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Chambre de métiers et de l'artisanat Provence-Alpes-Côte d'Azur Jean-Pierre Galvez : « Que plus un seul artisan ne s'installe sans avoir créé de site »

le - - Economie

Jean-Pierre Galvez : « Que plus un seul artisan ne s'installe sans avoir créé de site »
D.R. - Jean-Pierre Galvez, président de la Chambre de métiers et de l'artisanat Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Pour soutenir l'activité des artisans en cette période de fêtes de fin d'année, la Chambre de métiers et de l'artisanat Provence-Alpes-Côte d'Azur lance une campagne d'affichage afin de sensibiliser les consommateurs. Mais pour Jean-Pierre Galvez, président de la Chambre, l'enjeu à plus long terme pour le développement de l'activité artisanale est la transition numérique.

Les Nouvelles Publications : Quel a été l'impact de ce deuxième confinement sur l'artisanat ?
Jean-Pierre Galvez :
Il a été plus rude que le premier. En septembre, l'Etat a présenté son plan de relance, tout comme la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur et même nous à la Chambre. On était dans une phase de reprise de l'économie, nous étions arrivés à un moment d'espoir où on imaginait que tout cela était derrière nous. Alors, quand le gouvernement a annoncé de nouveau la fermeture des commerces, le moral est redescendu. De plus, les entreprises étaient déjà fragilisées au niveau de leur trésorerie, par le premier confinement, mais aussi par les gilets jaunes ou les manifestations contre la réforme des retraites. Pour beaucoup les aides de l'Etat ou des collectivités locales ne sont que le reflet de leurs dettes puisqu'elles se traduisent par des prêts. Je crains que cette réalité les rattrape.

Les entreprises qui avaient le mieux anticipé les outils numériques sont celles qui ont le mieux traversé cette crise. C'est pour cela que nous insistons depuis deux ans sur cette transition.

Avec la limitation des déplacements, la fermeture de certains commerces, la crise sanitaire a en effet mis en évidence le rôle du numérique. Quelles actions menez-vous à ce sujet ?
Il est primordial que les entreprises passent le cap. Mon ambition est que demain, plus un seul artisan ne s'installe sans avoir créé de site car on ne peut plus imaginer une entreprise sans communication sur Internet ou les réseaux sociaux. Or, beaucoup sont en retard là-dessus.

A la Chambre des métiers, nous avons pourtant des outils, que ce soit via l'auto-diagnostic qui peut se faire à distance ou le Déclic numérique. Ce dispositif gratuit et qui se déroule sur deux demi-journées permet de répondre à des besoins divers, que ce soit la création de site, l'animation de réseaux sociaux ou encore la vente en ligne.

En ce sens, nous souhaitons davantage développer le site ArtiBoutik que nous avons créé il y a un an. Aujourd'hui, 350 artisans y vendent leurs produits. Nous aimerions donc augmenter le nombre d'entreprises présentes [la Chambre de métiers Paca compte 148 000 ressortissants, NDLR], de produits vendus mais aussi accroître sa visibilité auprès des consommateurs pour qu'ils sachent qu'ils peuvent retrouver des produits typiques sans avoir à se déplacer.

Les fêtes de fin d'année représentent pour certains commerçants jusqu'à 25 % du chiffre d'affaires annuel selon les données de la Chambre de métiers. Comment allez-vous accompagner les artisans pendant cette période ?
Nous lançons une campagne de communication « Mon artisan enchante Noël », dans le prolongement de celle initiée en septembre. L'objectif est de créer du flux et d'interpeller le consommateur. Les artisans pourront afficher ces visuels sur leur devanture et les personnaliser afin de mettre en avant les dispositifs de vente annexe qu'ils proposent, comme la livraison à domicile, le click and collect ou le conseil par téléphone.

Est-ce suffisant pour soutenir l'activité ?
C'est un outil. Je ne dis pas que toute la ville va se retrouver dans les boutiques mais l'idée est que le consommateur pousse la porte, qu'il identifie les artisans locaux plutôt que d'aller ailleurs. Toutefois, je pense qu'il y a eu une prise de conscience vis-à-vis des plateformes comme Amazon.

Qu'attendez-vous des pouvoirs publics pour accompagner la reprise de l'activité ?
Nous attendons un soutien sans faille. Et je sais qu'ils ont conscience que la richesse de notre territoire est aussi liée à l'économie de proximité : l'artisanat représente 30 % du tissu marchand de notre région.

Nous nous félicitions que le marché des santons ait été maintenu puisque nous avions écrit au ministre à ce sujet. Ensuite, nous aimerions que les marchés de Noël aient effectivement lieu, dans le respect des règles sanitaires bien sûr et en trouvant la jauge qui permette au modèle économique de se maintenir. Nous ne devons pas sacrifier des artisans.

Fin septembre, la Chambre avait proposé un plan de relance en sept axes. Allez-vous le renforcer ?
Ce plan de relance est toujours d'actualité car les problématiques sont les mêmes, voire pires car les artisans ont moins de moyens. Nous comptons toujours soutenir le développement durable et les circuits-courts, mais aussi la réindustrialisation car il faut savoir que 1 500 entreprises de notre territoire sont des sous-traitants industriels. On ne l'imagine pas forcément quand on parle d'artisanat. Et là aussi, il faudra travailler à la digitalisation des métiers car l'innovation est la pierre angulaire de la réussite de l'entreprise et elle permet d'attirer l'attention d'investisseurs.




Karen Latour
Journaliste

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