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président du Conseil national des Barreaux Jérôme Gavaudan : « Nous sommes entièrement tournés vers les avocats »

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Jérôme Gavaudan : « Nous sommes entièrement tournés vers les avocats »
D.R. - Jérôme Gavaudan est le nouveau président du Conseil national des barreaux.

L'avocat marseillais Jérôme Gavaudan a été élu, le 19 décembre, président du Conseil national des barreaux, l'institution représentative des 70 000 avocats de France, pour les années 2021 à 2023. Âgé de 55 ans, il a mis en avant un programme intitulé « Les avocats, d'abord, le droit pour tous ».

Les Nouvelles Publications : Vous étiez en 2018 et 2019 président de la Conférence des bâtonniers. Comment envisagez-vous vos nouvelles fonctions de président du Conseil national des barreaux (CNB) ?
Jérôme Gavaudan :
Si je vois cette nouvelle mission comme une vraie continuité de mon mandat à la Conférence des bâtonniers, il y a également des différences évidentes. Et pour cause : la Conférence des bâtonniers regroupe tous les bâtonniers de province. L'idée est de bien se connaître, d'échanger et de prendre des décisions communes. C'est donc un lieu de travail, de créativité et de débats intenses et ouverts. Le Conseil national des barreaux, de son côté, représente depuis 1992 tous les avocats de France. Il a reçu de la loi des missions spécifiques qui régissent l'organisation de la profession : unifier et faire évoluer les règles et usages ; organiser la formation initiale et continue etc. C'est également l'interlocuteur des pouvoirs publics pour les questions juridiques et judiciaires. Engagé dans une démarche proactive, le CNB participe aux réformes législatives et réglementaires. A titre personnel, je suis attaché depuis des années aux missions du CNB, qui fêtera ses 30 ans en 2022, et qui a une vraie raison d'être.

On vous sait aussi attaché à l'unité de la profession et donc des institutions telles que le CNB, la Conférence des bâtonniers, le barreau de Paris...
Je suis fier d'avoir été lors de mon mandat à la Conférence des bâtonniers parmi les initiateurs et les acteurs du mouvement d'unité de la profession d'avocat, aux côtés de Christiane Féral-Schuhl, à l'époque présidente du Conseil national des barreaux, et de Marie-Aimée Peyron, alors bâtonnier de Paris.
Du reste, lors de mon discours de candidature, je l'ai bien précisé : l'unité créée par Christiane Féral-Schuhl s'impose à moi comme elle s'impose à nous tous. C'est une commande ferme, un impératif de nos confrères qui nous y encouragent. Il ne s'agit pas seulement d'une question de personne mais de respect mutuel et de méthode, à commencer par celle consistant à considérer que l'assemblée générale du CNB est seule souveraine. Je prends ainsi la tête d'une institution dont les blasons ont été redorées. Une structure en ordre de marche.

Que signifie exactement votre slogan « Les avocats, d'abord, le droit pour tous » ?
Les confrères, encore plus en cette période sanitaire et économique difficile, veulent un CNB à leur service, qui les défend. Et c'est justement son rôle. Nous sommes entièrement tournés vers les avocats, leurs intérêts individuels et collectifs. Et nous le rappelons. Quand les avocats progressent, les citoyens et les notions républicaines progressent également. Les libertés sont défendues.

Votre mandat débute dans un climat particulier, avec une crise sanitaire toujours d'actualité. Etes-vous prêt ?
Je débute mon mandat à un moment où la profession, la France et le monde se trouvent dans un état de post-sidération. Face à cette absence de visibilité qui perdure, un cap doit être donné car il convient malgré tout d'avancer.
Rien de nouveau n'a été révélé par cette crise, cependant elle a mis un coup de projecteur sur les problèmes de la profession et il convient donc de les faire évoluer dans le bon sens. De vrais chantiers s'offrent à nous, comme la protection sociale des avocats, la formation, l'entrée des jeunes dans la profession, le statut et les droits des collaborateurs… L'idée étant que nous ne subissions plus, que nous réagissions.
A l'inverse d'autres sujets paraissent aujourd'hui moins importants, notamment ceux qui sont clivants comme la question de l'avocat en entreprise. Nous recherchons en ce moment l'unité à tout prix. Attention, il ne s'agit en aucun cas d'un sujet tabou. Si le garde des sceaux nous demande de le traiter, l'assemblée générale du CNB arrêtera la position de la profession.

Justement, quelles relations souhaitez-vous avoir avec le garde des sceaux, Eric Dupond-Moretti ?
Il faut arrêter de nous imposer des réformes (justice territoriale, retraite etc.). Nous étions particulièrement en contact avec la précédente ministre de la Justice, Nicole Belloubet et avions, avec elle, des réunions ponctuelles. Cependant, le sentiment après-coup est que nous avons été écoutés mais pas vraiment entendus. Le résultat escompté n'a jamais été au rendez-vous.
Aujourd'hui nous sommes prêts à agir. Nous souhaitons anticiper et ne pas subir. Nous devons faire nos propositions pour l'élection présidentielle à venir et dès cette année pour les régionales et les départementales.
Le fait qu'Eric Dupond-Moretti ait souhaité rencontrer les nouveaux représentants des différentes institutions est un signe positif. Mais nous restons vigilants sur la suite.
La question n'est pas de savoir qui seront les meilleurs élus pour la France puisque nous ne faisons pas de politique. La question pour le Conseil national des barreaux est de savoir quelles sont nos propositions et de peser dans les débats à venir.

Comment allez-vous vous organiser entre Paris et Marseille pour mener à bien vos missions ?
Je travaille au sein d'un petit cabinet. Et si je n'ai jamais renoncé à exercer mon métier, mon cabinet est tout à fait en mesure d'avancer sans moi. Durant mon mandat national, il est clair que je serai Parisien. Je ne suis pas plus inquiet que cela. J'ai déjà vécu une situation un peu similaire lorsque j'étais à la tête de la Conférence des bâtonniers. J'ai vécu des tensions, je maîtrise les sujets et je suis bien organisé.

En tant que Marseillais, que pouvez-vous faire pour le barreau de Marseille ?
Je suis un provincial et je ne suis pas contre décentraliser des assemblées générales du CNB. D'autres rendez-vous peuvent également être organisés ailleurs qu'à Paris. Je vais y penser.




Caroline Dupuy
Journaliste

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