AccueilEconomieHy2Gen achève ses réunions publiques dans une ambiance brûlante

Hy2Gen achève ses réunions publiques dans une ambiance brûlante

Avec son projet Hynovera destiné à s’intégrer dans la reconversion industrielle de la centrale charbon de Gardanne-Meyreuil, Hy2Gen prévoit d’investir 460 M€. Mais les riverains du site n’en veulent pas. Ils l’ont clairement exprimé ce 15 novembre.
Cyril Dufau-Sansot, président d’Hy2Gen France, aux côtés du directeur de projet Denis Grisoni, assure qu’il mettra tout en œuvre pour apporter les réponses que les citoyens réclament.
J.-C. Barla - Cyril Dufau-Sansot, président d’Hy2Gen France, aux côtés du directeur de projet Denis Grisoni, assure qu’il mettra tout en œuvre pour apporter les réponses que les citoyens réclament.

Economie Publié le ,

La Halle Léo Ferré de Gardanne accueillait ce 15 novembre la dernière réunion publique de concertation sur le projet Hynovera du groupe Hy2Gen. Cette installation doit générer un investissement de 460 M€ sur 6 des 80 hectares du site de la centrale de Meyreuil-Gardanne et accélérer sa transition énergétique en fabriquant du kérosène (SAF), du diesel et du méthanol renouvelables à partir d’hydrogène vert et de biomasse forestière, notamment pour le transport aérien et maritime.

Hy2Gen va jouer franc-jeu sur son projet Hynovera

Plusieurs centaines de personnes se sont déplacées pour entendre le président d’Hy2Gen France, Cyril Dufau-Sansot, exposer ses intentions; ainsi que Yannick Mathieu, délégué interministériel à l’accompagnement des territoires en transition énergétique. Et elles se sont bien fait entendre, en hurlant à maintes reprises, « Hynovera, on n’en veut pas ! ». Cette opposition vient principalement des riverains, constitués en collectifs, CIQ ou associations, et d’organisations environnementales comme France Nature Environnement. Ils ont promis de lutter pour qu’Hynovera, prévu en 2027, reste dans les cartons, le qualifiant de « climaticide », « dangereux et inadmissible », voire « criminel en milieu urbain ».

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La salle était copieusement garnie pour la dernière réunion. Cette fois, tout le monde a pu entrer et s’asseoir. (Crédit : Jean-Christophe Barla)

Incompréhensions et malentendus

Avec la fermeture de la centrale charbon, nombre d’entre eux espéraient une reconversion non industrielle pour le site alors même que la centrale biomasse de Gazel Energie, qui démarre ces jours-ci, va contribuer à la sécurisation de l’alimentation électrique du territoire avec ses 150 MégaWatt. Le « Pacte pour la Transition Ecologique et Industrielle du territoire de Gardanne-Meyreuil » a toujours mentionné que la transformation s’opèrerait avec de l’industrie. Même la CGT s’est battue pour qu’elle y perdure. Ces habitants réclament pourtant la remise en cause de ce Pacte au prétexte qu’il n’a jamais fait l’objet d’une concertation publique avant d’être signé. Ils veulent l’organisation d’un référendum pour accepter ou rejeter les projets envisagés sur la plateforme de Gazel Energie. Même l’argument « créations d’emplois » ne les convainc pas (plus d’un millier durant la construction, 210 en exploitation entre salariés et sous-traitants).

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Rejet collectif

Le plus frappant, dans cette consultation qui s’achève le 21 novembre, reste la colère exprimée contre tous les acteurs présents ou pas. Tout le monde est mis dans le même panier : de l’Etat et ses services au moindre maire et conseiller municipal de Gardanne ou de Meyreuil, en passant par les dirigeants d’Hy2Gen, de Gazel Energie, ceux de Corsica Ferries, de l’Aéroport ou du GPMM qui ont rédigé des « cahiers d’acteurs » positifs sans venir les défendre de vive voix, et jusqu’à l’association des travailleurs de la centrale de Gardanne, soutenue par la CGT, qui porte un projet qui ne fait pas plus d’unanimité. Les garants de cette concertation, nommés par la Commission Nationale du Débat Public, Vincent Delcroix et Philippe Quévremont, devront rendre un rapport au plus tard le 21 décembre. Le maître d’ouvrage devra ensuite décider s’il poursuit ou pas son projet.

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A ceux qui réclament zéro risque, Yannick Mathieu a rappelé que toute activité humaine est génératrice de risques, mais qu'il n'y aura aucun compromis sur le sujet. (Crédit : Jean-Christophe Barla)

Equilibre impossible ?

Cyril Dufau-Sansot a affirmé que les études réclamées seront réalisées, qu’il continuera à répondre aux inquiétudes et interrogations, se réjouissant que le débat ait ouvert des axes de réflexion et de travail à approfondir. Yannick Mathieu a assuré qu’ « il n’y aura aucun compromis par rapport au risque industriel ». Il fera remonter au plus haut de l’Etat « l’expression de la salle qui ne veut pas du projet ». Il précise, néanmoins, que « la France a besoin de sites industriels et qu’à l’avenir, faire revenir l’industrie oblige à passer par les sites existants ».

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Comment en effet réindustrialiser un pays qui, depuis la crise de la Covid-19 se désole quotidiennement des effets dramatiques de sa désindustrialisation et de ses dépendances extérieures, s’il n’est plus envisageable d’aménager du foncier économique, avec le « zéro artificialisation nette », et si les riverains des sites industriels existants se soulèvent contre leur mutation parce qu’ils ne les tolèrent plus dans leur paysage ? Cette consultation, devenue confrontation de postures et d’opinions radicales qui ne s’entendent plus, n’a pas contribué à laisser entrevoir une réponse, mais elle promet une bataille ardue pour trouver le juste équilibre…

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