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Corinne Innesti : « En période de crise, le chef d'entreprise est isolé et inquiet »

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Corinne Innesti : « En période de crise, le chef d'entreprise est isolé et inquiet »
D.R. - Une semaine après le début du déconfinement, Corinne Innesti revient sur la façon dont les entreprises abordent cette nouvelle période.

Corinne Innesti, la présidente de la CPME 13 évoque notamment l'aspect psychologique de cette crise, sur les salariés et entrepreneurs, mais détaille aussi les mesures à prendre pour continuer à accompagner la reprise.

Les Nouvelles Publications : Comment se déroule la reprise pour les PME et les commerces ?
Corinne Innesti :
Elles sont soulagées de reprendre mais nous avons de nombreux échos de la part d'entreprises où des salariés ne veulent pas revenir, par peur de prendre les transports en commun, de se retrouver face à des clients ou des collègues... L'aspect psychologique est important à prendre en compte dans cette période. Il faut avoir en tête que quand une entreprise rouvre, c'est qu'elle a pris toutes les mesures pour protéger ses équipes et les clients. Avec ces dispositions et en respectant les gestes barrière, il n'y a pas de raison d'avoir peur. Le rôle du chef d'entreprise est de rassurer les équipes et de rappeler les mesures mises en place. On va continuer à vivre avec le virus pendant un moment.

Y a-t-il eu un retour des clients dans les commerces ?
Je ne peux pas me prononcer sur les ventes, nous n'avons pas encore de retour chiffré, mais les commerçants ont constaté que pendant le confinement, il y avait eu une envie refreinée d'achats. Par contre, il ne faut pas perdre à l'esprit les nombreuses contraintes auxquelles ils doivent faire face : mises en place des gestes barrières, nombres de clients limités dans les commerces et temps d'attente plus long…
C'est pour cette raison qu'il va falloir étudier les retombées de ces contraintes sur les chiffres d'affaires, mais aussi voir quel sera les réactions des consommateurs dans les prochaines semaines. Pour compenser, certains commerces, quand ils l'ont pu, ont ouvert plus tôt ou fermé plus tard.

C'est pour cette raison que la CPME 13 a co-signé une tribune envoyée au préfet et demandant un assouplissement de certaines règles, sur les horaires et le travail le dimanche ?
Les entrepreneurs et commerçants veulent essayer de rattraper une partie du chiffre d'affaires perdu. Il est donc important pour les commerces de pouvoir ouvrir plus longtemps. Il s'agit là d'une demande des commerçant dont la CPME 13 se fait le relais. Cette demande n'est pas nouvelle puisqu'elle existait avant le confinement, mais cette crise la remet au-devant des revendications. C'est une nécessité afin de permettre une reprise de l'activité commerciale. L'évolution des plages d'ouverture doit bien entendu se faire dans le cadre d'accord, de volontariat et pour une période courte, le temps de la relance. Il y a aussi une demande de la part des commerçants de reporter les soldes afin d'avoir de meilleures conditions pour en profiter.

D'autres mesures permettraient-elles aux commerçants de relancer leur activité ?
Pendant la crise, ceux qui étaient encore réticents se sont aperçus que le numérique pouvait aussi être une solution pour vendre, même quand on est une petite structure. Nous allons reprendre le projet « Shop'in Sud » qui existait depuis plusieurs mois et était porté par Audrey Lucchinacci et la Fédération Commerce en 13. Cependant, il avait du mal à décoller, en raison notamment de cette réticence face au numérique. Cette plateforme de vente en ligne, qui met en avant nos commerçants, mais aussi nos PME et TPE, sera un moyen de donner de la visibilité à une offre de proximité qui est riche et de favoriser l'achat dans les commerces de centre-ville. Nous avons l'idée de l'élargir aux entreprises de service.

Beaucoup de petits entrepreneurs se sont retrouvés isolés pendant cette crise. Quelle solution la CPME 13 peut-elle apporter ?
Nous avions mis en place une cellule d'urgence composée de permanents, adhérents et partenaires de la CPME 13. Les entrepreneurs qui rencontraient des problèmes pouvaient appeler. Elle a été appréciée et nous allons la transformer en cellule « Résister et renaître à nouveau ». Dans les moments difficiles, on a besoin d'être accompagné, en période de crise le chef d'entreprise est isolé et inquiet.

Pourquoi la CPME demande le maintien de certaines aides et dispositifs de l'Etat ?
La crise économique ne s'arrêtera pas fin juin. C'est pour cette raison que la CPME demande que le chômage partiel puisse être encore possible pour les entreprises en activité partielle. Certaines sociétés ne peuvent pas faire venir tous les salariés et ne peuvent pas non plus faire du télétravail.
Aujourd'hui l'inquiétude porte sur le mode de remboursement. Si les remboursements de l'Etat baissent, le risque est de se retrouver avec des entreprises qui vont licencier ou moins payer leurs salariés. Selon l'enquête que nous avons menée pendant le confinement, 61 % des entrepreneurs interrogés avaient peur d'un risque de faillite. Il faut également une exonération des charges.

Qui doit payer les surcoûts des mises en place des mesures sanitaires dans les entreprises ?
Nous avons appris que ce surcoût va être en partie remboursé dans le cadre de la sécurité sociale, avec des aides allant jusqu'à 1 500 / 2 000 euros. Dans les bonnes nouvelles, nous avons aussi appris que les mandataires sociaux, qui avaient été oubliés, auront une aide de 1 500 euros via l'Agirc-Arrco.​




Frédéric DELMONTE
Journaliste

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