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De bons signaux dans un monde d'incertitudes

Alors que les températures sont en baisse, il semblerait que l'économie reparte à la hausse ! C'est en tout cas ce qu'on pourrait retenir de la présentation, par la Banque de France, du contexte économique général et de la conjoncture tant au niveau national qu'en région Paca, lors d'une rencontre qui s'est tenue sur le Pôle d'activités d'Aix-en-Provence.
De bons signaux dans un monde d'incertitudes

Economie Publié le ,

Ce sont donc des propos qui se voulaient rassurants que Jean-JacquesCambounet et Bernard Benitez, respectivement directeur régional et secrétaire régional de la Banque de France, ont adressé lors de la rencontre organisée par la Cefim, à la Banque de France et l’association du Pôle d’activités d’Aix-en-Provence (PAAP). « Je vais essayer de vous montrer qu’il y a des choses qui vont beaucoup mieux. Quand on regarde le contexte au niveau global, on s’aperçoit qu’il y a des signes de reprise, mais dans un monde d’incertitudes », a commencé Jean-JacquesCambounet. Reprenant le dicton « Quand le bâtiment va mieux, tout va mieux », il constate clairement que 2016 est une année d’embellie qui fait suite à plusieurs années extrêmement difficiles. Si cette embellie concerne le secteur du bâtiment, les autres domaines d’activités vont mieux, notamment en Paca.

Des incertitudes dans un contexte complexe

Le contexte international politico-économique est complexe et incertain, voire très incertain. Notamment en raison de la série d’élections qui s’annoncent prochainement. A commencer par celles des Etats-Unis qui vont forcément bouleverser tous les marchés. « On est dans un monde de scandales, où la corruption semble régner. Un monde de conflits armés, un Brexit, etc. Bref, un monde déliquescent avec des éléments qui donnent l’impression de ne pas savoir vers quoi on va. Ce qui n’aide pas à lever les incertitudes », constate Jean-Jacques Cambounet.

Pour autant, et malgré ce contexte, l’Europe ne tire pas si mal son épingle du jeu. Même s’il aura fallu attendre quelques années pour atteindre à nouveau le niveau du PIB* de 2008, la situation économique de la zone euro s’améliore, cela en lien avec une politique monétaire accommodante. On pourrait même connaître une croissance dans les deux à trois ans à venir.

Et en Paca ?

Après trois années de recul et un rebond observé pour le 2e semestre 2015, le secteur de la construction (plus de 13 % des emplois en Paca) est en progression de 1,3 %. C’est la partie bâtiment qui profite le plus de ce redressement avec une hausse de 2,5 %. Après deux années difficiles (avec une chute qui avoisine les 15 % sur cette période) dues à la baisse des commandes publiques, l’amélioration n’est que technique (reports de chantiers), mais certaine. Les carnets de commandes semblent bien garnis. Bernard Benitez est plutôt optimiste pour 2017 :

« A la faveur d’une demande publique et privée mieux orientée, les dépenses d’investissement seraient en hausse de 4,4 % et l’emploi se stabiliserait ».

Du côté de l’industrie (10 % des emplois en Paca), le chiffre d’affaires hors taxes est en hausse de 2,9 %. Une progression favorisée aussi bien par la demande intérieure que par les exportations (+ 3,5 %), en zone euro principalement et, dans une moyenne mesure, vers les Etats-Unis. Les dépenses d’investissement (+ 0,4 %) devraient augmenter encore cette année, notamment en raison de la mise aux normes des installations et de l’accroissement des capacités de production. L’emploi devrait connaître la même courbe alors que, depuis une dizaine d’années, on assistait plutôt à une érosion.

Quant aux services marchands, qui représentent quasiment un emploi sur deux en Paca, la région reste au-dessus des moyennes nationales en 2015 et en 2016. Tous les grands domaines d’activités des services semblent portés par une dynamique bien affirmée. Le point bas de l’activité avait été atteint en 2013 et 2014 avec des évolutions de 0,9 %, alors qu’on est aujourd’hui sur une progression du chiffre d’affaires de 5,8 %.

Les dépenses d’investissement, dopées en 2015 (+ 11 %) par des opportunités fiscales, sont pour leur part en baisse car « on ne renouvelle pas tous les ans des taux de croissance à ce niveau-là », précise Bernard Benitez, observant que ce repli est moindre que ce qui était prévu en début d’année. L’emploi reste quant à lui bien orienté pour la deuxième année consécutive et demeure dynamique.

Pour conclure

C’est en s’appuyant sur les propos de François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, que Jean-Jacques Cambounet a conclu : « En France, avec le même taux de croissance, on crée moins d’emplois qu’ailleurs. Ce qui n’est pas complètement surprenant car nous avons un des systèmes les plus rigides […] Avec un marché de l’emploi plus souple que le nôtre, on pourrait créer de l’emploi dès qu’on atteindrait 1,1 à 1,2 % de croissance. Je pense que ça mérite d’y réfléchir. »

Concernant l’éducation (scolaire), il est dubitatif sur la facilité, pour les chefs d’entreprise, de trouver a main-d’œuvre dont ils ont besoin pour accomplir les tâches. « Peut-être qu’à vouloir faire un type d’éducation, elle ne répond pas à des besoins économiques. »

* Produit intérieur brut.

1 – Jean-JacquesCambounet et Bernard Benitez, respectivement directeur régional et secrétaire régional de la Banque de France.

2 – L’assistance.
3 – Pendant la présentation.
4 – Frédéric Blanchard, président du Pôle d’activités d’Aix-en-Provence (PAAP), semble dubitatif.

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