AccueilImmobilier« J’aimerais vraiment que "Les 2G" reste une brasserie »

« J’aimerais vraiment que "Les 2G" reste une brasserie »

Fin 2019, la brasserie Les Deux Garçons, « Les 2G », du cours Mirabeau d’Aix-en-Provence a été ravagée par un incendie. Eric Hampartzoumian, propriétaire du bâtiment, lance le chantier de restauration pour faire renaître le lieu de ses cendres.
Éric Hampartzoumian, le propriétaire du bâtiment, a à cœur de reconstruire durablement son immeuble qui accueille l'emblématique « Brasserie Les 2 G » du cours Mirabeau d’Aix-en-Provence.
M. Debette - Éric Hampartzoumian, le propriétaire du bâtiment, a à cœur de reconstruire durablement son immeuble qui accueille l'emblématique « Brasserie Les 2 G » du cours Mirabeau d’Aix-en-Provence.

Immobilier Publié le , Propos recueillis par Martine DEBETTE

Les Nouvelles Publications : Où en est le chantier de la brasserie Les Deux Garçons, « Les 2G »?

Éric Hampartzoumian : Nous avons déposé un permis de construire qui concerne tout l’immeuble dont la surface est de 1 350 m², soit un peu plus de 300 m² par niveau. Il est à l’instruction et devrait être obtenu dans deux ou trois mois. C’est un gros chantier. Nous voulons recréer la cage d’escalier telle qu’elle était à l’origine de l’hôtel de Gantes, alors qu’il était un hôtel particulier. Au XIXe siècle, il a été fermé pour agrandir la cuisine, puis rouvert en partie pour accéder au premier étage. Ce qui a eu un impact sur l’altimétrie.
Notre volonté est de reconstituer l’hôtel tel qu’il était lors de sa construction en 1653, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur, pour donner l’impression que tout est d’époque. Actuellement, les équipes travaillent sur les plafonds à la française et réutilisent 90 % de bois d’époque du site. Les poutres sont posées sur des pièces de bois non chevillées. Elles peuvent donc bouger, ce qui rend le bâtiment antisismique. Pour retrouver l’aspect d’origine des façades, les fenêtres occultées vont être rouvertes. Certaines poutres existantes ont été renforcées avec de la résine. Comme nous ne connaissons pas leur résistance au feu, elles vont également être refaites à partir de matériaux récupérés sur le site.

C’est une véritable opération de reconstitution comme à l’origine !

En effet. Après l’incendie, il me fallait un architecte du patrimoine. Corrado de Giuli Morghen m’a été fortement recommandé. Lorsque je l’ai contacté, ça a tout de suite bien accroché entre nous. C’est un passionné et c’est un bonheur de travailler avec lui. Il mène une vraie rénovation historique, avec un niveau de détail extraordinaire. D’ailleurs, Corrado parle de reconstitution. Avec la reprise de l’escalier d’origine, nous allons retrouver les niveaux historiques de l’hôtel qui occupait les niveaux R+2 et R+3. L’été prochain, c’est la toiture qui va être rénovée. Depuis la cour intérieure, on verra le ciel.
Ce qui compte pour moi, c’est le travail en équipe avec l’architecte, l’entreprise, l’OPC (Ordonnancement, pilotage et coordination)et le BET (Bureau d'études techniques). Chacun partage ses envies et ses idées. Ce qui est très productif. L’ambiance est super, il y a une véritable entraide. La cohésion d’équipe est le seul moyen pour que le chantier avance dans de bonnes conditions. Et je préfère faire bien une fois plutôt que d’avoir à refaire. Ça évite bien des problèmes.

Le bâtiment a-t-il particulièrement bien résisté à l’incendie ?

Effectivement. En 2000, nous avions entrepris une énorme campagne de travaux. C’est d’ailleurs pour cela que le bâtiment n’est pas tombé lors de l’incendie. Des poutres endommagées au niveau des 1e et 2e étages, ainsi que les planchers, avaient été démontés et refaits à neuf. D’ailleurs, lorsque ça a brûlé, le commandant des pompiers m’a contacté pour connaître l’état de la structure du bâtiment. Lorsque je lui ai expliqué que les planchers avaient été refaits, il a dit à ses gars : « C’est bon, vous pouvez rentrer, l’immeuble tient. » Si l’immeuble était tombé, ceux d’à côté seraient eux aussi tombés.
A l’époque, les travaux ont été réalisés alors que la brasserie continuait à fonctionner. Ce qui nous a procuré quelques sueurs froides lorsque nous avons refait un plancher alors que les clients mangeaient juste en dessous. Cette fois, il n’y a pas d’activité professionnelle, mais nous sommes en centre-ville. L’utilisation des disqueuses et autres matériels occasionnent des nuisances, sonores ou autres, qu’il faut que nous gérions au mieux.

Êtes-vous très attaché à cet immeuble et à sa renaissance ?

Je l’ai acheté en 1997 parce que l’emplacement est exceptionnel, que c’est la brasserie des 2G qui date du XVIIIe siècle. Parce que c’est une institution. Et je suis né à Aix-en-Provence. Nous habitions au 57, cours Mirabeau et mes parents avaient deux boutiques de chaussures sur le cours. Depuis ma plus tendre enfance, je passe devant cet immeuble. J’ai à cœur, quitte à reconstruire, à ce que la structure soit durable pour être transmise aux générations qui suivent.
Financièrement parlant, j’ai été approché par des gens qui souhaitent louer les lieux pour y installer autre chose qu’une brasserie. Ce serait plus simple pour moi d’accepter une enseigne nationale de vêtements ou autre, mais j’aimerais vraiment que l’hôtel de Gantes reste une brasserie.

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