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L'UIC Méditerranée met l'écologie industrielle à son menu

L'assemblée générale de l'Union des industries chimiques Méditerranée s'est tenue le 25 mai à Martigues. Tout juste élu, le nouveau président, Michel Auboiroux, a accueilli le professeur Suren Erkman qui a démontré concrètement combien l'écologie industrielle a du sens.
L'UIC Méditerranée met l'écologie industrielle à son menu
J.-C. Barla - La captation et la valorisation du CO2 est aux yeux du professeur Suren Erkman une clé de la démarche d'écologie industrielle.

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Si la métropole marseillaise s'était préoccupée plus tôt d'écologie industrielle, le centre d'incinération et de valorisation des déchets ménagers d'EveRé n'aurait pas été bâti dans la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer, mais au cœur d'une agglomération pour approvisionner à moindre coût ses habitants en électricité et chaleur grâce à sa vapeur ! En Suisse, Lausanne a fait ce choix. Invité à exposer aux participants de l'assemblée générale de l'Union des industries chimiques Méditerranée et de Novachim les attraits de l'écologie industrielle, le professeur Suren Erkman a opté pour une approche très pédagogique, illustrant chaque concept par des exemples concrets.

Béatrice Aliphat, déléguée à l'industrie et aux réseaux d'énergie de la métropole Aix-Marseille-Provence, et Philippe Maurizot, vice-président de la commission « Industrie, Nouvelles Technologies et Numérique » du conseil régional, ont assisté intégralement à la conférence et apprécié la vision globale apportée par l'universitaire lausannois.

Démarche engagée en Provence

« La valeur ajoutée se fait aujourd'hui sur des activités immatérielles mais pour la générer, il faut un système industriel de plus en plus sophistiqué et efficace », a indiqué Suren Erkman en ouverture, arguant que « l'écologie industrielle recèle un potentiel de progrès bien supérieur, par son impact sur un territoire, à une production propre ou à l'éco-conception* ». Selon lui, cette transformation repose sur quatre fondements : boucler des flux de matières premières dans une logique d'économie circulaire ; minimiser les pertes durant le cycle de produits et de services ; dématérialiser - vendre la performance de service et de fonction au lieu du produit ; et décarboner, par la captation, l'utilisation et la valorisation du CO2. « L'écologie industrielle est moins un enjeu technique qu'une dynamique de confiance entre différents acteurs », insiste-t-il, soulignant les multiples « bénéfices collatéraux des réseaux et symbioses économiques industriels » en termes de revitalisation locale, d'innovation territoriale et urbaine, de transition énergétique…

Le Danemark, l'Angleterre, la Suisse, le Maroc comptent des expériences de parcs éco-industriels intégrés dans des villes durables. A ses yeux, en Provence, les projets PIICTO et NCIS à Fos ou EPOS à Lavera participent de la même démarche. Ils attestent aussi de la capacité historique d'adaptation de l'industrie aux tendances sociétales fortes. L'intervention de Suren Erkman a en tout cas éclairé l'une des ambitions du nouveau président de l'UIC Méditerranée, Michel Auboiroux : « Je perçois aujourd'hui une volonté des élus locaux de travailler en coopération avec l'industrie, d'aider les entreprises à se développer. C'est une prise de conscience positive pour notre territoire. »

* Intégration systématique des aspects environnementaux dès la conception et le développement de produits avec pour objectif la réduction des impacts environnementaux négatifs.

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