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Comment reprendre une entreprise en crise

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Comment reprendre une entreprise en crise
Georges Majolet - Les intervenants des premiers Apéros de la reprise.

Mi-mars, Florence Valentin, présidente de la commission Cefim « Les Cafés de la reprise », en partenariat avec l'association Prévention & retournement, a organisé les premiers Apéros de la reprise.

Reprendre une entreprise en difficulté n'est pas sans risque. Pour agir en toute sécurité, il faut, pour bien commencer, garder en tête certains pièges à déjouer. Il convient ainsi de ne jamais perdre de vue qu'une entreprise en difficulté va toujours plus mal qu'on ne le croit. Il est également conseillé de bien maîtriser l'origine des difficultés de l'entreprise, car la maladie est peut-être incurable. Dans tous les cas, il faut se décider vite… et bien, avant d'entrer dans un environnement complexe, le monde du restructuring* ! Et bien sûr, tout cela va coûter cher et prendre un temps fou : six à dix-huit mois à un rythme effréné. Mais comment reprendre une entreprise en difficulté ? Tel était l'objet du premier Apéro de la reprise, organisé par Florence Valentin, présidente de la commission Cefim « Les Cafés de la reprise », en partenariat avec l'association Prévention & retournement.

La reprise en procédure de prévention

L'une des premières options est la reprise en procédure de prévention. Pour Frédéric Avazeri, administrateur judiciaire, « s'y intéresser, lors de ce rendez-vous Cefim, est intéressant car certaines opérations se sont effectivement réalisées dans ce cadre, depuis peu ». Les entreprises concernées ? Des sociétés dont les causes de la difficulté sont identifiées et qui bénéficient d'un marché réel, c'est-à-dire qu'il existe une possibilité de rebond. Elles n'y arrivent plus seules et ont donc besoin de l'intervention d'un tiers.

Premier avantage et non des moindres : la confidentialité.

« Des tiers sont approchés en toute confidentialité, l'appel d'offres est restreint. Ce qui n'est pas le cas lors d'une procédure collective. »

Dans tous les cas, également, la dynamique est forte, les banquiers sont mis à l'épreuve. Parmi les inconvénients, Bernard Bouquet, associé, cabinet BBLM Avocats, insiste sur le fait que « quand on reprend une entreprise en prévention, on connaît le passif à travers les documents fournis. Des documents peu précis. C'est le revers de la médaille. »

Il s'agit aussi d'être réactif tout en étant prudent. « Mieux vaut être bien accompagné, suggère ainsi Frédéric Avazeri, en faisant appel à un cabinet de restructuring, à des avocats spécialisés. » Pour Florence Valentin, adepte de ce type de dossiers, les exemples de réussite ne manquent pas. « On peut trouver des solutions mais il faut que tout le monde soit vraiment prêt à aller dans le même sens. » C'est ainsi que Bruno Nivière, président du tribunal de commerce de Marseille, « adhère à 1 000 % à ce type de procédure dont le taux d'échec est de 15 %. Mais il faut être très réactif ».

La reprise en procédure collective

La deuxième table ronde s'est quant à elle intéressée à la reprise dans le cas d'une procédure collective. Il s'agit de cas connus, même si des nouveautés en la matière sont à signaler. Vincent Gillibert, administrateur judiciaire au sein du cabinet Thevenot Partners, a ainsi rappelé le cadre juridique pour reprendre une entreprise via la procédure collective (liquidation judiciaire, redressement judiciaire et sauvegarde). Avec des typologies de repreneurs différents. A titre d'exemple, « en cas de liquidation judiciaire, il y a arrêt de l'activité de l'entreprise. C'est un fonds de commerce qui est cédé. »

Il a aussi insisté sur le fait que « le redressement judiciaire est une procédure publique. Les fournisseurs et les clients sont donc au courant, ce qui va avoir un impact sur l'entreprise, ses relations. » Il a également cité « le redressement judiciaire par le haut : l'adossement par un tiers. Tiers qui reprend aussi les dettes. »

Vincent de Carrière, mandataire judiciaire, a de son coté évoqué la reprise de l'entreprise par son dirigeant, le management, sur autorisation du procureur de la République. « Ces cas existent mais ils sont encore rares. » Il a terminé son exposé en adressant un court conseil aux repreneurs : « Ce n'est pas grave si vous ne réussissez pas la première opération. Ne continuez pas. Il vaut mieux arrêter. »

Les chiffres de Bruno Nivière, concernant les procédures judiciaires, montrent que Marseille est un mauvais élève en la matière. Contrairement aux chiffres nationaux, dans la cité phocéenne, les déclarations spontanées sont moins nombreuses que les ouvertures sur assignation.

* Restructuration




Caroline Dupuy
Journaliste

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