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Président de l'UIMM Alpes-Méditerranée Thierry Chaumont : « Dans l'industrie, il va falloir reprendre les cadences »

le - - Economie

Thierry Chaumont : « Dans l'industrie, il va falloir reprendre les cadences »
R. Poulain - Thierry Chaumont, le président de l'UIMM Alpes-Méditerranée.

Si l'activité industrielle ne s'est jamais vraiment complétement arrêtée en Paca, un mouvement de reprise s'amorce explique Thierry Chaumont, le président de l'UIMM Alpes-Méditerranée. Il devrait être amplifié avec les guides des bonnes pratiques, les masques qui arrivent et les plans de relance.

Les Nouvelles Publications : Comment tourne l'industrie régionale en ce moment ?
Thierry Chaumont : Globalement, dans notre région, l'activité était descendue à 50 % par rapport à une activité normale. L'industrie ne s'est jamais arrêtée de tourner. Depuis quelques jours on sent même une reprise et une volonté de relancer la production. On peut estimer qu'elle tourne maintenant à 55 % et que ce chiffre va augmenter dans les prochaines semaines. C'est ce que nous espérons.

Qu'est-ce qui vous permet de le dire ?
L'industrie est habituée à travailler avec un certain nombre de contraintes techniques et des processus de sécurité très forts pour ses salariés et ses installations. Nos entreprises sont très surveillées et bien protégées. La mise en place de mesures telles que nous le voyons en ce moment dans le monde économique et plus largement dans la société n'est pas une nouveauté pour nos professions. Les salles blanches, les équipements de protection, la matérialisation de zones de déplacement, de postes de travail, les plans de sécurité, on connaît. Bien entendu la situation actuelle est exceptionnelle… Et nous faisons face.

Comment ?
La profession à travers l'UIMM [Union des industries et métiers de la metallurgie, NDLR] a édité un guide des bonnes pratiques à adopter face au coronavirus afin de protéger nos salariés, ce qui est la priorité pour continuer l'activité. Ils sont assez complets et relativement simple à utiliser car réalisés sous forme de questions à choix multiples à remplir. Ils contiennent toutes les mesures préventives à mettre en place. Ce guide, qui peut être téléchargé sur le site de l'UIMM, ont été présentés au ministère du Travail.

Dans votre profession, l'accès aux masques est-il un problème ?
Les gros industriels en ont. C'est plus compliqué pour un certain nombre de PME. Mais l'UIMM national a fait une commande importante en Chine. Nous attendons ces masques en Paca dans les prochains jours afin de commencer à les distribuer aux entreprises. Nos juristes et l'équipe de l'UIMM Sud sont en contact avec les entreprises via notre plateforme numérique. Nous avons même fait passer un questionnaire sur les problèmes rencontrés par nos adhérents. Nous serons au courant des besoins en masques.

Quelles sont les principales remontées de votre enquête ? Comment se portent les entreprises industrielles ?
Nous sommes un peu moins impactés dans la région que dans le reste de la France, parce que nous faisons moins de production. Certains de nos adhérents, de grandes entreprises, ont pu mettre en place du télétravail. Les secteurs les plus touchés restent ceux du nautisme et de l'automobile mais aussi la sidérurgie. Chez Arcelor notamment, l'arrêt de la production a été demandée par la CGT. Un premier haut fourneaux est stoppé et le processus est entamé pour le second. Il faut savoir que l'entreprise fait travailler un peu moins de 2 500 salariés et autant de sous-traitants. Mais comme je vous le disais, nos entreprises sont plutôt dans la mise en place de plans de relance de l'activité, comme dans l'aéronautique.

C'est-à-dire ?
La protection des salariés est une priorité et nous faisons notre possible. Par contre, il n'est pas souhaitable de mettre à l'arrêt toute l'activité industrielle ou de rester avec un rythme de travail ralenti. Cela pour deux raisons au moins. On a besoin de continuer à fabriquer un certain nombre d'outils et de matériaux essentiels à notre quotidien, ou à la continuité de l'activité des entreprises. Ensuite, la Chine redémarre sa production. Et si nous restons à l'arrêt, le risque est que nos industries perdent des parts de marché ou tout simplement leur place. Nous devons penser dès aujourd'hui à la relance de l'activité et à l'après confinement. Il va falloir reprendre la cadence et cela durera quelques semaines…




Frédéric DELMONTE
Journaliste

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