AccueilEconomieJoanna Elbaz (Le Prado) : "Nous nous inscrivons dans la création d'un lieu de vie"

Joanna Elbaz (Le Prado) : "Nous nous inscrivons dans la création d'un lieu de vie"

Entretien exclusif avec la directrice du centre commercial Le Prado, mis en œuvre par Klépierre. Joanna Elbaz nous dévoile la configuration du centre, son positionnement et ses ambitions.
Joanna Elbaz (Le Prado) :

Economie Publié le ,

Les Nouvelles Publications : Vous devez savoir qu'il existe énormément d'attente autour de l'ouverture du centre…
Joanna Elbaz : Je l'espère et souhaite surtout que ces attentes soient positives !

Quelle sera la configuration du centre ?
Le centre occupera 23 000 m2 sur cinq niveaux. Au niveau moins 1, il y aura une enseigne alimentaire. Les niveaux rez-de-chaussée, R1 et R2 accueilleront nos 50 boutiques. Le R3 sera dédié à la restauration et le dernier étage proposera une terrasse attenante à un restaurant.

Peut-on parler de « rooftop » ?
Pas au sens événementiel, puisqu'il sera associé à une enseigne, mais en termes de panorama, ce sera un site exceptionnel, avec une vue à 360° sur la ville, avec en prime, une vue imprenable sur le stade Orange Vélodrome !

A ce jour, où en est la phase de commercialisation ?
Nous avons signé environ 70 % des cellules, mais en dehors des quelques noms de boutiques sur lesquels nous pouvons communiquer, nous réservons l'effet de surprise pour les autres. D'autant que certaines enseignes veulent maîtriser elles-mêmes leur communication.

Quels ont été les éléments d'attractivité pour séduire les marques ?
Nous nous inscrivons dans la création d'un lieu de vie. Le bâtiment sera très très beau, il est éco-construit avec de nombreuses particularités architecturales, dont une canopée unique.

Vous n'avez pas mis en avant le pouvoir d'achat du secteur géographique pour séduire les enseignes ?
Nous sommes bien sûr sur une zone particulière, on ne va pas se mentir, mais nous mettons surtout en avant l'envie de faire de ce centre commercial un lieu de vie, à taille humaine, une zone de shopping différente.

Qui sont vos concurrents directs ?
Je dirais l'ensemble des centres commerciaux marseillais…

Votre plus gros concurrent n'est pas la zone de la Valentine ?
Oui, bien sûr aussi. C'est vrai que les habitants de Cassis ou d'Aubagne, qui ne veulent plus venir en centre-ville, disposeront là d'un centre de proximité, mais j'insiste vraiment sur le fait que nous voulons devenir un lieu de vie. Nous allons tout mettre en œuvre d'ailleurs pour nous intégrer dans la vie du quartier.

Quel est le potentiel clients dont vous disposez ?
C'est très large ! Cela concerne bien sûr les habitants du 8e, nos voisins directs, mais aussi ceux du 9e, du 7e, les habitants des villes avoisinantes…

Vous misez sur combien de visiteurs annuels ?
Nous partons sur sept millions de visiteurs consolidés. Il est clair qu'au début, nous allons sans doute en avoir plus, mais l'idée sur les 3 à 5 ans à venir, c'est bien de fidéliser sept millions de clients. Il faut se laisser du temps pour cela et ne pas s'emballer sur l'effet « ouverture ». J'ai pleinement conscience que nous suscitons beaucoup de curiosité, mais ensuite, il faudra faire la différence pour pérenniser cette attractivité.

Vous êtes déjà sur les réseaux sociaux. Comment va se dérouler votre campagne de communication ?
Il y aura deux phases. Celle de pré-ouverture qui a donc déjà commencée, notamment sur les réseaux sociaux comme vous le dites. Nous allons monter en puissance avec un plan média et de nombreuses surprises à venir. Ensuite, après l'ouverture prévue entre fin mars et début avril, nous aurons comme tout centre, de fortes campagnes autour des soldes, de Noël, du Black Friday*… Notre communication sera centrée autour de la famille.

Allez-vous avoir un budget alloué aux événements du centre-ville de Marseille ?
Nous ne sommes pas dans cette démarche. Nous allons en revanche participer à des événements liés à la vie du quartier, tels que le défilé de mode de la mairie du 6/8, qui se déroule chaque année à la mairie de Bagatelle. Nous nous impliquerons aussi dans des opérations telles que le nettoyage du littoral par exemple.

Côté recrutement, allez-vous faire une opération de grande ampleur, en lien avec la ville et les acteurs de l'emploi ?
Tout à fait. C'est en cours de montage et nous communiquerons le moment venu autour de cette grande opération de recrutement. Le centre commercial du Prado va proposer au global quelque 600 emplois.

Pour conclure, comment réussit-on à décrocher la direction d'un tel centre ?
En faisant par tout simplement de sa motivation et de son envie à sa direction ! Chez Klépierre, j'ai déjà été directrice de deux centres commerciaux. Avant cela, dans le groupe Casino, j'ai aussi géré plusieurs centres. J'ai su sans doute me montrer très motivée par ce challenge ! Je suis ravie d'être à Marseille, où j'habite depuis peu. J'ai choisi bien sûr de résider dans le 8e, non loin du centre pour des raisons évidentes de disponibilité, mais aussi parce que je pense que pour faire du Prado un lieu de vie, il faut y vivre, comprendre son quartier. Et même si je ne suis pas marseillaise, je pense au contraire que c'est un atout. Je porte un œil neuf, sans a priori sur la ville. C'est un challenge vraiment très intéressant à titre personnel.

* Aux Etats-Unis et au Canada, le Black Friday, littéralement le vendredi noir et parfois traduit par vendredi fou, se déroule aux Etats-Unis et au Canada le lendemain du repas de Thanksgiving (cette année, le 24 novembre). Il marque traditionnellement le coup d'envoi de la période des achats de fin d'année. Plusieurs commerçants profitent de ce moment pour proposer des soldes importantes.

Retrouvez l'intégralité de notre dossier consacré au centre commercial Le Prado dans le numéro 9974 des Nouvelles Publications (parution le 17/11/2017).
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