AccueilEconomieInvestir sur les meilleures gouvernances

Investir sur les meilleures gouvernances

Thierry Rigaudière, responsable de la gestion actions chez Martin Maurel Gestion, et Frédéric Genevrier, associé-fondateur d'OFG Recherche, étaient les invités du rendez-vous Cefim du 22 septembre. L'occasion pour eux d'aborder une approche complémentaire des analyses classiques pour bien investir.
Investir sur les meilleures gouvernances
G. Majolet - Frédéric Genevrier (OFG Recherche) et Thierry Rigaudière (Martin Maurel Gestion)

Economie Publié le ,

Analyser la gouvernance d’une entreprise pour mieux la connaître. Utiliser ces données pour réaliser un choix d’investissement. Telle était la feuille de route du dernier rendez-vous Cefim. Cette approche est notamment utilisée chez Martin Maurel Gestion : « L’idée est de mettre à jour l’ADN de l’entreprise dans laquelle on investit, de comprendre comment fonctionne l’actionnariat. Et quel est le statut du management », résume Thierry Rigaudière, responsable de la gestion actions.

Cette approche théorique diffère de l’analyse quantitative qui s’intéresse aux chiffres de la société tels que son cours de Bourse, son résultat net ou le nombre de ses clients. « Nous travaillons main dans la main avec la société OFG Recherche. Ils suivent les administrateurs, les managers qui dirigent les sociétés. Ils s’intéressent aux recrutements, projets de l’entreprise. Nous sommes experts en approche de marché, ils sont spécialisés en analyse de gouvernance. Quand ces deux indicateurs coïncident, il peut être opportun d’investir dans la société. » Les sociétés de taille moyenne sont assez difficiles à cerner, d’où l’intérêt de mélanger ces deux techniques d’analyse pour se faire une idée sur la société qui sera la plus proche de la réalité.

Comprendre les changements​

La méthode de Frédéric Genevrier, associé-fondateur d’OFG Recherche, est la suivante : « Nous nous intéressons aux hommes, à leur CV, à leur parcours. L’idée n’est pas d’investir dans la société M, mais de s’intéresser à la société dont monsieur M est à la tête. » Concrètement, cela nécessite de s’intéresser à tous les changements d’effectifs importants. Et de comprendre ce que signifie tel ou tel recrutement pour l’entreprise. « Il y a toujours du sens derrière une réorganisation », estime ainsi Frédéric Genevrier. Pour être plus concret, la nomination d’une femme, d’un étranger, d’une personne issue d’une autre école que les choix précédents… doit faire l’objet d’une analyse. Car l’idée, au final, est de répondre à la question : y a-t-il un intérêt pour un investisseur à s’associer à ce nouvel objectif ?

Des changements qui ont du sens

Attention, il n’y a pas un seul type d’actionnariat satisfaisant. C’est ainsi que les entreprises familiales sont généralement bien cotées, mais il est important de savoir si elles ont préparé ou pas la suite, le futur. Pour les invités, pas de doute, « Bouygues est une société à actionnariat familial, en transmission ». Selon eux, l’annonce erronée, il y a plusieurs mois, de la mort de Martin Bouygues a choqué le charismatique patron du groupe. Depuis, il aurait ainsi vivement réfléchi à sa transmission.

Autre exemple détaillé durant ce rendez-vous Cefim : le cas Elior, spécialiste de la restauration et des services. Le fondateur, qui détient encore 21 % des parts, a trouvé son successeur. Ce dernier, Frédéric Salle, a présenté un plan stratégique 2015-2020 dans lequel il décide d’abandonner les contrats peu rentables et de se focaliser sur des acquisitions externes. « Philippe Salle s’est impliqué dans le capital de la société et sur du long terme. Il a une aura importante, ce qui lui permet d’être accepté et de pratiquer une modernisation et une modification des comités exécutifs possibles. Les principaux ingrédients sont là et les réalisations se succèdent », résume Frédéric Genevrier. Comme tout cela a du sens, il devient tout à fait intéressant de s’intéresser de très près à cette société. Et pourquoi pas d’investir dans son capital.

Partage
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?