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interview Guillaume Pellegrin : « Je ne crois ni au tout télétravail, ni au tout travail en présentiel »

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Guillaume Pellegrin : « Je ne crois ni au tout télétravail, ni au tout travail en présentiel »
Tivoli Capital - Guillaume Pellegrin, le président de Tivoli Capital et fondateur des espaces de travail Newton Offices.

Guillaume Pellegrin, le président de Tivoli Capital et fondateur des espaces de travail Newton Offices, qui propose des espaces de vie professionnels notamment à Marseille, revient sur la façon dont cette crise interroge notre rapport au bureau. Et comment son entreprise fait face.

Les Nouvelles Publications : Vous êtes un spécialiste de l'organisation des espaces de travail. Le télétravail va-t-il s'imposer pour les entreprises qui peuvent l'appliquer ?
Guillaume Pellegrin : Nous sommes des animaux sociaux et nous éprouvons le besoin de nous voir. Le confinement révèle cruellement ce besoin de socialisation et de vivre ensemble. Je me porterai bien de tirer des conclusions sur l'après… Je ne crois ni au tout télétravail, ni au tout travail en présentiel. Dans certains cas, il peut y avoir des tâches à réaliser pour lesquelles on pourra être plus efficace à la maison. Mais le télétravail dépend aussi du cadre, du bruit, de la présence des enfants, etc… Le curseur va certainement se déplacer : dans certaines situations suivant les moments pourquoi pas, mais l'esprit d'équipe reste le plus important et il ne peut pas s'entretenir uniquement en télétravaillant. Une bonne journée de travail ce n'est pas forcément rester assis derrière son bureau. Il y a aussi des déplacements, des échanges informels, etc…

En attendant, comment entretenir ce lien sans se retrouver au bureau ?
Au-delà des outils de travail à distance à mettre en place, il y a cette absence de langage verbal à prendre en compte. Les équipes ne se voient plus et ne se croisent plus. Les salariés se retrouvent isolés. Il faut donc pouvoir donner des consignes plus claires. C'est important aussi de recréer un lien différent et de mettre en place des moments de détente et d'échange, même par vidéo. C'est ce que nous avons fait avec nos équipes.

Quelles mesures avez-vous prises au sien de vos espaces de travail partagés pour réagir à la situation ?
Nous avions échangé avec nos collègues italiens pour pouvoir anticiper certaines choses afin d'être prêts. Notre site a été fermé au public dès le lundi 16 mars au soir. L'équipe d'accueil n'est plus sur place mais continue d'être à disposition de nos clients pour les aider à continuer à travailler. Ceux d'entre eux qui ne peuvent pas télétravailler ont accès à leurs bureaux privatifs via leur badge. Notre métier est un métier de contacts, d'hospitalité et de services. C'est un challenge pour nous, de pouvoir continuer à accompagner nos clients à distance.

La relation avec vos clients en est-elle changée ?
Nous continuons d'accompagner nos clients, mais de manière différente. Nous avons pris la décision de reporter le paiement de nos prestations de services du mois d'avril à une date ultérieure. Nous avons mis à leur disposition gratuitement notre système de visioconférence, afin que chacun puisse utiliser ce système de chez soi depuis un ordinateur sans avoir à utiliser la salle de réunion originellement prévue à cet effet.

Les conséquences de la crise vous obligent-elles à interroger votre modèle économique ?
Cela fait des années que nous nous posons la question du bon lieu pour travailler et nos conclusions sortent renforcées de ces évènements. Nous sommes propriétaires de nos murs. Cela permet une meilleure maîtrise de nos loyers et coûts et nous met dans une situation plus confortable. Nous avons également poussé nos réflexions sur les questions d'acoustique, de mobilier, d'outils à mettre à disposition, de circulation… Ce qui nous a permis de développer des espaces de travail plus denses, avec des surfaces au sol plus efficaces et au final moins chères. Nous proposons également des services à la carte, qui peuvent s'adapter en fonction de l'activité et des besoins de nos clients. C'est une force dans cette période d'incertitude. Des grands groupes font appel à nous aussi, afin de faire travailler leurs équipes sur différents sites et de limiter le risque.

La situation retarde-t-elle certains de vos projets ?
Nous devions ouvrir un nouvel espace de travail à Aix-en-Provence en septembre. Le projet sera certainement un peu retardé mais pas annulé. Nous portons également d'autres projets d'ouvertures à Lille, Lyon et Montpellier.




Frédéric DELMONTE
Journaliste

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