AccueilEconomieJean-Marc Lombardo, directeur de Wantalis : « L'exécutif est déconnecté du monde l'entreprise »

interview Jean-Marc Lombardo, directeur de Wantalis : « L'exécutif est déconnecté du monde l'entreprise »

Fondateur de Wantalis, une société marseillaise de produits outdoor, Jean-Marc Lombardo revient sur l'année écoulée. Entre l'arrêt de l'activité ski et le développement du vélo, Wantalis a su limiter la casse et continue son développement, tout en sachant que « la crise est devant nous », comme le confie son dirigeant.
Jean-Marc Lombardo, directeur de Wantalis : « L'exécutif est déconnecté du monde l'entreprise »
D.R. - En parallèle de son activité de communicant, Jean-Marc Lombardo a créé Wantalis qui vend des produits innovants, imaginés sur son retour d'expérience en tant que pratiquant de sports outdoor.

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Les Nouvelles Publications : Comment avez-vous eu l'idée de créer Wantalis ?
Jean-Marc Lombardo :
A la base je suis communicant et directeur de l'agence marseillaise Talisman. Etant moi-même un pratiquant de sports outdoor, j'ai eu envie, en 2006, de créer des produits en fonction de mon retour d'expérience en tant qu'utilisateur. Nous sommes aujourd'hui trois salariés et notre chiffre d'affaires 2019 est de 400 000 €.

Quel est votre produit phare ?
Nous avons démarré Wantalis avec un seul produit [80 existent désormais, NDLR], le porte-ski. C'est toujours la meilleure vente de la marque. Comme pour tout développement produit, c'est le retour d'expérience et notre pratique sportive qui nous permet de trouver la bonne innovation. Le ski représente 50 % de notre chiffre d'affaires, autant vous dire que nous attendons avec impatience que le gouvernement autorise la réouverture des stations.

Le boom de la pratique du vélo n'a pas compensé les pertes ?
C'est encore difficile à dire car c'est en mars et avril que les magasins commandent leur stock « ski ». Nous verrons donc à ce moment-là. Notre chance est d'être positionnés sur des produits non périssables, mais comme beaucoup de chefs d'entreprise, je sais que la crise est devant nous. L'exécutif est déconnecté du monde de l'entreprise. On reste suspendu, au jour le jour, à des décisions gouvernementales. On navigue à vue… c'est comme pour le prêt garanti par l'Etat. A trois mois du remboursement, on ne sait toujours pas s'il sera effectif. C'est difficile de se projeter en tant que chef d'entreprise.

Le prêt garanti par l'Etat vous a-t-il aidé à tenir ?
Bien sûr ! Il n'est pas complètement consommé d'ailleurs, ça nous a fait de la trésorerie. Cependant, ne pas savoir si on va devoir le rembourser, à quelques semaines de l'échéance, c'est quand même inédit.

Pour les deux ans à venir vous allez axer votre développement sur le réseau de distribution ou sur l'innovation produit ?
Sans doute les deux. Aujourd'hui, nous sommes présents dans 600 boutiques, dont le réseau Intersport, qui reste notre premier client. Notre eshop ne représente que 10 % de notre chiffre d'affaires. Nous aimerions pénétrer Go sport ou Skiset. Nous avons lancé en 2019 une version B2B de notre site, pour que nos clients puissent commander H24. Quant à l'innovation produit, nous sommes en train de travailler sur une gamme de produits destinés aux personnes âgées et handicapées. Mais l'innovation prend du temps.

Malgré tout, vous continuez donc à avoir des projets pour demain…
Forcément, c'est l'ADN de notre marque de sortir des produits spécifiques pour la pratique de sports en extérieur, mais les difficultés sont peut-être à venir. Ce qui est perdu ne sera jamais rattrapé. C'est en 2022, je pense, que nous verrons si la crise sanitaire a eu des effets. D'ici là, nous continuerons à nous développer et à innover.

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