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Interprofessionnalité : mythe ou réalité ?

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Interprofessionnalité : mythe ou réalité ?
G. Majolet - « Il est important, si besoin, de développer ses activités avec d'autres professionnels. »

Marie-Christine Wassilieff, présidente de la commission Droit des affaires de la Cefim, a organisé, mi-novembre, un petit-déjeuner sur le thème : « Avocats - experts-comptables, partenaires complémentaires et incontournables du chef d'entreprise ».

Les professions du droit et du chiffre étaient réunies à la Cefim, au palais de la Bourse à Marseille, pour parler de leurs missions auprès du chef d’entreprise. Bruno Nivière, expert-comptable et président du tribunal de commerce de Marseille, a ainsi rappelé la proximité qui existe entre les patrons et les hommes du chiffre. L’expert-comptable est bien souvent le premier interlocuteur du chef d’entreprise. Et ils entretiennent des liens au minimum annuels.

Me Christian Lestournelle, avocat et ancien bâtonnier de Marseille, a raconté ses débuts dans la profession, comme un témoignage de l’évolution des mentalités. « Lorsque j’ai commencé dans la profession, il nous était interdit d’aller dans l’entreprise ! Si je devais rencontrer un patron dans ses locaux, je devais rédiger un courrier au bâtonnier ! ». Il rappelle aussi que « le terme conseil est protégé et ne concerne que les juristes ». Mais il précise aussitôt : « Je suis un adepte de la concurrence. Je ne raisonne jamais en termes de pré carré. » Pour lui, pas de doute :

« Il est important, si besoin, de développer ses activités avec d’autres professionnels. Du reste, je n’ai jamais traité de gros dossier sans le concours de personnes compétentes telles que les experts-comptables, les conseillers en gestion de patrimoine indépendants etc. »

Une équipe pluridisciplinaire apporte de la plus-value au dossier. C’est donc utile et indispensable pour le chef d’entreprise.

Société pluri-professionnelle d’exercice

Tous deux ont également expliqué que, depuis l’ordonnance du 31 mars 2016, il est possible pour certaines professions de créer des sociétés communes. Le texte précise ainsi :

« Il peut être constitué une société ayant pour objet l’exercice en commun de plusieurs des professions d’avocat, d’avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation, de commissaire-priseur judiciaire, d’huissier de justice, de notaire, d’administrateur judiciaire, de mandataire judiciaire, de conseil en propriété industrielle et d’expert-comptable. Une telle société est dénommée société pluri-professionnelle d’exercice ».

Les décrets concernant les notaires, huissiers et commissaires-priseurs, sont disponibles depuis début novembre 2016. Reste à savoir si ce genre de société se développera dans les prochaines années.

Bruno Nivière n’hésite pas à le dire « mon associé me parlait déjà d’interprofessionalité il y a 30 ans. Il avait un souhait lorsque nous nous sommes installés dans un immeuble : que d’autres professions annexes s’installent dans le même immeuble. C’est-à-dire que tous les conseils du chef d’entreprise soient réunis au même endroit. » Encore faut-il trouver les bons professionnels, c’est-à-dire des gens compétents, avec une philosophie de travail similaire et une volonté commune d’aller dans le même sens. Professionnel hermétique au travail en commun : s’abstenir !

Dans la salle, un chef d’entreprise a interpellé les deux orateurs. Il a ainsi conseillé aux avocats d’être plus clairs sur leurs domaines de compétence : « Il est difficile de bien comprendre ce qui se cache derrière les spécialités affichées ». Il a ensuite demandé aux experts-comptables « pourquoi les comptes sont validés par un commissaire aux comptes, une personne tiers, et non par l’expert-comptable lui-même ? ».

Enfin, Bruno Nivière a profité d’être à la tribune pour parler de la procédure de sauvegarde. Une procédure réservée aux entreprises qui ne sont pas en état de cessation des paiements, mais qui rencontrent des difficultés qu’ils ne peuvent surmonter, et qui sont de nature à les conduire à la cessation de leurs paiements. Son objectif ? Permettre la poursuite de l’activité, le maintien de l’emploi et l’apurement du passif, en procédant à une réorganisation de l’entreprise dans le cadre d’un plan arrêté par le tribunal. « Plus le chef d’entreprise vient tôt et plus la procédure aura une chance d’aboutir. » Enfin, il précise : « lorsque nous avons un client chef d’entreprise qui vient sans expert-comptable et sans avocat, c’est une catastrophe ».




Esther Griffe
Journaliste

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