AccueilFinanceFranck Paoli de Connect Pro : « Nous comblons les trous dans la raquette du financement d’entreprise »

Franck Paoli de Connect Pro : « Nous comblons les trous dans la raquette du financement d’entreprise »

Franck Paoli, président fondateur de Connect Pro, ciblait à l’origine le capital transmission pour permettre à un nouvel entrepreneur de prendre la suite d’une PME locale. Une façon d’éviter une reprise par un grand groupe.
Franck Paoli, président fondateur de Connect Pro.
D. R. - Franck Paoli, président fondateur de Connect Pro.

Finance Publié le , Propos recueillis par Caroline DUPUY

Les Nouvelles Publications : Comment définissez-vous Connect ?

Franck Paoli : Connect a été créé pour combler des trous dans la raquette du financement d’entreprise. En 2007, nous avons lancé notre activité en nous spécialisant sur le capital transmission, un segment sur lequel les financiers en Paca, sont peu actifs auprès des PME de taille moyenne (5 à 20 M€ de CA environ).

En quoi consiste le capital transmission ?

Dans les petites et moyennes PME, le dirigeant est chef d’orchestre dans son entreprise. Quand il part à la retraite, il ne reste souvent que des techniciens. Mais il n’y a plus de capitaine. Il est nécessaire de bien préparer une transmission. La confiance dans le dirigeant est importante, fondamentale. Il ne doit pas incarner l’entreprise à lui tout seul mais doit structurer son entreprise et mettre en selle son successeur bien avant son départ.

À défaut, il risque d’être contraint de vendre à un concurrent, plus gros que lui. Et le siège social risque de disparaître de notre territoire, absorbé par le siège social du groupe acquéreur. Pour éviter cette situation, notre objectif est de financer un repreneur souhaitant prendre la suite d’une entreprise locale, comprenant entre 20 et 150 collaborateurs environ.

Quelle est la valeur ajoutée spécifique de Connect ?

Nous ne proposons pas que des fonds propres à l’entreprise. Nous mettons « les mains dans le cambouis » aux côtés du dirigeant cédant pour l’aider à structurer son entreprise avant son départ ou du repreneur pour l’aider à prendre en main sa nouvelle entreprise. Il s’agit d’un accompagnement très opérationnel. Nous sommes dans l’entreprise environ une fois par semaine, et même plus si nécessaire.

Pourquoi un tel engagement ?

Je ne suis pas un financier, je suis un entrepreneur sur Marseille depuis 40 ans, sensibilisé à la paupérisation de notre tissu économique. Nous avons une méthode parfaitement structurée et adaptée à cette étape de la vie d’une entreprise. Et nous avons la possibilité de nous appuyer sur notre réseau d’entrepreneurs, actionnaires, banquiers et institutionnels actionnaires de nos fonds que nous n’hésitons pas à solliciter.

Préférez-vous être actionnaire majoritaire ou minoritaire dans vos deals ?

Nous avons démarré en tant qu’actionnaire majoritaire. Petit à petit, nous avons pris conscience de la vertu de jouer collectif, compte tenu de notre valeur ajoutée d’accompagnement. Qui dit partage du financement dit baisse du ticket. Nous sommes désormais bien souvent minoritaires au sein d’un deal qui, lui, peut être majoritaire ou pas. Dans ce contexte, nous représentons bien souvent le pool, au regard de notre réelle implication dans l’entreprise.

Concrètement, le ticket confortable de notre troisième fonds, Sud Rebond, est de l’ordre de 1 à 2 M€. Si nous sommes trois ou quatre investisseurs au tour de table, nous savons intervenir sur des dossiers nécessitant jusqu’à 8 M€ de fonds propres … et même au-delà.

A quel moment préférez-vous intervenir ?

La situation idéale est d’être là avant que le chef d’entreprise ne décide de céder. Car, un peu avant son départ, ce dernier ne colle plus toujours au terrain de son métier. De l’autre côté, le repreneur a besoin de temps pour s’adapter au métier et être parfaitement opérationnel. Il faut éviter ces situations de flottement. La situation optimale est de rencontrer un cédant, au début de sa réflexion, c’est-à-dire 5 à 10 ans avant sa retraite. L’idée est de faire une première opération de cession partielle, de laisser le dirigeant historique piloter l’entreprise en doublon avec son successeur. Petit à petit, il pourra ainsi déléguer et lever le pied. Dans de telles situations, nous acceptons de monter progressivement au capital de l’entreprise.

Quel est le profil type d’un bon repreneur ?

Nous proposons un réel accompagnement. Alors, pourquoi ne pas le faire avec un chef d’entreprise brillant, ambitieux qui a les yeux un peu plus gros que le ventre ? Nous mettons à sa disposition notre équipe, composée de six collaborateurs aguerris, mais aussi nos souscripteurs (une quarantaine d’entrepreneurs) qui participent activement à la réussite de l’entreprise accompagnée. Il n’est pas rare que certains prennent un poste d’administrateur ou de mentor au sein d’une entreprise de notre portefeuille.

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