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Fabrice Greffet : "Le travail temporaire peut être une force motrice pour la relance"

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Fabrice Greffet : "Le travail temporaire peut être une force motrice pour la relance"
D.R. - Pour Fabrice Greffet, "le travail temporaire est en mesure de se réinventer, de s'adapter et de proposer davantage d'innovation sociale."

Fabrice Greffet, président de l'organisation professionnelle Prism'emploi Provence-Alpes-Côte d'Azur-Corse, fait le bilan 2020 du marché de l'intérim. Face à un recul tant au niveau national que dans la région, la branche se réinvente et fixe un cap pour 2021.

Les Nouvelles Publications : Comment s'est comporté le travail temporaire en 2020 ?
Fabrice Greffet :
Le travail temporaire n'a pas été épargné. Au printemps dernier, les sociétés d'intérim ont perdu, en 48 heures, entre 80 % et 100 % de leur planning. Ça a été d'une violence extrême. Heureusement le confinement suivant a eu un impact beaucoup moins prononcé, de l'ordre de 15 %.
En un an, le travail temporaire a reculé de 23,6 % au niveau national, correspondant à la disparition de près de 185 000 emplois intérimaires en équivalent temps plein, et rétrogradant le niveau du travail temporaire à celui de 2015. Toutes les régions affichent une baisse marquée, comprise entre - 28,9 % (Grand-Est) et - 19,2 % (Bretagne). La région Paca est en dessous du niveau national, avec une destruction des emplois qui atteint tout de même 22,7 %.
Certains secteurs économiques ont été plus touchés que d'autres, c'est le cas notamment des services et du BTP, très présents en Paca, du commerce et de l'industrie qui est moins représentée ici. A l'inverse, le secteur transport-logistique s'est distingué par un repli plus limité. Il faut dire que le commerce électronique et les plateformes logistiques, dans le contexte de crise sanitaire, ont maintenu, voire développé, leur activité au cours du deuxième trimestre. A noter que le BTP repart ici plus rapidement, du fait notamment des meilleures conditions climatiques.
Le bilan 2020 est évidemment négatif. Mais le travail temporaire peut-être une force motrice pour la relance que nous appelons de tous nos vœux.

Quels atouts pouvez-vous mettre en avant pour attirer davantage les travailleurs et entreprises ?
La branche s'est mobilisée pour guider, orienter et sécuriser les parcours de ses salariés, tant permanents qu'intérimaires. Nous avons créé des groupes de travail notamment pour financer des formations permettant à nos salariés de rebondir, de monter en compétence. Nous avons également mené une analyse fine des emplois locaux pour mettre en relation employeurs et salariés et pour anticiper davantage les besoins futurs des entreprises en termes de main d'œuvre. Aujourd'hui encore, nous sommes face à des personnes sans travail mais aussi des entreprises qui ne parviennent pas à recruter. Il est temps de rendre plus performante la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences. Le travail temporaire est en mesure de se réinventer, de s'adapter et de proposer davantage d'innovation sociale. C'est notre ligne de conduite pour 2021.
Enfin, force est de constater que le travail temporaire n'est pas toujours bien considéré, à tort. Il s'agit d'une branche dans laquelle la législation est très présente. Et il est important de rappeler que nous disposons d'un CDI intérimaire qui réunit les caractéristiques du contrat à durée indéterminée et du contrat intérimaire. Ce CDII a bien traversé la crise sanitaire grâce, notamment, à l'activité partielle.

Quelles mesures d'urgence attendez-vous aujourd'hui de l'Etat ?
La branche de l'intérim demande aux pouvoirs publics d'assouplir le cadre juridique du travail temporaire pour répondre au besoin de flexibilité des entreprises. Nous demandons ainsi la suppression du délai de carence et la création d'un cas de recours exceptionnel « Reprise d'activité Covid-19 », attaché à la personne, qui vise à faciliter le retour à l'emploi des publics les plus vulnérables, tels que les personnes en difficultés d'insertion mises à disposition par des entreprises de travail temporaire d'insertion, les jeunes de moins de 30 ans et les seniors de 50 ans et plus.
Il serait également nécessaire de diminuer le coût du travail intérimaire pour favoriser une concurrence loyale : écarter le bonus/malus sur les cotisations assurance-chômage, prévoir des taux de cotisations spécifiques pour favoriser l'accès ou le retour à l'emploi des personnes les plus fragilisées par la crise (travailleurs handicapés, jeunes, seniors, demandeurs d'emploi de longue durée, etc.).




Caroline Dupuy
Journaliste

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