AccueilEconomieCorinne Innesti : « Nous souhaitons valoriser l’agilité extrême des PME »

Corinne Innesti : « Nous souhaitons valoriser l’agilité extrême des PME »

Corinne Innesti, la présidente de la CPME 13, explique l’intérêt, pour les entrepreneurs des Bouches-du-Rhône, de participer à « Entrepreneur 13 », le rendez-vous des TPE-PME, le 13 décembre, à Marseille.
Corinne Innesti est la présidente de la CPME 13.
Robert Poulain - Corinne Innesti est la présidente de la CPME 13.

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Le 13 décembre, revient au Palais du Pharo à Marseille « Entrepreneur 13 ». Comment présentez-vous cette journée ?

Corinne Innesti :Entrepreneur 13 est devenu au fil du temps une très belle vitrine des TPE et PME de notre territoire, comme de leurs réseaux. C’est un événement 100 % PME et 100 % « made in 13 », qui rassemblera sur un même site, au Pharo, une centaine de représentants de réseaux business et services et d’exposants. Nous attendons 2 000 participants. Entrepreneur 13 est un salon ouvert à tous : que l’on soit entrepreneur, acteur du développement local, étudiant, chercheur d’emploi… Bref, un lieu de partage qui ouvre de nouvelles perspectives.

Qu’est-ce qu’Entrepreneur 13 dit de la CPME 13 ?

La raison d’être d’Entrepreneur 13 est de rassembler la communauté entrepreneuriale de notre territoire afin de démultiplier les synergies, de faire émerger les bonnes pratiques, de décoder l’avenir etaccélérer le business. A travers ce rendez-vous organisé par nos équipes, la CPME 13 se pose en rassembleurdans son double rôle d’organisation patronale et de méta-réseau. C’est-à-dire qu’elle rapproche leschefs d’entreprise, les fédérations professionnelles, les clubs et réseaux professionnels, les institutions et leurs élus… La CPME 13, comme Entrepreneur 13, multiplie les ponts entre les principaux acteurs de l’écosystème économiquedu territoire.

Entrepreneur 13 est aussi un moment d’échanges et de réflexion, qui arrive à un moment où le modèle entrepreneurial est bousculé par les crises, l’évolution de la société et du rapport au travail, les enjeux écologiques et sociaux. A quoi peut-il servir ?

Entrepreneur 13 questionne aussi le rôle de l’entreprise dans notre société.L’entreprise est aujourd’hui un acteur à part entière, au-delà de la production de richesse « brute ». Elle contribue au niveau social et environnemental. Comme nous le montrent les Trophées des entrepreneurs positifs, les dirigeants se saisissent de ces sujets et proposent de nouvelles façons de travailler. Je pense à leur rôle d’inclusion, d’intégration et de solidarité à l’instar de la société 13 A’tipik, atelier d’insertion agréé par l’Etat. Son objectif est de permettre à des personnes sans emploi, rencontrant des difficultés sociales et professionnelles, de bénéficier de contrats de travail. L’association propose de remobiliser, de dynamiser ces personnes engagées dans un parcours d’insertion professionnelle en mettant en œuvre des modalités spécifiques d’accueil et d’accompagnement.

Trophées CPME 13 : neuf entreprises récompensées pour leurs valeurs humanistes

Nous pouvons aussi parler bien-être et lien socialà travers l’exemple de la sociétéListen Léon, qui répand la positivité dans l’organisation en permettant aux employés d’envoyer des compliments positifs et anonymes. Sur la question de l’environnement, nous avons un bel exemple avec la société Agrosemens, maison semencière militante, familiale et indépendante, spécialisée dans les semences maraîchères certifiées 100 % biologiques, biodynamiques et bio cohérentes de haute qualité professionnelle. Le salon Entrepreneur 13 est la vitrine de ces évolutions, de ces succès, du rôle « augmenté » de l’entreprise dans notre société d’aujourd’hui et de demain.

Quel sera le fil rouge de l’édition 2022 ?

Le fil rouge de cette édition est « Transitions, énergie, inclusion… Créer pour [se] dépasser ». L’idée est de mettre en valeur la capacité des entreprises à s’adapter, voire se réinventer,pour répondre au contexte difficile de ces dernières années. Je pense à la covid, aux conflits géopolitiques, à la crise énergétique, la crise d’approvisionnement, les tensions dans le recrutement…

Bien sûr, ces crises successives compliquent la vie des chefs d’entreprise. Pour autant, ellesnous obligent à nous repenser, à nous adapter, à trouver d’autres manières de fonctionner, d’autres modèles de développement, de management et de faire « entreprise ensemble ».

Être entrepreneur en 2022, c’est plus que jamais être agile ?

Effectivement, et c’est cette agilité extrême des PME que nous souhaitons valoriser. Leur capacité à créer pour se dépasser, mais également dépasser un contexte. Nous sommes entrés dans une ère qui met en avant des notions de solidarité. Beaucoup de choses ont aussi changé dans nos organisations, avec notamment le développement du télétravail.

On a vu émerger de nouvelles attentes, la recherche de sens ainsi que de nouvelles formes d’entreprendre, à l’instar des entreprises à mission. Le dialogue social s’est par ailleurs affiné. Il peut désormais se décliner sur un mode individuel. Tous ces bouleversements, ces nouvelles formes de collaboration au sein de l’entreprise constitueront le fil rouge de ce salon.

Quelles seront les nouveautés d’Entrepreneur 13 ?

