AccueilEconomieDestruction des invendus non alimentaires : « L’éco-conception s’avère indispensable à la filière textile »

Destruction des invendus non alimentaires : « L’éco-conception s’avère indispensable à la filière textile »

Depuis le 1er janvier 2022, la loi interdit la destruction des invendus non alimentaires. Jocelyn Meire, fondateur et directeur général de Fask et Fask academy, nous explique en quoi la filière textile est concernée.
Destruction des invendus non alimentaires : « L’éco-conception s’avère indispensable à la filière textile »
D.R. - Jocelyn Meire voit cette nouvelle loi comme une « bonne initiative pour de meilleures pratiques de production ».

Economie Publié le , Propos recueillis par Alexandra ZILBERMANN

Les Nouvelles Publications : Que nous dit cette nouvelle loi ?
Jocelyn Meire : La loi française interdit depuis le 1er janvier 2022 la destruction des invendus non alimentaires. Cette mesure, issue de la loi anti-gaspillage et économie circulaire, est destinée, selon ses termes, à « obliger producteurs, importateurs et distributeurs français à réemployer ou recycler les produits non alimentaires invendus ».

Quelles sont les sanctions ?
La loi nous dit que le contrevenant risque jusqu’à 15 000 € d’amende, selon le volume de marchandises concernées.

Est-ce suffisant à votre avis ?
Je dirais plutôt que nous sommes dans un cadre incitatif. La filière mode, particulièrement celle régionale, n’a pas attendu la loi pour faire de l’upcycling ou revendre ses stocks. Même la filière luxe revend depuis plusieurs années déjà ses rouleaux de tissus à des créateurs : Valérie Ciccarelli ou Il était un fil travaillent avec des matières premières issues de grandes maisons françaises. La filière sait déjà donner une seconde vie à ses invendus. Mais cette loi offre une visibilité au sujet et en cela, c’est une bonne chose.

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En effet, la question de la revalorisation des déchets est un vrai problème pour l’industrie en général…
Le vrai sujet, derrière tout cela, c’est bien de réduire en amont la production et de raisonner notre consommation. De jeunes marques de mode le font, en pré-vendant par exemple leur collection en direct, via des plateforme telles que Ulule. La question de la fast fashion est aussi un vrai sujet. Pourquoi acheter des vêtements que l’on portera si peu et qui se retrouveront au fond des océans ? Simplement parce qu’on n’aura pas su traiter leur destruction ?

Quels conseils Fask donne-t-il aux acteurs de la filière régionale ?
Des marques comme Kaporal ou American Vintage ont déjà entamé leur réflexion éco-durable. Les marques plus confidentielles se montrent inventives dans leur mode de production. Mais pour vous répondre, les acteurs de la filière pourront trouver des éléments de réponses dans notre livre blanc sur la transition écologique de la filière mode en région. Nous y donnons 30 bonnes pratiques, avec des choix alternatifs, pour produire de façon raisonnée. L’éco-conception s’avère indispensable à la filière textile, mais pas seulement. Cette loi pose un cadre, mais surtout, éclaire un vrai débat de société sur notre façon de consommer en général.

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