AccueilDroit et Chiffre« L'enjeu majeur » du maintien du TGI à Tarascon

« L'enjeu majeur » du maintien du TGI à Tarascon

Quatre-vingt-six avocats dont 60 % de femmes, le barreau de Tarascon présente une moyenne d'âge plutôt jeune : 46 ans. Le ressort est caractérisé par un territoire plutôt rural avec le contentieux qui va avec. Regards croisés sur les défis de la juridiction avec le bâtonnier en exercice Olivier Meffre, Marie-Hélène Filhol-Feriaud, bâtonnier élu, et Laurence Piguet, vice-bâtonnier élu.
« L'enjeu majeur » du maintien du TGI à Tarascon
A. Ricci. - De gauche à droite, Laurence Piguet, Olivier Meffre, Marie-Hélène Filhol-Feriaud

Droit et Chiffre Publié le ,

Les Nouvelles Publications : Dans quelle situation se trouve le barreau de Tarascon ?
Olivier Meffre : Il se porte plutôt bien. Il y a une croissance du barreau de Tarascon. Cette année, nous avons intégré six avocats. En revanche, nous faisons face à la concurrence d’Avignon, Aix-en-Provence, Marseille et Nîmes. Notre barreau présente une certaine vivacité. Nous avons mis en œuvre très rapidement la dématérialisation du TGI [Tribunal de grande instance, NDLR], du tribunal de commerce, etc. Nous avons d’ailleurs été pilote pour l’expertise dématérialisée. Un projet est en cours de discussion avec la présidente du TGI d’une plate-forme numérique pour réserver les audiences. Elle devrait être mise en place fin 2017. Nous avons également des façons particulières de fonctionner, au niveau des affaires familiales notamment, puisque nous avons tendance à trouver des voies d’apaisement du conflit, on favorise la médiation.

Quels sont les enjeux auxquels vous avez fait face lors de votre mandat ?
O. M. : Le chantier principal est celui de la création de la Maison de l’avocat à côté du TGI qui a déménagé en 2014. Nous devrions prendre possession de nos nouveaux locaux dans le dernier trimestre 2017. Ça, c’est la bonne nouvelle. Côté mauvaise nouvelle, nous allons devoir faire face à la départementalisation des tribunaux, qui figure dans le programme présidentiel. Cela ne se justifie en aucune manière à Tarascon puisque le tribunal de Tarascon offre des délais raisonnables, une proximité certaine et un traitement efficace du contentieux rural.

Une élection vient d’avoir lieu, Marie-Hélène Filhol-Feriaud vient d’être élue comme bâtonnier du barreau de Tarascon et Laurence Piguet comme vice-bâtonnier. Vous prenez vos fonctions en 2018, quels sont les futurs challenges à relever ?
Marie-Hélène Filhol-Feriaud : Le maintien de la juridiction à Tarascon sera l’enjeu majeur de notre mandature face aux deux mastodontes que sont Aix-en-Provence et Marseille. Nous avons nos spécificités. D’ailleurs, personne ne comprendrait que l’Etat ait investi 2 millions d’euros pour créer un nouveau TGI à Tarascon en 2014 pour tout détruire 3 ans plus tard.
Laurence Piguet : C’est d’ailleurs pour faire face à cette charge de travail que j’ai été élue vice-bâtonnier. Car au-delà de ce dossier majeur, il y a le quotidien de bâtonnier : représentation du barreau au sein de la juridiction, auprès d’autres professions et d’autres barreaux, gestion des avocats (honoraires, discipline), gestion des services communs (participation à la permanence pénale, accès au droit)…

Comment allez-vous travailler ensemble durant les six prochains mois ?
O. M. : C’est une étape de transmission pour permettre de découvrir la fonction, connaître les dossiers.
M.-H. F.-F. : C’est une étape de relais… Une passation de bâton… C’est une formation pour nous. On va apprendre beaucoup pour solliciter à terme le moins possible le bâtonnier sortant.
L. P. : Nous allons nous appuyer sur notre expérience au sein du Conseil de l’ordre dont nous sommes membres Marie-Hélène Filhol-Feriaud et moi-même.

Quel bâtonnier voudrez-vous être ?
M.-H. F.-F. : Je serai le bâtonnier du maintien de la juridiction à Tarascon. Cette départementalisation est d’ailleurs un serpent de mer auquel nous avons déjà dû faire face.

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