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Festival solidaire : Marsatac s’engage !

La fondatrice et directrice du festival Marsatac, Béatrice Desgranges, revient pour nous sur son engagement citoyen… et dévoile la dernière recrue de Marsatac Agency, ainsi que les coulisses de la venue d’Aya Nakamura. Un événement pour Marseille !
Béatrice Desgranges a réussi à créer en 25 ans un éco-système citoyen autour du festival Marsatac.
D. R. - Béatrice Desgranges a réussi à créer en 25 ans un éco-système citoyen autour du festival Marsatac.

Oxygène Publié le , Propos recueillis par Alexandra ZILBERMANN

Les Nouvelles Publications : Pouvez-vous tout d’abord nous rappeler quel est le poids économique du festival Marsatac sur le territoire ?

Béatrice Desgranges : L’association Orane qui porte Marsatac compte 15 permanents, mais le festival fait travailler 800 personnes, dont 300 bénévoles et 300 intermittents du spectacle. Au total, cela équivaut à 70 temps pleins. Notre budget annuel est de 3 M€, dont 2,6 sont consacrés à la production du festival.

Quelle est la part de subventions ?

Nous sommes subventionnés à hauteur de 24 %. Le reste du budget provient de nos partenariats privés (12 % en 2022) et de nos fonds propres.

Où en est votre catalogue de Marsatac agency ? Vous comptiez six talents à sa création en 2021.

Nous en avons désormais dix. Le dernier arrivé est le rappeur Achim, un artiste marseillais de La Castellane que nous avions repéré via le collectif La Frappe, un collectif local présent sur chaque édition depuis 2019.

Marsatac crée son agence artistique

Comment repérez-vous de nouveaux talents ?

Nous avons bien sûr notre sourcing propre, mais on nous sollicite aussi beaucoup. L’agence a démarré très fort, car nous répondons à un vrai besoin en matière de hip-hop, de rap et de musiques électroniques. Pour autant, nous ne voulons pas grossir trop vite. Nous accompagnons nos artistes avec quatre salariés qui font avec eux du sur-mesure. Nous ne sommes pas dans une course au catalogue d’artistes !

Quel vide a comblé votre agence artistique ?

Les talents émergents manquent de direction artistique, de réseaux et de visibilité. Nous sommes là pour ça et nous en manageons certains. Nous leur permettons d’avoir des résidences d’artistes pour créer, de trouver des dates...

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Le collectif local La Frappe est présent sur chaque édition de Marsatac depuis 2019. (Crédit : D. R)

La Frappe aura donc encore une scène en 2023…

Bien sûr ! Nous offrons aussi à ce collectif une résidence à Aix, au 6MIC, pour que les artistes travaillent leur passage sur la scène de Marsatac dans de bonnes conditions. Le parrain de La Frappe est le rappeur Faf Larage, un des pionniers du hip-hop marseillais.

Vous avez déjà livré quelques noms de l’édition 2023. Quand sera-t-elle complètement annoncée ?

L’édition 2023 se déroulera du 16 au 18 juin 2023, au Parc Borely. Nous avons déjà annoncé Ascendant vierge, Folamour, Gazo, Josman, Meryl et Tiakola, ou encore très récemment, Aya Nakamura. La suite de la programmation sera dévoilée dans quelques jours, pour donner les derniers noms fin février. Encore un peu de patience…

La venue d’Aya Nakamura est un événement pour le festival et Marseille. Vous la pistiez depuis un moment ? En quoi cette artiste colle-t-elle à l’image de Marsatac ?

C'est une artiste parmi les plus populaires aujourd'hui, avec une véritable visibilité à l'international. Depuis la sortie de Djadjaen 2018, ses hits ne cessent d’atteindre les centaines de millions d’écoutes sur les plateformes de streaming. Elle a d’ailleurs décroché la Victoire de la Musique de "l'album le plus streamé pour une artiste féminine" en 2022. On la pistait depuis longtemps, car elle représente pour nous l'impertinence telle que Marsatac aime à l'incarner. C'est une femme et une artiste complète. Un modèle de réussite pour la nouvelle génération ! De surcroît, elle vient de sortir un nouvel EP en décembre et un nouvel album est attendu avant cet été. Avec une artiste comme elle en tête d'affiche, le festival vise aussi à s'adresser à un large public, avec deux générations concernées.

Fera-t-elle d’autres dates cet été en France ?

C'est une grande fierté pour nous de l’avoir à notre programmation en 2023, d'autant qu’elle a fait le choix d'être présente sur un tout petit nombre de festivals seulement, dont les Vieilles Charrues et Lollapalooza. Sa présence sera rare cet été, donc d’autant plus précieuse sur notre mainstage le dimanche soir.

Marsatac est à l’initiative de l’application Safer. Quel bilan faites-vous de son utilisation ?

Nous avons imaginé cette application pour l’édition 2021. Il s’agit d’un dispositif visant à réduire le harcèlement sexiste et les violences sexuelles en milieux festifs. Notre public, ainsi que celui de quelques festivals volontaires, a tout de suite très bien répondu. En 2022, 76 événements l’ont utilisé en France, ce qui correspond à un millier de bénévoles sur le terrain.

Application Safer plage : « Ce n’est pas aux femmes d’avoir honte »

Comment fonctionne Safer ?

C’est une application à télécharger pour signaler un problème durant un concert, mais au-delà, c’est surtout une présence physique sur les festivals. Nous avons constaté, dès la première édition, que la fréquentation du stand Safer était importante. C’est un espace de dialogues et de rencontres indispensables pour lutter contre le double fléau du harcèlement et des violences sexuelles. A ce jour, l’application connait près de 26 800 téléchargements.

Quels sont les engagements associatifs de Marsatac ?

Depuis 2017, Les Petits frères des pauvres ont un stand chez nous. Cela leur permet de recruter de nouveaux bénévoles de façon conviviale. D’ailleurs, pour rester dans une ambiance festive et ludique, au-delà de leur stand conventionnel, nous leur avons attribué l’an dernier un jeu sur notre espace "récréation".

En quoi consiste cet espace "récréation" ?

C’est une aire de jeux, où l’on s’amuse entre deux concerts. En ouvrant plus tôt depuis que nous sommes au parc Borely (14 h au lieu de 18 h), nous avons voulu proposer aux festivaliers des moments ludiques avec des versions géantes du jeu d’échecs ou de Puissance 4. Les Petits frères des pauvres tenaient le stand du Chamboule tout. Ce qui permet de parler de leur mission de façon moins officielle que derrière leur stand.

Le nouveau lieu du Parc Borely est donc pérenne ?

Oui et nous en sommes vraiment fiers. Nous sommes désormais dans le plus beau parc de Marseille. C’est aussi pour ça que nous avons modifier nos horaires d’ouverture. Ce cadre prestigieux est valorisant pour nos artistes, comme pour le public. La scénographie y est bien plus aboutie que sur l’ancien site, plus minéral, du Parc Chanot.

Pour conclure, parlez-nous aussi de votre mission dans les collèges de Marseille…

Nous y sommes en effet très attachés. Nous intervenons dans les classes de 4e et de 3e, lors des cours d’éducation culturelle. Nous permettons aux élèves de composer des morceaux, tout en leur faisant découvrir notre métier et le secteur de l’événementiel. L’an dernier, Marsatac a d’ailleurs présenté au public deux morceaux composés par les élèves du collège Henri Barnier, dans le 16e arrondissement. Nous favorisons ainsi la découverte de la filière, pour donner envie à ces jeunes, pourquoi pas, de devenir les professionnels ou les artistes de demain !

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