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De Toujours, dressing vintage mais pas que…

Le pure player Detoujours.com réunit sur son site plus d'une centaine de vêtements « d'origine », chinés aux quatre coins du monde par sa fondatrice, la Marseillaise Isabelle Crampes. Rencontre avec une fille passionnée… et passionnante !
De Toujours, dressing vintage mais pas que…

Economie Publié le ,

La quarantaine pimpante, Isabelle Crampes a déjà eu plusieurs vies avant de créer, il y a un peu plus de deux ans, le site marchand De Toujours. Co-créatrice du festival Marsactac, mais aussi oiseau de nuit via son double Madame Récamier, une DJette old school, communicante via son ancienne agence Nostre, Isabelle Crampes a eu plusieurs parcours. Mais pour être tout à fait complet, remontons à l’origine, celle qui l’a emmenée sur les bancs de Sup de Co Nice.

Un parcours pluriel

Prepa HEC* Marseille, Sup de Co Nice, Skema Business School Lille, Isabelle Crampes a suivi la voie royale pour faire ses premiers pas professionnels dans les salles de marché.

« Je voulais me prouver que j’avais ma place dans un monde d’hommes. Je suis restée six mois chez Forex finance, à Paris, une salle des marchés qui gérait entre autres Canal plus ou La Française des jeux. Tout se passait bien, mais je ne m’y suis pas épanouie. En fait, je ne me réalise pas en me félicitant de mes bonnes prévisions à la baisse. C’est contre ma philosophie en fait, que de se réjouir qu’une action dévisse. Je me suis aperçue que le système ne me convenait pas du tout et que tout allait contre ce que j’étais. »

Sans doute un peu naïve, certainement pas mal rêveuse et fantasque, Isabelle Crampes redescend donc à Marseille et se pose dans le groupe Accor, où elle trouve facilement un poste au service commercial. Nous sommes à la fin des années 1990. En marge, Isabelle monte avec des amis le festival de musiques électroniques Marsatac. Elle le codirigera pendant cinq ans, « avant d’en être écartée», nous dit-elle toujours un peu amer. Qu’à cela ne tienne, celle qui reste avant toute chose une passionnée de musique, tendance urbaine, rebondit et crée le collectif noctambule Parties fines, avec le DJ Monsieur Clouzeau. Ensemble, ils encanaillent les soirées B to B du Syndicat des architectes de Marseille, de la BNP ou de Sessùn. « Ce mélange de cols blancs et de créatifs, c’est ce qui a fait le succès de nos soirées. »

De cette idée de réunir les genres et de créer un nouveau monde, Isabelle Crampes a monté son agence événementielle Nostre. Elle fait alors les beaux jours des soirées branchées de nos acteurs économiques, à l’image de l’Union patronale du Var, entre autres clients inattendus. « Avec le collectif Soirées Loisirs, j’organisait aussi des soirées où se croisaient cadres et artistes. J’aime définitivement ce mélange. Je suis à l’aise dans ces deux mondes, sans doute grâce à mon parcours professionnel et à mes goûts personnels, où la musique occupe une place essentielle. » Puis un jour, le monde de l’événementiel se transforme, les attentes ne sont plus les mêmes, la concurrence non plus et Isabelle se lasse. Il est temps alors de monter un autre projet…

Remonter aux racines

Isabelle Crampes est fière de nous apprendre qu’elle connaît l’histoire de sa famille sur 300 ans. « Je suis très attachée à l’histoire des gens, des choses. Quand j’ai dû imaginer un autre projet, finalement, le concept de De Toujours s’est vite imposé à moi. » Retrouver les pièces originelles de chaque vêtement devenait alors un jeu de piste des plus excitants : kilt, veste de gardian, combinaison de mécano, espadrilles catalanes (ses origines), K-way (modèle Claude et Léon, en date des années 70/80), « vrai » Marcel à résille, blouson Harrington… Isabelle Crampes met un point d’honneur à retrouver les fabricants d’origine, à convaincre celles et ceux qui sont déjà saturés de travail de lui faire une place dans leur carnet de commandes, bref se montre convaincante et réussit à référencer des dizaines de pièces, rares pour la plupart.

« En ce moment, nous travaillons sur la version anglaise du site, mais mon but, c’est de tripler le nombre de mes références. J’ai encore tellement d’idées de vêtements à référencer ! »

La création de ce site a nécessité 60 000 €, investis en fonds propres. Mais pour accélérer le développement, elle songe à faire appel à des business angels. « L’aspect marketing de ce projet est essentiel pour le développement de notre chiffre d’affaires. Même si nous sommes à l’équilibre, il nous faut augmenter notre visibilité et pour cela, nous manquons de moyens aujourd’hui. » Tous les bénéfices sont réinvestis. La version 4 du site est en cours, les shooting photos professionnels occupent eux aussi un budget. « Il me manque de l’argent pour aller aux quatre coins du monde et prospecter de nouveaux fabricants de vêtements originaux. »

Isabelle Crampes ne manque donc pas d’idées pour développer et faire fructifier son business. Souhaitons-lui alors de croiser sur sa route des investisseurs à son image, sérieux, mais un brin rock’n roll, car après tout, il faut quand même être un peu décalée pour se mettre en quête du K-way de son enfance, des véritables sabots en bois français, ou encore du mythique jean 501 de Levi’s.

* Ecole des Hautes études commerciales.

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