AccueilEconomieGeneviève Ferone Creuzet : « Ces Assises rendent la transition écologique désirable »

Geneviève Ferone Creuzet : « Ces Assises rendent la transition écologique désirable »

Cofondatrice de Prophil et vice-présidente du think tank The Shift Project, Geneviève Ferone Creuzet était le grand témoin des 8 èmes Assises de la transition écologique, organisées le 24 novembre 2022, à Marseille.
Les 8 èmes Assises de la transition écologique, organisées le 24 novembre 2022, à Marseille, avaient comme grand témoin, Geneviève Ferone Creuzet, cofondatrice de Prophil et vice-présidente du think tank The Shift Project.
J.-P. Enaut - Les 8 èmes Assises de la transition écologique, organisées le 24 novembre 2022, à Marseille, avaient comme grand témoin, Geneviève Ferone Creuzet, cofondatrice de Prophil et vice-présidente du think tank The Shift Project.

Economie Publié le , Propos recueillis par Jean-Pierre ENAUT

Les Nouvelles Publications : Cette soirée portait sur le thème "Repenser la ville autrement". Qu'est ce que cela signifie pour vous?

Geneviève Ferone Creuzet : Aujourd'hui, presque deux tiers de l'humanité vit en ville et ce chiffre va augmenter en 2050. A l'heure du changement climatique, des migrations et des transferts de population, nous percevons un concentré de ce que seront l'humanité et les flux en matière d'échanges (mobilité, construction, alimentation). Afin que ce métabolisme soit maitrisé et, notamment au regard de l'empreinte carbone, nous avons besoin de redynamiser er de réinventer la ville. C'est dans le cadre de cette transformation à l'œuvre que s'effectue le théâtre de la décarbonation. Dans un tel climat de réchauffement climatique, les villes deviennent à présent invivables et il y a des périodes de plus en plus longues de canicule. Tout cela n'a pas été prévu, ni anticipé. Nous avions des modèles de villes européennes et méditerranéennes, "bioclimatiques" et plutôt résilientes, mais c’est le modèle américain très extensif et standardisé, qui s'est imposé, tournant le dos à celui que l'Europe avait conçu. Aussi, il convient d'assurer la densification de la ville, d'arrêter l'étalement urbain et de lutter contre la désertification des centres-villes.

The Shift project, grand témoin du Club immobilier Marseille Provence

Que représente à vos yeux ces Assises de la transition énergétique organisées par le Club de l'Immobilier Marseille Provence avec EnvirobatBDM ?

Elles sont importantes dans la capacité à faire caisse de résonance avec des acteurs différents sur une même chaîne de valeur, (aménageurs, architectes, promoteurs, ingénieurs et élus). Elles s'avèrent très intéressantes car elle mettent en lumière des solutions tangibles. On se rend compte qu'on ne peut pas faire les uns sans les autres. Face à l'urgence climatique, il faut donc réinventer un autre modèle, dans une approche systémique.

Quelles sont les solutions pertinentes qui vous ont séduites?

Il y a tout d'abord le modèle d'accession à la propriété en corollaire avec la performance énergétique et environnementale du bâti. Ensuite, j'estime que la proposition sur les matériaux biosourcés bas carbone va dans la bonne direction. Les caractéristiques sont intéressantes à la fois en termes d'écoconception, de modularité et de recyclage, ce qui permet de réduire notre empreinte environnementale. Enfin, j'ai apprécié la vision de l'architecture avec le logement L'Idéal, développée par Modus Aeficandi et Sogeprom, et présentée par l'architecte Billy Guidoni, permettant de rénover un immeuble en introduisant de la modularité, des services et de la personnalisation. Une ville, on doit avoir envie de la vivre. Cela ne doit pas être punitif. Finalement, il me semble que ces Assises rendent la transition écologique désirable.

Comment envisagez vous l'avenir ?

En 2050, où serons-nous ? Nous devons atteindre la neutralité carbone à cette échéance. Nous aurons des bâtiments rénovés. Les villes moyennes auront su se trouver une place. Les déplacements s'effectueront en transport en commun. Mais les bâtiments sont déjà construits et le taux de renouvellement est faible. Alors, le défi est immense et stimulant. Il doit se généraliser de nouvelles techniques de construction vertueuses. A la dernière Cop 27 il n'y a pas eu assez d'ambition et de radicalité. La commande publique est pour moi un levier extraordinaire. Une priorité pourrait être la rénovation des établissements scolaires et nous pourrions mobiliser le public et le privé pour cela. Nous devons passer d'une logique de risque à une autre de désirabilité. La ressource la plus rare, c'est le temps. Les bâtisseurs doivent à la fois accélérer et penser à long terme. Nous pouvons y arriver.

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