AccueilEconomieJean-Louis Maurizi : « Le travail est le ciment du pacte social »

Jean-Louis Maurizi : « Le travail est le ciment du pacte social »

Le président du Medef Sud, Jean-Louis Maurizi, a échangé librement avec la presse le 11 octobre, à Marseille. Entre mouvements sociaux, réformes du gouvernement et explosion des coûts énergétiques pour les entreprises, il y avait de quoi dire !
Pour Jean-Louis Maurizi, la société française a besoin de beaucoup de changements : emploi, retraites, partage de la valeur ajoutée, équilibre travail–vie privée... Mais « est-ce qu’elle est organisée pour les supporter ? » s’interroge-t-il.
Jean-Christophe Barla - Pour Jean-Louis Maurizi, la société française a besoin de beaucoup de changements : emploi, retraites, partage de la valeur ajoutée, équilibre travail–vie privée... Mais « est-ce qu’elle est organisée pour les supporter ? » s’interroge-t-il.

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Ce 11 octobre au petit matin, les stations-service manquent cruellement de carburants ou sont assaillies par des queues interminables pour celles qui en détiennent encore. Jean-Louis Maurizi ne pouvait donc pas commencer son point bimestriel avec la presse économique sans évoquer cet énième conflit qui mine le moral des entrepreneurs et plus largement des Français. « J’ai du mal à comprendre les grèves préventives. Le blocage des raffineries est irresponsable et dangereux », a-t-il confié, en plaignant les salariés éloignés des grands centres urbains, sans solution de transport en commun, qui n’ont pas d’autre choix que d’utiliser leur véhicule, ainsi que toutes les entreprises freinées dans leurs activités dans un moment où leurs soucis s’accumulent.

« La hausse du coût de l’électricité s’élève à 33 %. Des sociétés liées par des contrats annuels ou pluriannuels font part de leur difficulté à répercuter l’augmentation des coûts de production sur leurs clients. Environ 10 à 11 % des entreprises envisagent une baisse de la production. Si c’est le cas, ça peut se répercuter sur l’emploi. »

Le président du Medef Sud se désespère des erreurs de l’Etat qui « a tourné le dos à l’industrie nucléaire », indispensable complément des énergies renouvelables pour atténuer le poids des énergies fossiles. Il annonce pour 2023 la tenue d’un Forum sur la sobriété énergétique, avec plusieurs branches professionnelles. « Je suis sûr que les Français pourraient réussir à réduire de 20 % leur consommation et dans les entreprises, plusieurs mesures sont déjà prises pour économiser l’énergie. Mais pour réussir, il faut être capable de maîtriser l’énergie sur le long terme », glisse-t-il en réclamant une stratégie européenne dans le domaine.

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Former, un investissement socialement responsable

Les réformes de l’assurance-chômage et des retraites peuvent encore tendre le climat social tant il paraît difficile de concilier les points de vue. Mais pour Jean-Louis Maurizi, un peu de pédagogie ne ferait pas de mal pour tenter de convaincre. « La France affiche un taux d’emploi de 10 % inférieur aux autres Etats européens. Avec 10 % de salariés supplémentaires, notre pays n’aurait pas de problème de financement de la protection sociale. Le travail est le ciment du pacte social ».

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Pour relever ce taux, favoriser l’emploi des séniors lui semble un levier à mieux exploiter, en particulier en leur permettant d’être recrutés dans des TPE/PME, quitte à ce que les indemnités de chômage compensent le différentiel de revenu avec le poste précédemment occupé. Il suggère aussi la possibilité de pouvoir changer plus facilement de métier durant sa carrière, grâce à la formation professionnelle, afin de mieux répondre à ceux qui expriment d’autres aspirations. « Il faut pouvoir offrir aux salariés des parenthèses pour repartir vers autre chose, devenir apprenti dans un nouveau métier… La formation tout au long de la vie est un investissement socialement responsable. »

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La motivation des collaborateurs peut aussi être renforcée par un meilleur partage de la valeur ajoutée. « Les dispositifs doivent être flexibles. Mettons ces questions sur la table pour moderniser », dit-il. Quant aux augmentations de salaires pour pallier la perte de pouvoir d’achat ces derniers mois, il admet « comprendre la revendication du SMIC à 1 500 euros nets ». Mais là encore, elle ne peut à ses yeux s’opérer au détriment de la compétitivité des entreprises, en accroissant leurs charges.

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