AccueilImmobilierHôtellerie de luxe : "Marseille va bientôt arriver en surcapacité"

Hôtellerie de luxe : "Marseille va bientôt arriver en surcapacité"

Le président de l'UMIH Paca (Union des métiers et des industries de l'hôtellerie), Jean-Pierre Ghiribelli, fait tomber les idées reçues sur le marché de l'hôtellerie haut de gamme. Interview sans langue de bois.
Hôtellerie de luxe :
D.R. - Jean-Pierre Ghiribelli, président de l'Umih Paca : « Il faut un environnement propice pour implanter un 5 étoiles »

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Les Nouvelles Publications : Manque-t-on en région d’établissements de luxe ?
Jean-Pierre Ghiribelli : Je ne pense pas. Il faut un environnement propice pour implanter un 5 étoiles. Imaginez un hôtel de luxe dans un village, sans aucune qualité de service ad hoc autour. La clientèle ne viendra pas car elle recherche aussi des boutiques, des casinos, toute une offre de services haut de gamme. Le seul hôtel ne peut porter une dynamique économique.

Ce qui explique leur absence dans les Alpes…
Tout à fait ! Pour autant, nous avons des adresses 4 étoiles dans les Alpes-de-Haute-Provence et les Hautes-Alpes. Mais, mis à part le Golfe de Saint-Tropez, les Alpes-Maritimes bien sûr et une partie du Vaucluse, le reste du territoire accueille majoritairement une clientèle familiale. Ils sont demandeurs d’hébergements à deux, trois ou quatre étoiles, rarement à cinq ! Je rencontre tous les jours des élus. Leur discours est à l’opposé du mien ! Selon eux, il faut créer un marché en implantant des hôtels de luxe. Je pense le contraire. L’environnement naturel est indispensable pour que l’adresse fonctionne.

A Marseille, beaucoup se félicitent de la montée en gamme du marché. Partagez-vous ce sentiment ?
A mon sens, Marseille va bientôt arriver en surcapacité. N’oublions pas que le secteur du luxe n’est pas forcément une destination choisie. Nous ne pouvons pas comparer l’attractivité de Saint-Tropez avec celle d’Aix ou de Marseille.

Le tourisme d’affaires est preneur d’adresses cinq étoiles pourtant…
Oui, mais ce marché est en cours de développement à Marseille. Il ne faut pas confondre les attentes des uns avec la réalité du marché. Je vous répète qu’en Paca, nous recevons une clientèle majoritairement familiale. Je pense que nous avons besoin de créations en 2 et 3 étoiles, plus qu’en haut de gamme.

Pensez-vous que les marques créent l’attractivité pour une ville ?
Oui, forcément. On se dit « tiens, l’Intercontinental s’est implanté à Marseille ». Evidemment, cela est positif, mais il faut penser à toutes les clientèles. Notre profession doit se montrer suffisamment diversifiée et attractive. Demandez à tous nos grands hôtels leur taux d’occupation ! Beaucoup doivent proposer des tarifs attractifs pour faire le plein et du même coup, entrent en concurrence frontale avec leurs confrères moins cotés. Nous devons nous montrer unis pour lutter contre l’hôtellerie parallèle, pas toujours légale, et non jouer la concurrence entre pros.

Que penser du Brexit et de son impact sur la venue des Anglais sur notre territoire ?
Evidemment, cela risque à moyen terme de créer des difficultés sur le marché. Mais n’oublions pas que depuis quelques années, Paca accueille majoritairement une clientèle française. Nous accueillons beaucoup d’Européens certes, nous devons les chouchouter et leur offrir une sélection la plus diverse possible. Voilà pourquoi je ne pense pas qu’il faille susciter des investissements dans l’hôtellerie de luxe. Vous savez, je suis aussi président de la commission tourisme du Medef Paca, eh bien je leur tiens le même discours ! Le luxe n’induit pas forcément une rentabilité hors pair…

La suite de cette interview est à lire dans notre dossier consacré aux hôtels 5 étoiles en Paca du numéro 1139 de TPBM (parution le 20/07/2016). Cliquez ici pour plus de renseignements sur nos offres d'abonnements (à partir de 55€/an).

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