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Série de l'été Comment j'ai fait pour... capitaliser sur un accident de la vie

le - - Economie

Comment j'ai fait pour... capitaliser sur un accident de la vie
Ilan Dehe - Julie Meunier, créatrice de la société Les Franjynes.

Julie Meunier est originaire de Hyères. Elle apprend en 2015 qu'elle est atteinte d'un cancer du sein grade III, un stade très avancé. Souffrant d'une alopécie sévère, elle imagine un système de frange à clipser sur sa tête. Le résultat dépasse ses espérances. Personne ne soupçonne sa maladie. Aujourd'hui en rémission, la jeune femme de 31 ans a créé sa société Les Franjynes.

« Mon désir d'entreprendre est parti d'un vécu, celui de mon cancer du sein, détecté à l'âge de 27 ans à un stade très avancé. Bien sûr, c'est une météorite que j'ai reçue sur la tête. J'ai été abattue environ 15 jours et puis, je me suis dit que soit je voyais plus loin, qu'un jour j'allais bien reprendre ma vie d'avant, soit je restais déprimée devant cette injustice. Mais ce que je n'avais encore pas envisagé, c'est que je ne reprendrais pas ma vie d'avant, celle d'une juriste qui a suivi des études de droit pour faire plaisir à ses parents, voire les rassurer. J'ai toujours été artiste. Alors dès que j'ai pu reprendre une vie un peu plus normale, j'ai suivi des cours d'art. Mon blog, où je témoignais de ma vie de malade, m'a aussi beaucoup aidée. L'idée de créer Les Franjynes est d'ailleurs partie de là. De ces retours positifs sur mon système d'attache de frange, associée à un bandeau féminin, un système unique que j'ai depuis breveté.

Dès que j'ai été moins fatiguée par mes traitements, avec mon idée d'entreprendre vissée au corps, je me suis tournée vers la BGE, un réseau de pépinière d'entreprises. Ensemble, nous avons monté mon business plan. Car en arrêt maladie, on ne peut pas travailler bien sûr, mais en revanche, on peut être aidé pour créer son entreprise. Au bout de six mois, j'ai évalué qu'il me fallait 28 000 € de mise de départ, pour le stock et mon e-shop. C'est là que j'ai été confrontée à l'injustice des assurances bancaires. Le droit à l'oubli face au cancer en matière de prêt est de dix ans. Nous étions en 2017, impossible pour moi de passer par le système classique. J'ai donc monté un crowdfunding sur la plateforme Ulule et j'ai récolté 35 000 €. Ça m'a donné une force incroyable ! Bien sûr, je suis sur un marché de niche, mais quel marché ! Ce sont 285 000 nouveaux cas détectés en France chaque année, dont 176 000 sont des cancers gynécologiques.

Aujourd'hui, mon entreprise est viable. Pour autant, il va falloir que j'investisse encore pour aller à l'international, notamment au Canada où mes produits plaisent beaucoup. Mais je vais devoir sans doute encore imaginer des solutions alternatives, car par exemple, les business angels ne sont pas intéressés par ma structure. Ils me disent que "je suis seule à la diriger et je porte donc tous les risques". Plus tard, pourquoi pas m'associer… J'ai eu beaucoup de chance jusque là et j'ai voulu faire de mon entreprise une entreprise solidaire. A ce jour, je reverse 5 % de mes bénéfices à la recherche contre le cancer et j'emploie des femmes souffrant de maladies physiques, en réinsertion professionnelle. »




Alexandra Zilbermann
Journaliste

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