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Des micro-navettes pour ne plus se perdre au Nord

A l'initiative du réseau Cap au Nord entreprendre, des micro-navettes sont à la disposition des salariés depuis le 30 novembre au départ du métro Bougainville à Marseille. Une initiative collective pionnière qui s'attaque à la problématique des transports, identifiés comme le premier frein au développement des entreprises dans les quartiers Nord de la cité phocéenne.
Des micro-navettes pour ne plus se perdre au Nord
S. Payrau - Depuis le 30 novembre, deux navettes embarquent les salariés de la station de métro Bougainville à leur lieu de travail.

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Les quartiers Nord de Marseille : côté pile, 70.000 salariés employés dans 4.000 entreprises ; côté face, un talon d’Achille, les transports. « J’habite au rond-point du Prado (8e) car j’ai fait le choix de résider à proximité d’une bouche de métro. Une fois arrivé à Bougainville, il y a peu de bus, des bouchons, sans compter à Marseille, le phénomène des grèves où le bus est toujours impacté», témoigne FabriceAudibert, chargé de mission logistique au siège d’Haribo France situé sur le boulevard du Capitaine Gèze (14e). Sans compter l’absence totale de piste cyclable sur le périmètre. Alors tous les matins, c’est à pied que ce salarié parcourait le kilomètre séparant le terminal de la ligne 2 du métro de son lieu de travail. Un périple de « 20 minutes si on marche vite » qui, du coup, faisait monter son temps de trajet domicile-travail à « 50 minutes », voire plus.

Les transports sont ainsi identifiés comme le premier frein de développement économique des entreprises dans les quartiers Nord de la cité phocéenne. Un écueil auquel Cap au Nord entreprendre a décidé de s’attaquer. « En 2011, lors de l’élaboration de notre plan de déplacement inter-entreprises (PDIE), nous avions mis en évidence une problématique sur ce dernier kilomètre, rappelle François Ranise, président du réseau qui fédère 300 entreprises de ces quartiers des 13e, 14e, 15e et 16e arrondissements. Pour que ça s’améliore, on a décidé d’agir. » Et Alexandre Fassi, secrétaire général de Cap au Nord, de compléter : « Notre métier n’est pas de faire de la mobilité mais d’apporter des réponses aux besoins des entreprises. Et si elles n’existent pas, de les imaginer. »

Une solution qui ne coûte rien au salarié

Depuis le 30 novembre, le réseau a ainsi mis à la disposition des salariés du secteur deux micro-navettes, baptisées « Nord We Go », au départ de la station de métro Bougainville. Dotées de neuf places, elles s’élancent toutes les 10 minutes entre 7h et 9h30 du matin pour les amener sur leur lieu de travail. Le soir, les départs s’échelonnent entre 16h30 et 19h pour assurer le retour des salariés au terminus du métro. Pour l’heure, ces micro-navettes sillonnent « le sud du territoire nord » via la rue de Lyon, le boulevard des Aygalades et celui du Capitaine Gèze, ce qui permet de desservir des entreprises telles qu’Haribo France, Profil ou Santerne. « Nous avions besoin de montrer cette logique pionnière, de se dire "maintenant, on passe à l’action" », souligne Alexandre Fassi, cheville ouvrière du projet.

Dans cette optique, Cap au Nord entreprendre a pu s’appuyer sur six entreprises* qui ont accepté de jouer « le rôle d’éclaireurs ». C’est elles qui prennent en charge 75% du coût de l’opération**, les 25% restants étant mis sur la table par les collectivités locales, la Communauté urbaine Marseille Provence Métropole (MPM) et le Conseil régional Paca.

« Haribo a démarré une démarche de développement durable et nous avons souhaité simplifier la vie de nos salariés en s’associant à la démarche de Cap au Nord, explique Odile Vermeaud, directrice développement durable Haribo France, une de ces entreprises pionnières. Pour ces navettes, qu’on espère bientôt électriques, on veut avoir le plus d’adhérents possible, que ce soit pour eux une valeur ajoutée. »

Un programme appelé à monter en puissance

Tandis que le service avait séduit « une quinzaine de salariés » avant même sa mise en service, Cap au Nord entreprendre se dit « prêt pour la suite ». Une montée en puissance du programme « Nord We Go » est d’ores et déjà dans les tuyaux avec la mise en place de deux nouvelles navettes afin de répondre aux demandes spécifiques de l’îlot Allard (prévu pour janvier 2016) et Grand Littoral (d’HenriBarnier jusqu’à Saint-Henri, 1er semestre 2016).

Cette mise sur orbite s’effectuera en partenariat avec la start-up d’auto-partage Totem Mobiqui fournira quant à elle une solution de véhicules électriques Tweezy. Une trentaine de véhicules, localisés sur une vingtaine de sites, assureront ainsi « le transport des salariés durant les heures de travail ». « Alors que pour le centre ville, on loue à l’année des stations à MPM, en périphérie de Marseille, on travaille avec des entreprises qui abritent les stations électriques utilisable par les seuls salariés. Sachant que notre cible, ce sont les structures éloignées des transports en commun ou qui ont des besoins ponctuels », explique EmmanuelleChampaud, créatrice de Totem Mobi.

François Ranise précise enfin que des crèches sont « prêtes à jouer le jeu » et à fournir des places pour les salariés des entreprise adhérentes, « mais il n’y a pas encore d’inscrits là-dessus ».

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