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L'envie d'entreprise toujours aussi vive Hâte de relever le rideau

Les microentrepreneurs font face à un contexte économique, social et sanitaire très difficile. Aux côtés de ceux qui reprennent leur activité aujourd’hui, et qui ont dû se réinventer pour se maintenir ou se relancer, d'autres relèvent malgré tout le pari audacieux de créer leur entreprise.
Hâte de relever le rideau

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« Je suis impatient d'ouvrir notre belle terrasse au Camas malgré les contraintes liées aux nouveaux protocoles sanitaires », avoue Gagny qui a créé en 2017 avec Julie, son épouse, le restaurant « La cuisine de Gagny » qui est devenu une véritable référence à Marseille. « Nous nous sentons bien et fin prêts », expliquent les deux associés qui sont lauréats sur le plan national du concours Creadie 2020 dans la catégorie Economie sociale et solidaire. Les deux complices ont mis, il est vrai, les petits plats dans les grands en travaillant avec les jeunes producteurs locaux bio, en misant sur l'agriculture raisonnée, en favorisant les circuits courts, en privilégiant le zéro déchet. Avec dix couverts seulement à l'intérieur et trente en terrasse, cet établissement, situé dans une ancienne boucherie, a su garder la tête hors de l'eau avec de la vente à emporter, même s'il n'a pu s'empêcher de devoir fermer pendant le premier confinement.

A l'instar de Gagny, plusieurs commerçants, soutenus tout au long de ces derniers mois par l'Association pour le droit à l'initiative économique (Adie), ont témoigné de leur impatience à remettre leur entreprise sur les rails, ce mardi 18 mai, lors d'une conférence de presse organisée par l'association. Parmi eux, Honorine Daudet qui, suite à un licenciement, a décidé de créer en janvier dernier son entreprise, dans un secteur similaire, à Thalassanté à l'Estaque. « Je n'appréhende pas l'ouverture demain car j'ai misé sur de la livraison de plats à emporter dans le 16e arrondissement. » 

Une motivation constante

Dans un registre identique, Véronique Tay, originaire du Togo, a hâte de reprendre son activité de fabrication de jus de fruit mais aussi d'accras. « J'ai la motivation en moi, la force intérieure me permet de continuer mon activité », témoigne la dirigeante de l'entreprise Savela, qui est aussi le nom de la marque qu'elle a créée. Durement touchée par les confinements successifs, elle a dû jeter plus de 8 000 bouteilles de jus de fruit confectionnés à partir de recettes de sa grand-mère à cause de la date de péremption de six mois. Mais repartant de plus belle grâce à un prêt Covid résistance, qui lui a permis d'avoir une aide et ainsi de repousser la date de péremption de ses produits de deux ans, la lauréate du prix Creadie 2021 dans la catégorie Rebond a concocté de nouvelles boissons aux saveurs d'hibiscus ou de gingembre pour des restaurants, des traiteurs, des cinémas. 

Avec courage et pugnacité, Ludovic Guerber, ancien boulanger patissier, s'est quant à lui lancé, suite à un licenciement, dans un projet singulier : ouvrir une boutique Harry Potter au décor attrayant, "Aux 2 Balais", située rue Château-Payant dans le 5e arrondissement de Marseille. « J'avais le choix : soit de retrouver un emploi, soit de créer ma propre activité. J'ai décidé de me reconvertir en ouvrant ce lieu de 50 m2 à Marseille très prisé dans toute la France de Nice à Strasbourg. » Ouverte en 2020, la boutique a ensuite dû fermer pour cause de confinement. Mais le pari n'en est pas moins réussi avec, d'ores et déjà, deux emplois créés à la clé. Une seconde boutique va même ouvrir en septembre à Paris.

Enfin Vinoth Tal est, lui aussi, très confiant : « Je réalise mon rêve », souligne cet ancien ingénieur du son qui a pris le temps de préparer son projet dans un secteur où il fait ses preuves, un studio d'enregistrement. « J'ai reporté l'ouverture prévue en 2020 pour cette année après une formation à Paris. Je suis prêt à présent à accueillir les artistes. »

Comme Gagny, Véronique, Vinoth et leurs homologues, les entrepreneurs ont gardé confiance et ont su adapter leur modèle. « S'ils ont tenu bon, c'est grâce aux aides publiques autant qu'à leur motivation », a estimé Sébastien Chaze, directeur général de l'ADIE (Association du droit à l'initiative économique) Corse Provence-Alpes-Côte d'Azur qui compte trente salariés et plus de quatre-vingts bénévoles pour aider ces entrepreneurs.

L'envie d'entreprise toujours aussi vive

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