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Interview Guillaume Lapp (DG Klépierre) : « A Marseille, tout ne peut pas se passer dans l'hyper-centre ! »

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Guillaume Lapp (DG Klépierre) : « A Marseille, tout ne peut pas se passer dans l'hyper-centre ! »
J.-C. Barla - "Ne pas s'adapter, c'est se faire laminer. Le dimanche est le plus gros jour pour les achats sur internet", indique Guillaume Lapp.

Centre Prado, Centre Bourse, Grand Littoral : avec ses trois sites, Klépierre joue les équilibristes pour le devenir commercial de Marseille. Son directeur général Guillaume Lapp revient sur les objectifs et ambitions du groupe leader de l'immobilier commercial.

Les Nouvelles Publications. En quoi vos trois centres contribuent-ils à diversifier l'offre commerciale à Marseille ?
Guillaume Lapp. Le Centre Prado apporte une opportunité de shopping au sud de la ville à une clientèle qui préférait Aix-en-Provence à l'hyper-centre. Nous avons voulu lui proposer quelques exclusivités avec Repetto, Tesla, Pellegrin... Auchan Gourmand va bientôt arriver sur 1 000 m2 et il reste deux petites surfaces à commercialiser. Quand Zara positionne ici son plus grand magasin de la région, il envoie un signal fort dans une période où les enseignes rationalisent leurs réseaux et d'autres suivent plus facilement, comme Etam, Jacadi, Kusmi Tea, Factory & Co... Les Galeries Lafayette constatent déjà dans leur base de données la venue d'habitants des alentours qu'elles n'avaient pas dans le centre. Nous pensons aussi pouvoir conquérir des touristes en quête d'une offre de qualité, puis profiter d'événements comme la Foire de Marseille à la rentrée pour inciter plus largement les Marseillais à le découvrir.

Le Centre Bourse satisfait une clientèle de proximité comme les chiffres le démontrent. Nous avons fortement investi dans son indispensable modernisation, mais un peu à contretemps. Les Terrasses du Port lui ont fait mal. Nous ne savons pas encore si l'opération sera hyper-rentable mais il recommence à progresser, il attire des touristes et nous sommes déterminés à le redynamiser, en restauration, en services avec une salle de sport et une grande pharmacie… L'ex-magasin Habitat doit encore trouver preneur.

Grand Littoral cible une offre hyper-mass-market tout en jouant son rôle de centre commercial des quartiers du nord de Marseille. Il faudrait qu'il soit mieux connecté au reste de la ville. C'est dommage de fixer les gens géographiquement. Une meilleure desserte aiderait à son désenclavement. Quant à la galerie du centre commercial du Merlan, son format répond plus à des franchisés et commerçants indépendants car les enseignes nationales n'y vont plus.

Avez-vous le sentiment de participer à la désertification du centre-ville ?
Marseille est la 2e ville de France, tout ne peut pas se passer dans son hyper-centre ! Il faut aller au devant des habitants, comme l'ambitionne le Centre Prado pour les quartiers sud. Pourquoi ces clients n'auraient pas le droit d'accéder à une telle offre ? Nos centres ont fait l'objet d'investissements lourds. Chacun doit faire sa part du travail. Aujourd'hui, les enseignes recherchent des superficies de plus en plus vastes. Un centre commercial est plus souple pour répondre à leur demande : en déplaçant ou remodelant les surfaces, il parvient au format réclamé. En centre-ville, vous ne pouvez pas adapter ainsi les espaces, même disponibles. De plus, vous devez parfois recueillir l'avis de l'architecte des bâtiments de France, faire face à des zones piétonnes, à des parkings coûteux… Certaines politiques contribuent à priver les centres-villes de l'arrivée des enseignes les plus modernes.

L'ouverture le dimanche est-elle une piste pour leur revitalisation ?
Dans ce domaine aussi, chacun doit faire sa part. Nous avons essayé au début sur le Centre Bourse, mais beaucoup d'enseignes autour demeuraient fermées. Je comprends les préoccupations des commerçants indépendants, la difficulté de s'organiser… Mais avec les changements des comportements des consommateurs, ne pas s'adapter, c'est se faire laminer. Le dimanche est le plus gros jour pour les achats sur internet.




J.-C. Barla
Journaliste

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