AccueilEconomieGrand Port maritime de Marseille : "Fos en grand", le plaidoyer industriel de la CGT

Grand Port maritime de Marseille : "Fos en grand", le plaidoyer industriel de la CGT

Après le plan "Marseille en grand", c’est la CGT qui présente "Fos en grand" afin de relancer l’activité industrielle des bassins ouest du Grand Port maritime de Marseille (GPMM). Un plan qui passe par des investissements massifs.
La CGT réclame notamment l’accélération de la réalisation de 3XL et 4XL, des projets « déjà présentés, débattus, partagés, acceptés ».
Port de Marseille-Fos - La CGT réclame notamment l’accélération de la réalisation de 3XL et 4XL, des projets « déjà présentés, débattus, partagés, acceptés ».

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Le Syndicat général CGT des ouvriers dockers et des personnels de la manutention portuaire et du golfe de Fos n’a pas manqué de réagir aux arrivées de l’ancien ministre de l’Intérieur Christophe Castaner et l’ancien PDG d’Orange Stéphane Richard au sein du conseil de surveillance du Grand Port maritime de Marseille (GPMM). Si ce tandem « va sans doute offrir une exposition médiatique à notre port », la CGT prévient d’ores et déjà qu’elle sera vigilante « à ce que ces nominations ne sonnent pas un nouvel élan d’une politique d’austérité dévastatrice ».

Et de signer un plaidoyer "Fos en grand", « pour faire gagner notre port », clin d’œil assumé au plan "Marseille en grand" lancé par le président de la République Emmanuel Macron en personne l’année dernière. Un document dans lequel le syndicat partage ses constats et analyses, présente « sa feuille de route des urgences industrielles » et définit sa démarche et un plan d’action.

La stratégie de Christophe Castaner pour le port de Marseille Fos

Au regard de la situation actuelle, le verdict de la CGT est sans appel : « La dimension industrielle de nos activités est aujourd’hui très en retrait, voire négligée. Pour ne pas dire inexistante. » A l’instar de la Fédération nationale CGT des ports et docks, le syndicat pointe au niveau local un « renoncement industriel, au profit d’une économie de services, d’une économie de tourisme, d’une économie de "syndic" ». Avec en toile de fond, la critique de des politiques « de renoncement » et « de "transitions" », « prétextes parfois bien pratiques pour réduire davantage encore les empreintes portuaires et les activités qui en découlent ».

Des moyens ambitieux pour le Grand Port maritime de Marseille

Ainsi, face à « une pression forte des collectifs écologistes » et « une incapacité à offrir une vision industrielle autre que celle des aménagements », la CGT réclame « un projet stratégique des bassins ouest », lesquels "pèsent" près de 60 % des escales et 90 % des marchandises chargées et déchargées sur le GPMM, ou encore plus de 80 % des conteneurs transitant par le port de Marseille-Fos.

Pour le syndicat, ce projet passe par « la sanctuarisation des espaces portuaires (Domaine public maritime) »; « une politique ferroviaire forte » via notamment le doublement des voies à la sortie de la zone Fos Graveleau et les connections de deux terminaux Seayard et Eurofos avec quatre voies ferrées ; la «relance d’une solution fluviale » avec « la mise en place d’un plan logistique pluriannuel pour offrir une visibilité sur la durée » ; et le soutien économique à cette filière, et des infrastructures routières de premier plan, via notamment le doublement de la RD 268, la création de la liaison autoroutière entre Fos et Salon ou le contournement de Port-de-Bouc.

Sur sa feuille de route industrielle, le syndicat va droit au but : « La compétitivité d’un port, c’est une stabilité de gouvernance, une vision à long terme, des moyens ambitieux, une approche large de l’hinterland, un volontarisme industriel et logistique, une méthode constante. » Un plaidoyer à rapprocher de celui de la fédération nationale qui « réclame 10 Mds d’investissements publics associés à un plan d’investissement ambitieux des entreprises de manutention sur les cinq prochaines années ».

Un port de Marseille au service de l’emploi

Quant au projet stratégique du GPMM, « un port vert au service de l’économie bleue », la CGT lui oppose « un port au service de l’emploi, des conditions de travail et de l’économie du territoire ». Ainsi, le syndicat appelle à agir face à la baisse des tonnages industriels en vogue depuis de nombreuses années : « Lorsqu’une tonne disparaît, nous devons faire émerger une tonne en relais de croissance. » Ce qui passe notamment par « une démarche de suivi très précis des industries fortement exposées aux contraintes environnementales » et « un dialogue et un suivi très actif avec les industries "électro-intensives", très consommatrices de ressources ».

Dans son document, la CGT insiste aussi sur l’urgence d’agir. « Pourquoi un projet, qui met deux ou trois ans à se concrétiser dans les grands ports européens, met 20 à 30 ans à se déployer chez nous ? », s’interroge le syndicat à haute voix. Et de pointer entre autres les créations de la Zone de services portuaires 2, de Distriport 2 ou de 3XL et 4XL, des projets « déjà présentés, débattus, partagés, acceptés. Mais depuis des années, ils sont lettre morte. » Le syndicat exige ainsi « un plan d’urgence afin qu’ils émergent rapidement. Et pas dans dix ans. »

Enfin, la CGT demande la tenue sans délai des "Etats généraux de l’industrie, des activités portuaires des bassins ouest", en présence des acteurs industriels et économiques ayant un lien avec le port, mais aussi des collectivités locales et de la CCI.

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