AccueilEconomieFabien Amico, cofondateur des Filles et les garçons de la tech : « L’engagement répond à la quête de sens »

Fabien Amico, cofondateur des Filles et les garçons de la tech : « L’engagement répond à la quête de sens »

Née en 2020, la start-up aixoise a intégré dès sa création l’opportunité pour ses consultants de travailler quatre jours payés cinq. Leur 5e jour est consacré à de la formation, de l’engagement associatif ou à du repos.
Avec Les Filles et garçons de la tech, tout s’est organisé dès l’origine, notamment travailler quatre jours payés cinq. Cet effort implique potentiellement de se priver de 20 % de chiffre d’affaires.
J.-C. Barla - Avec Les Filles et garçons de la tech, tout s’est organisé dès l’origine, notamment travailler quatre jours payés cinq. Cet effort implique potentiellement de se priver de 20 % de chiffre d’affaires.

Economie Publié le , Propos recueillis par Jean-Christophe BARLA

Les Nouvelles Publications : Pourquoi ce nom "Les Filles et les garçons de la tech" pour une société de conseil en technologies cloud ?

Fabien Amico : Nous étions des filles et des garçons lorsque nous réfléchissions à un nom et ça s’est imposé pour refléter le collectif que nous voulions devenir ! A l’époque, nous étions six à avoir envie de travailler ensemble dans un mode d’organisation différent. Nous sommes 32 aujourd’hui et voulons doubler d’ici fin 2023 le nombre de collaborateurs, pour atteindre les 100 en 2025.

Qu’entendez-vous par "mode d’organisation différent", vous qui avez connu avec Treeptik l’expérience de la start-up qui croît très vite et du groupe qui la rachète ?

Née en 2011, Treeptik a en effet été acquise en 2017 par Linkbynet. Avec Arnaud Lambert, co-fondateur à mes côtés, nous avons mûri un autre projet en pensant au monde d’après Covid : faire en sorte que notre métier génère des richesses pour l’entreprise et ses clients, mais aussi pour la société, en donnant du sens à l’engagement collectif ! Treeptik n’était pas structurée pour. Dans un groupe, c’est encore plus difficile. Avec Les Filles et garçons de la tech, tout s’est organisé dès l’origine, notamment travailler quatre jours payés cinq. Cet effort implique potentiellement de se priver de 20 % de chiffre d’affaires. Mais nous sommes convaincus qu’il peut démultiplier notre impact.

En quoi recèle-t-il une meilleure qualité de vie au travail ?

Nous promettons à nos collaborateurs qu’avec nous, ils vont grandir professionnellement et humainement. Le 5e jour, ils peuvent se reposer, se former ou s’engager dans une action associative de leur choix, individuellement ou collectivement. En moyenne sur l’année, ils bénéficient de 12 jours supplémentaires de congé, 17 jours de formation et 10 jours de bénévolat associatif *. Nous l’expliquons à nos clients. Le lien est évident entre les missions que nous remplissons pour eux et l’engagement que nous encourageons. L’implication nourrit le projet commun et la bienveillance du cadre général de travail.

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Comment éviter que l’encouragement à s’engager soit perçu comme une obligation ?

Nous avons décroché le label international B Corp pour valider notre démarche d’entreprise à mission. Nous sommes la première Entreprise de services numériques (ESN) à y parvenir. Nous faisons en sorte que notre modèle soit un ancrage pour nos collaborateurs, qu’il participe à leur fidélisation, qu’il transpire dans le collectif. L’organisation d’actions amène chacun à s’investir en douceur. La démarche doit rester sincère et volontaire. Sur la formation, chacun peut passer des certifications réclamées dans nos métiers ou par les clients, au rythme qui lui convient, pour renforcer son expertise. Tous les deux mois, les consultants sont conviés à un point RH, afin de mesurer qu’ils ne vivent pas cette possibilité comme un poids, mais comme un facteur d’évolution.

Quelle recommandation donneriez-vous à une entreprise qui voudrait s’inscrire dans vos traces ?

S’engager sur la certification B Corp permet de disposer, grâce au questionnaire et à la méthodologie, d’un cadre de réflexion rigoureux pour agir. La communauté des entreprises à mission constitue aussi un appui utile pour partager des expériences avec d’autres et aller plus loin que l’affirmation de sa raison d’être.

En quoi cette détermination influence-t-elle le rôle du dirigeant ?

Il lui faut, dès l’entretien de recrutement, expliquer en toute honnêteté les choix d’organisation. Puis faire confiance, accepter les erreurs, montrer de l’indulgence pour laisser à chacun le temps de trouver ses marques dans le modèle. Enfin, il doit accepter parfois de s’exposer un peu plus dans les difficultés pour aider à faire comprendre qu’il n’est pas un surhomme, mais un être humain comme ses salariés !

* En 2021, plus de 150 heures de bénévolat ont été apportées à Face, Club des XV, Clean my calanques, Planète sciences Occitanie, Restos du cœur, Rejoué, Fondation des femmes, Latitudes, Solinum, Réseau Entreprendre...

Conseil du chef : « Nous faisons en sorte que notre modèle soit un ancrage pour nos collaborateurs, qu’il participe à leur fidélisation, qu’il transpire dans le collectif. L’organisation d’actions collectives amène chacun à s’investir en douceur. »
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