bernard Benitez, adjoint au responsable du département des affaires régionales, Jean-Christophe Ehrhardt. Quant au BTP, l'arrêt total lié au premier confinement a été suivi d'une forte reprise.

Mais sur l'année, la production reste en baisse de 9,3%, dans la moyenne nationale, les investissements à - 9,4% et l'emploi à - 2,8%. Le PGE accordé à plus de 70 000 entreprises, l'activité partielle acceptée pour 106 100 entreprises, ont incontestablement joué un rôle de « filet de sécurité ». Les nombreuses incertitudes sur la situation sanitaire font redouter de nouvelles restrictions et floutent la vision du lendemain des entrepreneurs. Tous semblent espérer un rebond des chiffres d'affaires, de l'ordre de + 7,3% dans les services, de + 6,2% dans l'industrie et de + 5,1% dans le BTP. Mais seul le secteur industriel ose sur tous les critères (export, investissement, emplois) une anticipation positive.

Lever l'inquiétude sur les cotations

Pour le directeur régional Jean-Christophe Ehrhardt, « le chemin sera long, périlleux et lent. On espère retrouver en 2022 les niveaux de 2019. Pour que les investissements repartent, il faut de la confiance et de la lisibilité. Une stabilité fiscale pourrait aider les entreprises à y voir clair ». Pour rassurer les sociétés qui redoutent une dégradation de leur cotation (elles sont 23 000 en Provence-Alpes-Côte d'Azur), il assure que la Banque de France se montrera très attentive sur trois points : les efforts accomplis en matière d'organisation de leurs liquidités « pour éviter le mur de dettes à très court terme », leur capacité à restaurer leur niveau d'activité dans le respect des équilibres financiers et enfin leur approche du haut de bilan. « Nous ne casserons pas le thermomètre. Il ne faut pas hésiter à venir nous expliquer tout ce qu'il s'est passé dans l'activité » affirme-t-il.

Vice-président de la CCI Aix-Marseille-Provence, Maurice Wolff note que l'enquête de conjoncture des services consulaires auprès de 560 chefs d'entreprises de la métropole atteste que ces derniers n'attendent pas d'amélioration avant l'été 2021. Sur le seul 1er trimestre, ils sont 46% à redouter une baisse de chiffre d'affaires et 15% un recul des effectifs. A ses yeux, l'espoir ne reviendra qu'avec des messages de confiance.

« Il faut réussir à trouver un juste équilibre entre économie et santé, on ne peut pas se permettre un nouveau confinement comme le premier, dit-il. L'endettement ayant explosé, il faudra laisser le temps de rebondir, le report à 2022 du remboursement du PGE est un très bon signal. Le gouvernement devra être très vigilant. Il faut aussi des messages encourageants pour la jeunesse, la former dans nos entreprises, pour lui dire qu'une crise permet aussi de se réinventer au lieu de la considérer comme une génération sacrifiée. C'est indispensable pour rebondir plus vite ».

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