Nous allons proposer trois « carrés ». Il s’agit de lieux où nous mettons en valeur une thématique et un partenaire. Un carré des artisans, avec le soutien de la Chambre de métiers et de l’artisanat de région Provence-Alpes-Côte d’Azur (CMAR Paca), qui mettra en scène tout au long de la journée la passion et les savoir-faire de nos artisans, sous l’impulsion de Daniel Salenc, vice-président Artisanat de la CPME 13 et président de la délégation territoriale des Bouches-du-Rhône de la CMAR. Il sera ponctué à 18 h 30 par un défilé de modede créatrices marseillaises : Saouda Maalem et Gisèle Ohia.

Un carré transition écologique,soutenu par laRégion Provence-Alpes-Côte d’Azur, pour proposer d’autres formes de consommation, ou encore un accompagnement pour réduire sa consommation énergétique. Et un carré « Création » porté par Bpifrance,où retrouver les principaux acteurs de l’accompagnement à la création d’entreprise et des témoignages de créateurs ayant bénéficié du programme « Accélérateurs TPE » de Bpifrance.

Entrepreneur 13 est aussi une vitrine pour mettre en lumière les engagements de la CPME 13. Quels sont-ils en ce moment ?

Localement, nous nous engageons sur des actions liées à l’emploi et à la création d’entreprise. Tout d’abord, au sein de l’ACA (Accélérateur de compétences et d’autonomie), un dispositif complet qui agit positivement et globalement pour et avec les jeunes de 18 à 25 ans. Il a pour objectif de doper leur employabilité, d’accompagner leur intégration au sein d’une entreprise et de fluidifier le management intergénérationnel.

Côté manager ou chef d’entreprise, l’ACA permet de mieux comprendre cette nouvelle génération et de faciliter son management et, de fait, son intégration dans l’entreprise. Pour ce faire, nous les invitons à des « Lab Between », ateliers menés avec les jeunes, en intelligence collective, afin d’élaborer des solutions pour le bénéfice de tous les participants. 60 % des jeunes engagés dans l’ACA ont trouvé le chemin de l’emploi ou de l’apprentissage.

On peut aussi parler de Hope, un dispositif expérimental à destination des publics éloignés de l’emploidéveloppé avec Synergie Family. La CPME 13 est partenaire et propose à des chefs d’entreprise d’animer des ateliers « Simulations d’entretiens d’embauche », « CV et lettre de motivation » ou encore « Sensibilisation à l’importance du réseau ». Il faut aussi dire quelques mots sur « Compétences In & Off », un dispositif porté par la Maison de l’emploi de Marseille qui vise à remettre en situation d’emploi les publics dits « invisibles ».

Nous sommes également engagés dans « Capital Jeunes Créateurs ». Au sein des grands talents de Marseille, la CPME 13 forme, auxcôtés d’Aix-Marseille Université et de l’Accélérateur M, de jeunes Marseillais à la création d’entreprise. L’objectif est d’accompagner 300 jeunes vers la création ou l’emploi en un an.

Comment se portent les entreprises en ce moment ?

Les entreprises montrent des signes de fragilité au plan macro-économique. Selon une récente étude de la CPME nationale, 38 % des TPE-PME ont une trésorerie qui se dégrade, en raison notamment d’une hausse des retards ou des incidents de paiement. Les difficultés d’approvisionnement en matières premières, qui frappent plus de la moitié des entreprises, contribuent à dégrader la situation. L’inflation, qui touche la quasi-totalité des entreprises (90 %), entraîne pour la moitié d’entre elles une augmentation du prix de revient de plus de 10 %. Un tiers d’entre elles affirme ne pas être en capacité de reporter cette hausse sur leur prix de vente.

Pour autant, localement, les données montrent que nos TPE-PME résistent bien pour l’instant et ont su rebondir. Le tsunami longtemps prédit lors de la crise covid n’a pas eu lieu. Cela se voit au niveau de l’emploi. Les embauches restent dynamiques puisqu’elles progressent de plus de 5 % sur un an, majoritairement dans le tertiaire (94,3 % des déclarations préalables d’embauche). Dans le département, nos entreprises affichent un taux de croissance annuel moyen de 5,2 % sur les trois dernières années. Selon une étude de la CCI Aix-Marseille Provence, au 2e trimestre 2022, 34 % des chefs d’entreprise constataient une hausse de leur activité et 22 % d’entre eux un recul. Tant que l’activité et l’emploi restent dynamiques, je reste optimiste quant à la capacité de nos entreprises à faire front.

L’augmentation du coût de l’énergie pèse aussi sur la relance et la bonne santé des entreprises. Comment se positionne la CPME sur ce sujet ?

Le coût de l’énergie pèse effectivement lourdement sur les entreprises : au niveau national, près d’une sur dix (9 %) envisage un arrêt de son activité du fait de la hausse des prix de l’énergie, 150 000 entreprises sont ainsi potentiellement en danger de mort ! La crise énergétique est donc au centre de notre attention. La CPME a intensifié son lobbying aux niveaux national et européen, et obtenu des mesures importantes comme la « garantie prix électricité », soit une baisse directe de 35 % du prix pour les TPE-PME, ou le renforcement du « bouclier tarifaire » des petites entreprises.

Prix de l’énergie : l’inquiétude des acteurs économiques monte en Paca

Nous maintenons notre pression pour étaler le Prêt garanti par l’Etat (PGE) de quatre à huit, voire dix ans, pour éviter de nombreuses défaillances d’entreprises qui étaient saines jusque-là. Au-delà des aides, notre leitmotiv à la CPME reste de baisser les charges qui pèsent sur nos entreprises, notamment sur les heures supplémentaires.

Par et pour les entrepreneurs positifs, telle est la devise de la CPME 13. Alors, chers entrepreneurs, ne lâchons rien ! Trouvons l’énergie et les solutions pour dépasser ces crises qui se succèdent.

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