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Esso adapte ses investissements au contexte pandémique

La raffinerie Esso de Fos-sur-Mer doit connaître en 2023 un grand arrêt qui dessinera son futur. Mais en attendant, le volume d'investissements se limite au strict nécessaire.
Esso adapte ses investissements au contexte pandémique
J.-C. Barla - Pour Antoine du Guerny, PDG d'Esso SAF, le rythme d'investissement ne peut reprendre sans retour préalable à une rentabilité satisfaisante.

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Antoine du Guerny, président-directeur général d'Esso SAF, l'a affirmé en traçant le bilan et les perspectives du groupe, le 25 mars : « L'industrie du raffinage fera partie de la solution de la neutralité carbone ». Il évoque la baisse de l'intensité « carbone » des procédés dans les unités, les efforts de performance énergétique, les enjeux de captation et de stockage du CO2, l'évolution vers des biocarburants avancés… La raffinerie de Fos-sur-Mer assurera sa part, mais l'ampleur du volume d'investissements reste conditionnée au retour à une situation économique internationale plus apaisée.

En 2020, 12 millions d'euros ont été investis sur le site. En janvier 2021, l'unité a subi un arrêt intermédiaire de maintenance, notamment sur le craqueur catalytique et la tour de distillation, qui a mobilisé 300 intervenants extérieurs. « Elle a redémarré en avance sur le planning initial avec des résultats très satisfaisants. Ces travaux ont permis de récupérer quelques MW/h d'efficacité énergétique » assure-t-il.

Le budget « investissement » de 2021 pour Fos s'élève à 3 millions d'euros. L'an dernier, l'usine a affiché un taux d'utilisation de 76% contre 84,2% en 2019. Elle a traité 5,3 millions de tonnes de brut, soit 500 000 tonnes de moins que l'année précédente et s'est efforcée de s'adapter à une demande impactée par la crise sanitaire, le marché des produits pétroliers ayant chuté en France de plus de 15% selon le Comité professionnel du pétrole. La raffinerie a néanmoins entamé fin 2020 la fourniture à Fos de fioul marin à 0,5% de teneur en soufre sur le Grand Port Maritime. Le dirigeant l'avait promise en mars 2019 à Marseille. « Nous avons développé une offre complète, nos objectifs de vente ont été atteints, mais l'activité de soutage reste très concurrentielle » indique-t-il.

Report de projets

Antoine du Guerny a refusé d'entrer dans les détails de la manière dont le groupe allait conforter la compétitivité de son outil industriel. Trop d'incertitudes demeurent à ses yeux, même s'il espère reprendre un rythme de croissance en 2022. « Nous avons reporté des projets d'investissements, à Fos comme à Gravenchon » admet-il, la raffinerie normande devant, elle, bénéficier de 19 millions d'euros de travaux en 2021.

Le groupe doit en effet faire face à des résultats lourdement impactés par la pandémie et l'effondrement des marges brutes de raffinage (11 euros par tonne en moyenne en 2020 contre 28 euros en 2019). Le chiffre d'affaires (10,4 milliards d'euros) baisse de 29,8%, les ventes de produits raffinés de 10,5%, le résultat opérationnel ajusté (hors effets de stocks) s'affiche à - 221 millions d'euros. Quant aux réductions d'effectifs qui devraient concerner 200 personnes sur le groupe, leurs modalités n'ont pas été dévoilées. « Les consultations s'achèveront le 8 avril. Le coût de la réorganisation est provisionné. Nous supprimerons des postes en espérant avoir le moins de départs contraints possibles, mais nous prévoyons également de créer 20 postes nets ».

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