AccueilOxygèneL'art urbain s'émancipe au couvent Levat

Vidéo L'art urbain s'émancipe au couvent Levat

A partir du 13 juin, c'est dans un cadre un peu particulier que va exposer une vingtaine d'artistes de la scène urbaine. Leurs œuvres vont prendre vie dans les jardins et la chapelle du couvent Levat, en plein cœur de Marseille, dans le cadre de l'exposition Emancipation.

Oxygène Publié le ,

Le bruit d'une tronçonneuse vient fendre le silence qui règne dans les jardins du couvent Levat, situé au cœur de la Belle-de-Mai à Marseille, près de la gare Saint-Charles. Debout sur « un gros tas de bois » Cosima Kaye, casque sur les oreilles et lunettes orange sur le nez, découpe un rondin. Pour l'instant, il ressemble à une simple bûche. Mais il est destiné à devenir le dossier d'un banc immense, fabriqué spécialement pour l'exposition Emancipation.

Car l'artiste marseillaise figure parmi les 23 peintres, sculpteurs ou designers qui afficheront, du 13 juin au 13 octobre, leurs œuvres dans la chapelle et les jardins du couvent désacralisé depuis le départ des religieuses qui y vivaient en autarcie (voir encadré). A l'appel de l'Atelier Juxtapoz, qui occupe le lieu, cette exposition a été imaginée par Gaël Lefeuvre et fait la part belle à l'art urbain.

« Depuis cinq ans, une nouvelle ère s'ouvre pour l'art de rue. Cet univers est bien plus large que le graffiti ou la peinture : on rentre dans la vidéo, la fiction avec certains artistes. Nous avons affaire à des gens qui ont développé une peinture qui se rapproche plus de celle classique. D'où le choix de ce nom, Emancipation », détaille le commissaire d'exposition depuis la mezzanine de l'ancienne chapelle, en cours de métamorphose. Sur les murs repeints en vert, les esquisses d'une œuvre apparaissent. Juste derrière, les masques en marbre de l'artiste Amir Roti, suspendus au plafond, semblent flotter.

Site archéologique

Au bout du terrain de 1,7 hectare, Remy Uno et Heng s'affairent à coller de grandes plaques sur leur structure. L'idée ? « Construire un faux site archéologique, avec des maisons peintes et recouvertes de miroir pour qu'elles semblent disparaître quand on les regarde », indiquent les deux artistes, alors que la chanson « Elle a les yeux revolver » de Marc Lavoine passe sur le poste de radio. « Vous n'arrivez pas au meilleur moment de la playlist », s'amusent-ils avant de reprendre leurs travaux et être fin prêts pour l'ouverture de l'exposition, dans une dizaine de jours.

Plus d'informations ici
Le Couvent, 52 rue Levat, Marseille, 3e
Du 13 juin au 13 octobre - 2 € d'adhésion pour un accès illimité au site
Chaque mercredi, de 20h à 23h, et un week-end par mois, une programmation événementielle viendra enrichir le lieu (projection, performances artistiques, conférences/débats, concerts/DJ etc.)

De 1843 à septembre 2016, les sœurs de la congrégation « Les Victimes du Sacré Cœur de Jésus » ont vécu cloîtré au sein du couvent Levat. Lors de leur départ, la ville de Marseille rachète le couvent et le met à disposition de l'association Juxtapoz, pour trois ans, via la signature d'un bail précaire. « L'objet de notre association est d'occuper un lieu de façon temporaire et d'instaurer un modèle économique en mettant à disposition des ateliers auprès d'artistes, artisans et structures culturelles », explique Elodie Gaillard, chargée de projets et communication de l'association.

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