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Des masques barrières sortent des chantiers navals de La Ciotat

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Des masques barrières sortent des chantiers navals de La Ciotat
La Ciotat Shipyards - Isabelle Dimech (ID Yachting) et Thomas Ratier (Tilcara) se sont serrés les coudes avec leurs équipes pour fabriquer jusqu'à 1000 masques par jour, espèrent-ils rapidement.

En passant du luxe à l'urgence vitale, les chantiers navals de La Ciotat ont eux aussi basculé dans l'activité prioritaire.

A l'initiative de La Ciotat Shipyards qui a répondu à l'appel du gouvernement lancé pour la fabrication de masques barrières alternatifs afin de lutter contre la propagation du coronavirus, deux entreprises implantées sur le site des chantiers navals de La Ciotat - aujourd'hui reconverti dans l'entretien des grands yachts -, ID Yachting (plus connu sous le nom de « l'atelier d'Isabelle ») et Tilcara, ont immédiatement adhéré et commencé depuis le 2 avril cette production pour le moins inhabituelle pour elles.

Entreprise familiale fondée par Isabelle Dimech, la première est en effet spécialisée dans les tissus de décoration d'intérieurs de luxe pour les grands yachts et présente sur le site depuis plus de 12 ans. Quant à Tilcara, sa voisine, dirigée par Thomas Ratier, c'est une entreprise spécialisée dans la sellerie extérieure et intérieure des yachts.

Répondre aux besoins

« On ne pouvait pas rester les bras croisés à ne rien faire. Ce n'est pas du luxe, mais vraiment une nécessité vitale pour tous, explique avec conviction Isabelle Dimech qui dirige l'atelier éponyme. Et il y a urgence », rappelle aussitôt cette cheffe d'entreprise de 53 ans à propos de la fabrication des masques barrières dans laquelle son entreprise s'est donc lancée dès la semaine dernière.

« Nous avions encore beaucoup de travail et des commandes à honorer, mais nous nous étions cependant arrêtés de travailler la semaine dernière, poursuit-elle. Nous avons repris pour ne plus nous consacrer toute cette semaine qu'à cette seule production de masques si cruciale pour les pompiers, les policiers, ceux qui travaillent dans les Epad [Etablissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes, ndlr], auprès des personnes fragiles, tous les professionnels et les services publics qui en ont besoin, La Ciotat Shipyards se chargeant de la logistique et de les distribuer. »

Une chaîne de solidarité

Son atelier opère pour cela avec l'entreprise voisine, Tilcara, depuis huit ans sur le site des chantiers. « Avec Thomas [son dirigeant, ndlr], nous nous sommes partagés la tâche. Lui et son équipe de quatre personnes également, se chargent de la découpe et nous, du montage, précise-t-elle encore. Si ce n'est pas compliqué à fabriquer, en réalité tournés vers le sur-mesure, nous n'avons pas l'habitude d'un tel travail en série, à la chaîne, et nous avons dû rapidement nous adapter. Payés par l'entreprise aux horaires habituels, mes trois collaboratrices et mon collaborateur ont tout de suite été volontaires et dans nos locaux de 300 m2, nous nous sommes organisés pour avoir une distance de 50 mètres entre nous. Un de nos fournisseurs nous a offert du tissu et la Ciotat Shipyards prend en charge certaines de nos dépenses matérielles. En pratique, nous utilisons un tissu polymère au-delà des normes du référentiel Afnor et les masques sont ensuite stérilisés et mis sous vide par une autre entreprise ciotadenne », détaille aussi Isabelle Dimech.

S'ils ne sont pas homologués pour un usage médical, les masques qui sortent de son atelier et de celui voisin de Tilcara - au rythme de 500 et jusqu'à 1000 par jour très rapidement, espère-elle en ne baissant pas les bras et ne ménageant pas sa fatigue -, dépassent les spécifications de l'Afnor et offrent un bon niveau de protection. Ce qui n'exonère absolument pas son utilisateur des gestes barrières et des mesures de distanciation sociale, tient à souligner La Ciotat Shipyards qui en assure la distribution gratuitement à celles et ceux qui en ont besoin.

« Aujourd'hui, nous devons tous en porter, à commencer pour faire nos courses, exhorte la fondatrice de l'atelier d'Isabelle qui salue également et encourage les initiatives et tutoriels pour en fabriquer soi-même. Pour se protéger et protéger les autres ! » ​




J. Philippe PIERRAT
Journaliste

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