Fermer la publicité
Journal d'annonces légales et d'informations économiques et juridiques pour le département des Bouches-du-Rhône

L'après-pétrole n'est pas pour demain

le - - Economie

L'après-pétrole n'est pas pour demain
M. Deuff - Hervé Brouhard, président de Esso SAF était à Marseille pour présenter les résultats 2014 de l'entreprise.

Quelle énergie allons-nous mettre demain dans nos véhicules, nos chaudières, nos usines ? Président de Esso SAF, Hervé Brouhard évoque les perspectives énergétiques jusqu'en 2040.

Pour le responsable d’un groupe pétrolier (Esso pèse 30% du raffinage français), l’avenir s’écrit au pluriel, avec un « mix énergétique » où les énergies nouvelles vont bousculer les habitudes. Hervé Brouhard, président de Esso SAF (Esso Société anonyme française), était à Marseille début avril pour présenter les résultats financiers de 2014. Son analyse fait la synthèse des grandes tendances mondiales, impactées par des évènements géopolitiques, imprévisibles par nature.

« Il faut avoir à l’esprit que dans 25 ans, le pétrole et le gaz vont continuer de peser pour 60% de la demande mondiale. L’autre élément majeur va être la production d’hydrocarbures nord-américains [NDLR : USA et Canada]. En l’espace de 5 ans, celle-ci est devenue nettement excédentaire de 4 millions ​de barils/jour par rapport à la consommation intérieure. Or, ces excédents représentent 5% de la production mondiale et ces pays vont devoir exporter leur pétrole ».

 Une conjoncture « que les experts n’ont pas vu venir » et qui, comme le précise le président d’Esso, a conduit à une situation ubuesque : « Les stocks américains [NDLR : à Cushing en Oklahoma, où ils représentent un mois de consommation) sont presque pleins, ce qui pourrait conduire à un effondrement des cours outre-Atlantique », et ne serait pas sans conséquence sur la compétitivité de l’économie américaine où le pétrole brut est déjà vendu 10 dollars en dessous du marché mondial.

« Une extrême volatilité des cours »

Fort heureusement pour les pétroliers, la consommation asiatique est là pour maintenir la demande. « Dans tous les cas, l’après-pétrole n’est pas pour demain », insiste Hervé Brouhard. Les grands mouvements qui agitent la planète (crises, conflits) ont en revanche un effet majeur sur le prix de cette énergie. « En six mois, les cours du pétrole ont été bouleversés. Un effondrement qui se conjugue avec une extrême volatilité des cours » précise le président d’Esso. Et ce n’est sans doute pas fini : les accords iraniens, le ralentissement économique de la Chine et les conflits au Proche-Orient peuvent réserver bien des surprises.

Mais en 2040, nous aurons (aussi) besoin des énergies renouvelables : biomasse, hydraulique, nucléaire, éolien. Et il y a de la marge : les biocarburants ne représentent que 1,2% de notre consommation ! Une transition à la fois réglementaire et comportementale. Selon les experts, il faudra modifier nos modes de consommation et économiser l’énergie partout où cela sera possible.

« C’est un facteur essentiel que nous prenons en compte. En Europe, la consommation de produits pétroliers va baisser [NDLR : - 2,5% par an en France] notamment grâce à des moteurs modernes. Rappelons aussi que 90% des produits pétroliers consommés servent aux transports. Mais ce qui est vrai pour les véhicules légers ne l’est pas en revanche pour les poids lourds ou les engins, lesquels ne sont pas concernés par les nouvelles technologies ».

« Une surcapacité » de raffinage à l’échelon européen

Dans le même temps, des efforts devront être faits pour récupérer davantage de pétrole dans les gisements (actuellement 35% seulement), ainsi que pour augmenter le rendement des raffineries. Interrogé sur l’avenir des raffineries françaises, Hervé Brouhard souligne « une surcapacité à l’échelon européen, malgré 15 fermetures depuis 2008 », ainsi qu’une tendance lourde : raffinage du brut sur les sites de production.

« Seules les unités les plus performantes et les moins polluantes seront à même de résister. »

Selon ces critères, Esso Fos serait en bonne posture. Mais pas question de s’endormir : « L’excellence réclame un effort constant et des moyens ! D'ailleurs, 85% des investissements que nous effectuons dans nos raffineries sont liés à la mise à niveau règlementaire. »
De nombreux défis attendent les pétroliers.

« La France offre un marché très compétitif ayant des contraintes complémentaires par rapport à l’Europe. C’est aussi un pays où le taux de CO2 rejeté par habitant est le plus faible [NDLR : deux fois moins que l’Allemagne !] et où l’incorporation de biocarburants est la plus forte. La loi de transition énergétique veut réduire d’un tiers le recours aux énergies fossiles. Pourquoi pas, à condition que cette règle soit harmonisée avec ce qui existe ailleurs en Europe ».

Retrouvez l'intégralité de l'article dans le numéro 9857 des Nouvelles Publications (parution le 21/08/2015).




Esther Griffe
Journaliste

Ses derniers articles

Abonnez-vous à l'offre Papier + Numérique

Nouvelles Publications Journal d'annonces légales et d'informations économiques et juridiques pour le département des Bouches-du-Rhône

  • ›   Pour plus de contenu, papier + web
  • ›   l’accès aux annonces légales,
  • ›   l’accès aux ventes aux enchères.
Je m'abonne

À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide


Fermer
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies et de technologies similaires par notre société ainsi que par des tiers, afin de réaliser des statistiques d'audiences et de vous proposer des services éditoriaux et la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux. En savoir plus / paramétrer