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Direccte Paca : le grand oral du directeur régional

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Direccte Paca : le grand oral du directeur régional
D.R. - Laurent Neyer, directeur régional de la Direccte, s'est prêté au jeu des questions écrites-réponses orales, via un Facebook Live avec les adhérents de l'UPE 13.

Laurent Neyer, le nouveau directeur régional de la Direccte Paca, a répondu mardi 14 avril aux questions des adhérents de l'UPE 13 via un Facebook Live. Des interrogations qui se sont focalisées sur la mise en place du chômage partiel.

Au 10 avril, 80 000 demandes de chômage partiel, représentant à peu près 600 000 salariés, avaient été enregistrées en Provence-Alpes-Côte d'Azur par la Direccte (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi). Trente mille de ces demandes concernaient le seul département des Bouches-du-Rhône, couvrant environ 250 000 salariés. Alors forcément, le Facebook Live organisé par l'UPE 13 avec Laurent Neyer, le nouveau directeur régional de la Direccte Paca, ce mardi 14 avril à 17 h, était « très attendu », comme l'a souligné le président de l'organisation patronale Philippe Korcia. Un grand oral durant lequel Laurent Neyer, qui a connu un baptême du feu des plus mouvementés puisqu'il a pris ses nouvelles fonctions le 28 mars dernier, en plein confinement, s'est livré en toute transparence.

S'il a passé en revue l'ensemble des dispositifs mis en place, « de l'ordre de 100 Md€ », a-t-il souligné, afin d'aider les entreprises à passer ce cap, il s'est longuement attardé sur l'extension de l'activité partielle. Une problématique qui a focalisé les questions écrites adressées par les adhérents de l'UPE 13.

« Le choix politique a été fait de garder les salariés, les ressources, la valeur au sein des entreprises pour que, dès la situation de crise passée, ces dernières puissent redémarrer le plus rapidement possible et rentrer dans le jeu concurrentiel mondial sans avoir à reconstruire leurs compétences. C'est un pari qui a été pris sur un retour d'expériences qu'avaient fait d'autres pays lors de la crise de 2008 », a d'emblée précisé Laurent Neyer.

Une « bienveillance a priori »

Le cadre politique posé, le directeur régional de la Direccte a détaillé « l'arbre des causes », c'est-à-dire « la manière dont l'administration va juger de la réalité de l'activité partielle ». Premier cas, l'activité de l'entreprise a été interdite (hôtels, cafés, restaurants, lieux culturels ou encore événements). Les salariés sont alors éligibles au chômage partiel. Deuxième cas de figure, l'entreprise « n'a plus de marché », comme nombre d'opérateurs touristiques, ou elle fait face à des problèmes d'approvisionnement : là encore, elle a droit au chômage partiel. Reste enfin le cas des entreprises pas directement impactées par la crise mais qui ont dû faire face à de l'absentéisme, mettre en place de nouveaux process, des gestes barrière et le télétravail : « principe de réalité », elles n'ont pas pu avoir une activité normale. Dès lors, elles peuvent elles aussi bénéficier du chômage partiel.

Des dispositions qui se déclinent dans le cadre d'« une société de confiance ». « On est passé d'un contrôle a priori à une bienveillance a priori et un contrôle a posteriori », insiste Laurent Neyer. Ainsi, l'intransigeance de la Direccte se focalisera sur le travail dissimulé c'est-à-dire « les salariés en chômage partiel qui continuent à télétravailler ».


Lire aussi : Chômage partiel : les entreprises rencontrent des difficultés pour s'inscrire


Un changement de paradigme qui s'accompagne d'une réduction de l'espace-temps, en passant de « l'artisanat » à « la grande vitesse ». « Auparavant, la Direccte avait 15 jours pour gérer l'instruction de la demande d'indemnisation de chômage partiel. Le paiement se faisait dans un deuxième temps, et on avait 15 jours pour le faire. Là, le système informatique a été redimensionné en deux-trois jours pour qu'il soit capable de gérer 15 000 connexions simultanées et 400 000 utilisateurs par jour au plan national, mais ça n'a pas suffi », reconnaît le directeur régional. D'où le choix d'opter pour « une automaticité des procédures ». « Désormais, dans les 48 h, le système valide la demande automatiquement et dans les 72 h, elle est envoyée à l'Agence de services et de paiement (ASP). Ainsi, le paiement arrive sous 10 jours au lieu de 30 », résume Laurent Neyer.

Rappelons que les chefs d'entreprise ont 30 jours pour déposer leur demande, avec effet rétroactif, sur le site de la Direccte.

Une mobilisation tous azimuts

Durant cette crise sanitaire, la mission de la Direccte est de veiller à « assurer la continuité économique » du pays, c'est-à-dire comme l'a rappelé Laurent Neyer, son directeur régional, de contribuer à « mettre en place une organisation pour maintenir une activité là où c'était possible ». Dans ce cadre, elle a travaillé avec les différents secteurs d'activité afin d'« élaborer des fiches métiers » pour déterminer « comment je fais pour continuer à produire tout en préservant la santé de mes salariés ? ». « Ces guides vont devenir des référentiels », précise Laurent Neyer.

Portée en propre par la Direccte, l'Inspection du travail a également vu ses missions recentrées sur « la préservation de la santé des salariés ». Ses inspecteurs se sont ainsi fortement mobilisés pour « rabibocher le dialogue social » afin que syndicats et employeurs s'entendent sur la manière de procéder.

La Direccte a également mis en place une cellule de veille avec une adresse mail dédiée. « La CCI, la CMAR et la Région reprennent la main sur ce front office et derrière, nous apportons des expertises sur des questions plus complexes où on peut amener une plus-value », indique Laurent Neyer.




Serge Payrau
Journaliste

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