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Gilets jaunes : « Les patrons ne peuvent pas payer la facture »

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Gilets jaunes : « Les patrons ne peuvent pas payer la facture »
S. Payrau - Le président du Medef Paca Jean-Luc Monteil n'en démord pas : « A la fin, il y a toujours un con qui paye ».

Jean-Luc Monteil, le président du Medef Paca, ne veut pas que les patrons soient les dindons de la crise des gilets jaunes : pas question pour lui que les entreprises financent les mesures annoncées lundi par le président de la République Emmanuel Macron.

« A la fin, il y a toujours un con qui paye » : le président du Medef Paca Jean-Luc Monteil n'y va pas par quatre chemins pour livrer son sentiment au lendemain de l'allocution télévisée du président de la République, Emmanuel Macron, pour sortir de la crise des gilets jaunes. Car le patron des patrons de la région, qui avait prédit à la veille du début du mouvement qu'il y aurait « un avant et un après 17 novembre », a forcément été un téléspectateur particulièrement attentif, lundi dernier.

Et s'il reconnaît qu'« il est toujours très compliqué de rallier l'émotion à la raison » et qu'Emmanuel Macron « porte un fardeau qui n'est pas le sien après des décennies de présidents de la République et de gouvernants qui n'ont fait que creuser le trou », le président du Medef Paca n'en a pas moins accueilli avec beaucoup de prudence les mesures annoncées par le locataire de l'Elysée. « On est conviés dans les prochains jours au ministère du Travail, mais je suis sûr qu'il va y avoir des mesures d'accompagnement. Quand tu files 14 à 15 Md€ d'un côté, entre l'abandon de la hausse des taxes sur le carburant et les autres mesures, il faut aller les chercher ailleurs : c'est le principe même de la comptabilité publique », tranche-t-il.

Jean-Luc Monteil dévoile au passage la teneur des discussions qui ont déjà eu lieu en coulisses, lundi à l'Elysée où il accompagnait Geoffroy Roux de Bézieux le président national du Medef, en amont du grand oral présidentiel.

« Quand on a déjeuné avec Muriel Pénicaud lundi dernier, la ministre du Travail a tenté de "dealer" une baisse des aides aux entreprises pour financer les contreparties annoncées par Macron », révèle-t-il.

« Aujourd'hui, on ne sait pas qui paye… »

Dans la lignée de la réponse donnée en direct, Jean-Luc Monteil a adressé à nouveau, ce mercredi matin à Marseille, une fin de non-recevoir au gouvernement. « On lui a gentiment dit qu'on était les champions du monde des prélèvements sur les ménages et les entreprises et que ce n'est pas en chargeant davantage les entreprises qu'on allait trouver une solution », résume-t-il. Et d'étayer son raisonnement chiffre à l'appui. « On peut critiquer le CICE [Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi, NDLR], mais depuis qu'on a baissé les charges dans ce pays, avec une conjoncture économique "aidante", on a créé 737 000 emplois. Alors qu'à chaque fois qu'on alourdit le plan de charges, la contrepartie mécanique c'est qu'on perd en emploi et en compétitivité », insiste-t-il.

Certes, pour l'heure, l'augmentation du Smic telle qu'annoncée par le président de la République ne pèserait pas sur les entreprises. « Aujourd'hui, sur le Smic, on a environ 350 € de charges, entre celles patronales et salariales. Et ce que j'ai cru comprendre, c'est qu'on allait avoir un allégement de charges partiel, donc le net augmenterait, et que le reste serait compensé par la prime d'activité », explique-t-il. Outre la relative portée de la mesure puisque tous les smicards ne perçoivent pas la prime d'activité - « car elle est calculée par rapport au foyer fiscal » -, Jean-Luc Monteil reste sur ses gardes. « La prime d'activité est dé-corrélée de notre environnement. Donc, pour le moment, nous ne sommes pas impactés. Mais aujourd'hui, on ne sait pas qui paye… »

Le monde économique fortement impacté​

En Paca, le monde économique a été fortement touché par les blocages occasionnés par le mouvement des gilets jaunes.

C'est le cas pour les artisans qui s'estiment à 82,5 % impactés dans leur activité, selon une étude réalisée auprès de 638 artisans par la Chambre de métiers et de l'artisanat de région Paca (CMAR Paca). Trois principales causes émergent : 49,5 % se disent touchés par des problèmes de livraisons, 21,5 % gênés dans leurs déplacements et 6 % ont perdu un gros client… Des chiffres qui inquiètent à la CMAR Paca, puisque 46 % des artisans « estiment que la baisse d'activité est de nature à les mettre en péril ».

Johan Bencivenga, le président de l'UPE 13, est également inquiet et évoque « un sabotage de l'économie ». C'est à Arles que la situation est la plus tendue avec le blocage des entreprises de logistique de Saint-Martin-de-Crau. La grande distribution est également touchée à Martigues, Aubagne, Salon et Aix-en-Provence, sans oublier la zone commerciale de Plan-de-Campagne. En plus d'en appeler aux pouvoirs publics pour « que ces agissements cessent », le 10 décembre ce dernier a envoyé une lettre au président de la République pour lui demander de « réformer la France ».




Serge Payrau
Journaliste

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