AccueilEconomie« D’ici deux ans, nous voulons avoir 70 % de matières premières durables »

« D’ici deux ans, nous voulons avoir 70 % de matières premières durables »

Maxime Gransart, directeur général adjoint du groupe marseillais TechnicoFlor, nous parle RSE et développement durable. Poids lourd mondial de la parfumerie/cosmétique, le groupe qui fête ses 40 ans pèse aujourd’hui 55 M€.
« D’ici deux ans, nous voulons avoir 70 % de matières premières durables »
D.R. - Maxime Gransart est arrivé il y a deux ans chez TechnicoFlor au poste de directeur général adjoint.

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Nuxe, Cattier, Monsavon, Solinotes, Givenchy, ou encore Carrefour et Bourjois... une quarantaine de marques font appel au savoir-faire de TechnicoFlor. Créée en 1981 par François-Patrick Sabater, ce poids lourd de la parfumerie/cosmétique est présent dans 60 pays. Le groupe industriel vient d’inaugurer à Allauch un nouveau site de production de 5 000 m2, pour un investissement total de 12 M€. Une usine intelligente, la plus automatisée de France, et l’une des trois premières au niveau mondial. L’objectif ? Doubler sa production pour atteindre les 2 000 tonnes de parfum par an et diviser par deux son temps de process. Mais ce nouveau site a surtout été complètement éco-pensé. Il prévoit notamment la valorisation des déchets, la gestion des énergies, de l’eau… avec comme but ultime, de fournir à ses clients « des formules innovantes, respectueuses de la nature ».

Les Nouvelles Publications : Depuis quand menez-vous une politique d’achat responsable ?
Maxime Gransart : Depuis cinq ans environ. Mais avec le lancement l’an dernier le programme « Better tomorrow », nous allons encore plus loin dans notre démarche.

En quoi consiste « Better tomorrow » ?
Il s’agit d’un programme engagé d’éco-sourcing. D’ici deux ans, nous voulons avoir 70 % de matières premières durables. Pour le mettre en œuvre, nous avons lancé un grand questionnaire auprès de nos fournisseurs, découpé en plusieurs domaines comme les conditions de travail, la gestion de l’environnement ou encore l’utilisation de la chimie verte. Certains types de chaudière consomment, par exemple, deux fois moins de bois. Nous leur avons aussi demandé leurs actions concrètes en faveur de l’environnement. Bref, nous avons réalisé un véritable audit pour mieux connaître leur positionnement et leur avons attribué une note. Avec un 60/100, nous considérons qu’ils sont engagés dans la démarche.

Que faire alors avec ceux qui ne sont pas bien notés ?
Tout cela va mettre forcément plusieurs années à se mettre en place. Des fournisseurs européens sont évidemment mieux placés que d’autres. Le Moyen-Orient y vient de plus en plus. Et puis, il y a aussi la question de l’alternative de matière première. Une fois que l’on en a identifié une pas assez clean, il faut pouvoir la remplacer. Beaucoup de paramètres entrent en jeu.

Vous avez commencé à mettre en place vos propres plantations dans cette optique ?
TechnicoFlor dispose de sa propre filière équitable de patchouli en Indonésie et vient en aide aux communautés de la région de Bone, sur l’île de Sulawesi. Nous soutenons l’association Man&Nature, au Népal, qui travaille en faveur des agriculteurs d’un parc national ce qui nous permet d’avoir des huiles essentielles premium, tout en aidant les populations locales. Au Burkina Faso, nous soutenons la filière du karité. Nous participons aussi à des programmes de recherche éco-responsable, notamment sur la question des pesticides. Avoir nos propres plantations prend du temps mais s’impose à nous dans cette démarche globale de production plus respectueuse.

Est-ce que cette évolution a un coût sur la matière première ?
Pas toujours. Nos fournisseurs prennent de plus en plus conscience des enjeux environnementaux. Cette évolution reste inéluctable pour continuer à exister. Cela crée une nouvelle concurrence entre eux.

Une saine concurrence forcément…
Evidemment, tout cela va dans le bon sens. Avec « Better tomorrow » nous lançons un signal fort. Nos clients aussi commencent à nous demander si pour tel ingrédient, nous avons une alternative durable. L’attente est forte. C’est un cercle vertueux.

Ce qui au départ était un positionnement alternatif est devenu un outil marketing et sera demain sans doute la norme. 
Dans un monde idéal, ça devrait se passer ainsi, mais je vous rappelle que tous les pays ne sont pas sur les mêmes avancées écologiques et normatives.

Depuis une dizaine d’années, vous avez également une politique RSE (responsabilité sociétale des entreprises) affirmée. Souvent les groupes familiaux font de la RSE depuis le départ et la formalise ensuite. Est-ce le cas de votre groupe ?
J’ai toujours entendu Monsieur Sabater, le fondateur, parler de RSE à chaque réunion. Bien sûr qu’être un groupe familial joue forcément. Il travaille avec ses deux fils, son épouse, sa cousine, sa sœur. Certains de nos employés ont quarante ans de maison. C’est une notion induite, mais là aussi, la direction a voulu aller plus loin en créant cette année « RSE 2021 tous engagés ».

Quels sont les thèmes de ce programme interne ?
Nous avons monté six groupes de réflexion auxquels l’ensemble des salariés ont adhéré. Lutte contre le réchauffement climatique, préservation de la biodiversité, bien-être au travail, actions sur notre territoire, éthique, autant de thèmes sur lesquels nous travaillons tous ensemble. C’est important cette cohésion interne pour porter les valeurs de l’entreprise.

Reportage complet dans le numéro 10 176 des Nouvelles Publications à paraître le 1er octobre. Cliquez ici pour plus d'informations sur nos offres d'abonnement, à partir de 55 €/an. 
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