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Covid-19 : près de deux entrepreneurs sur trois craignent la faillite

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Covid-19 : près de deux entrepreneurs sur trois craignent la faillite
D.R. - Alain Gargani, président de la CPME Sud, souligne que « le retour à la vraie vie », le 11 mai, porte « son lot d'inquiétudes ».

Les résultats de l'enquête menée ces derniers jours par la CPME Sud auprès de 1 450 entrepreneurs de Provence-Alpes-Côte d'Azur sont particulièrement alarmants. L'organisation patronale appelle à de nouvelles mesures pour éviter un « tsunami économique ».

De l'aveu même d'Alain Gargani, président de la CPME Sud, « c'est un chiffre qui fait peur » : 61 % des entrepreneurs de la région craignent la faillite. C'est le verdict sans appel qui ressort d'une enquête menée ces derniers jours par le syndicat patronal auprès de 1 450 entrepreneurs de la région interrogés via un questionnaire en ligne. Autres chiffres qui agissent comme autant de coups de semonce : 93,5 % des entreprises enregistrent une perte de chiffre d'affaires, supérieure à 50 % pour 65 % d'entre elles, alors que près d'une société sur deux (46 %) subit des retards de paiement.

Dès lors, même si les responsables de la CPME saluent les efforts entrepris par les collectivités locales et la compréhension affichée par les services de l'Etat tels que la Direccte, l'Urssaf ou les impôts, c'est tiraillés par des sentiments contradictoires qu'ils s'avancent vers l'échéance du 11 mai, date du début du déconfinement. « C'est une délivrance, mais dans un deuxième temps, c'est le retour à la vraie vie avec son lot d'inquiétudes, résume Alain Gargani. Il y a tellement de contraintes à la reprise d'activité qu'il faut au minimum un jour et demi pour les mettre en œuvre. Alors il faut protéger les salariés, mais cela représente un investissement, un surcoût dans le prévisionnel qui s'est déjà effondré pour toutes les entreprises. »

Une box à prix coûtant

Pour accompagner les entrepreneurs dans cette nouvelle étape, la CPME Sud a lancé, en partenariat avec l'entreprise adaptée marseillaise Antilope, la box « Protégeons nos salariés » afin de permettre une reprise d'activité sécurisée. Elle ne renferme que des produits fabriqués dans l'Hexagone : trois masques lavables (norme Afnor) confectionnés à Romans (Drôme), 200 lingettes antiseptiques et un flacon de gel hydroalcoolique. Au total, la CPME Sud sera en mesure d'en livrer 10 000 pour le 11 mai, alors qu'il est toujours possible d'en commander pour des livraisons d'ici les 17 ou 25 mai.

Les entreprises peuvent directement les acquérir auprès de la CPME Sud à prix coûtant (20,50 € ou 16 € dans une version sans lingettes), dont 1,50 € sera reversé Phoceo, le Fonds de dotation des hôpitaux, dédié à la recherche et aux soignants pour le Covid-19. Certaines seront distribuées gratuitement grâce à l'apport financier de partenaires tels que le Gims, EDF, la Compagnie régionale des commissaires aux comptes (CRCC) d'Aix-Bastia ou le Conseil régional de l'ordre des experts-comptables Provence-Alpes-Côte d'Azur (Croec Paca).

Autre initiative : la CPME Sud souhaite généraliser à l'échelle régionale le recours aux Groupements de prévention agréés (GPA), déjà initié dans les Alpes-Maritimes. Inscrit dans le Code de commerce, un GPA est une association qui détecte les difficultés des entreprises, leur vulnérabilité afin de leur éviter l'écueil des enrôlements aux tribunaux de commerce. « Il s'agit d'un dispositif gratuit », précise Honoré Ghetti, président de la CPME 06.

La crainte des licenciements

La CPME Sud continue également d'assurer les remontées de terrain afin de témoigner des difficultés rencontrées par les entreprises et de relayer au plan national. A ce titre, elle dénonce des dysfonctionnements en matière d'obtention des Prêts garantie par l'Etat (PGE). « La trésorerie, c'est le nerf de la guerre. Plus de 4 Md€ de prêts ont été accordés en Paca et 90 % des bénéficiaires sont des TPE : l'apport d'oxygène est très important. Mais la première limite, c'est qu'il y a trop de refus », martèle Corinne Innesti, présidente de la CPME 13. Et pour celles qui parviennent à l'obtenir, elle estime que « le remboursement en cinq ans ne suffit pas : il faut aligner le différé de remboursement sur 24 mois ».

Denis Vogade, dirigeant de Lothantique à Pertuis (Vaucluse), figure parmi les « chanceux » : il a obtenu en 7 jours un PGE de 1,5 M€. Pour autant, cette bouée ne suffira pas à éviter l'avarie.

« J'ai fait une simulation d'une baisse de 30 % de chiffre d'affaires sur l'année, de 6 à 4 M€. Malgré les choses mises en place, on ne passera pas au travers de licenciements », tranche-t-il.

Et le patron vauclusien de plaider pour que ces PGE se transforment « en obligations, en capital » afin que les entreprises n'aient pas à les rembourser. Bertrand Flutet, dirigeant de l'entreprise gapençaise Axene spécialisée dans l'événementiel, a quant à lui essuyé deux refus auprès des banques. Un coup de massue alors que l'avenir est plus qu'incertain : « Les jours vont être sombres et je ne vois pas comment éviter les licenciements. »

Pour tenter d'éviter ce « tsunami économique », la CPME Sud s'associe aux démarches menées autour du « Plan Marshall Covid-19 ». Elle a ouvert trois axes de travail : « Le rôle du politique », « Comment accompagner le changement ? » et « Comment aider les entreprises ? ». Si « consommer local/produire local » est d'ores et déjà une piste privilégiée, une vingtaine de propositions concrètes devraient être présentées dans la première semaine du mois de juin.




Serge Payrau
Journaliste

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