AccueilEconomieClaire Désarnaud, Wecare@Work : « Libérons la parole pour mieux concilier maladie et travail »

Claire Désarnaud, Wecare@Work : « Libérons la parole pour mieux concilier maladie et travail »

Wecare@work, « une start-up de malades », est née à l’initiative d’Anne-Sophie Tuszynski et Claire Désarnaud. Elle œuvre à une meilleure prise en charge de la maladie au travail, qu’elle concerne le dirigeant, salariés, malades ou aidants.
« Encourager la libération de la parole engrange de nouvelles solidarités internes et conforte la fidélisation des collaborateurs », a constaté la co-fondatrice de Wecare@Work, Claire Désarnaud.
Wecare@Work - « Encourager la libération de la parole engrange de nouvelles solidarités internes et conforte la fidélisation des collaborateurs », a constaté la co-fondatrice de Wecare@Work, Claire Désarnaud.

Economie Publié le , Propos recueillis par Jean-Christophe BARLA

Les Nouvelles Publications : Comment est née l’idée de Wecare@Work ?

Claire Désarnaud : D’une double expérience de vie personnelle, celle de mon associée, Anne-Sophie, en tant que patiente, et de la mienne, en tant qu’aidante. Nous avons éprouvé la difficulté de concilier parcours de soins et vie professionnelle, face à tous les obstacles et non-dits qui y sont attachés. En partageant notre vécu et nos points de vue, nous avons eu envie de créer une entreprise apte à proposer une gamme de solutions opérationnelles, afin de répondre aux besoins des employeurs et de leurs salariés, dans le but de les sensibiliser à cette question, de les former et de parvenir à une meilleure inclusion. Wecare@Work compte aujourd’hui 15 collaborateurs.

Quelle approche proposez-vous ?

Nous avons développé une plateforme digitale et une ligne téléphonique gratuite associée, afin de répondre à toutes les interrogations de dirigeants, de chefs de service, de responsables RH ou de salariés. Qu’ils soient eux-mêmes atteints d’une maladie, ou aidants d’un proche malade. Nous les accompagnons, pour concilier au mieux maladie et travail. Nous proposons des solutions clés en mains digitales, mais couplées à de l’humain. Nous concevons aussi du sur-mesure, car chaque société n’est pas exposée aux mêmes situations. Nos solutions se sont construites et étoffées en répondant aux besoins exprimés. Le sujet reste souvent tabou dans le monde du travail, parce qu’il relève de l’intime. Or, il faut oser parler pour ne pas rester démuni dans la prise en charge.

Caire 13 : « Les chefs d’entreprise n’ont pas le temps d’être malades »

Mais comment faire face à la diversité de cas ? Certains s’expriment, d’autres préfèrent rester discrets. Des personnes continuent à travailler, d’autres doivent s’arrêter provisoirement, certains souhaitent garder un lien, d’autres non…

Il n’existe pas de réponse toute faite. De fait, aucun employeur ne peut savoir exactement combien de personnes sont potentiellement concernées dans son effectif. Pourtant, un tiers des actifs l’est ! Il existe un cadre légal, des principes, comme le secret médical, mais rien n’empêche d’aller plus loin que le strict respect de la réglementation. Notre rôle de conseil, c’est d’amener tout le monde autour de la table, de dire comment communiquer et d’aider à mettre en place, avec les partenaires appropriés (responsables RH et RSE, service de santé au travail, assistants sociaux…) le plan d’action et les outils adéquats pour que ceux qui veulent continuer à travailler le puissent et que le choix de ceux qui souhaitent provisoirement se retirer, pour se concentrer sur leurs soins, soit également respecté. Dans l’optique que leur retour à leur poste s’opère ensuite à un rythme et à des conditions adaptés.

En quoi votre implication contribue-t-elle à transformer l’entreprise qui vous sollicite ?

Au-delà de la prise de conscience, nous constatons un changement de regard. La maladie n’est pas seulement une difficulté, ou un coût pour l’entreprise. Elle peut être un moyen de travailler autrement. La prendre en charge, en enrichissant l’axe "santé au travail", en introduisant de l’écoute, du coaching, du soutien psychologique, n’est pas incompatible avec la performance. Nous participons à renforcer les liens, à lever des préjugés, à mieux comprendre les pathologies et leurs conséquences. Nous notons que les salariés sont fiers que leur entreprise s’engage à entendre et à prendre en compte les fragilités des uns ou des autres. Un climat de confiance se développe. Chacun sait qu’il pourra être écouté, s’il se trouve à son tour confronté à la maladie. Encourager la libération de la parole engrange de nouvelles solidarités internes et conforte la fidélisation de ses collaborateurs.

Comment trouve-t-on son modèle économique avec une telle activité ?

Nous fonctionnons comme un cabinet de conseil et un organisme de formation. Nous proposons un abonnement à notre plateforme Alex, afin que les entreprises bénéficient de l’accompagnement toute l’année. Nos prestations sont par ailleurs éligibles à l’obligation d’emploi de travailleurs handicapés (OETH), un statut intéressant pour les sociétés qui n’atteignent pas les 6 % de personnes en situation de handicap dans leur effectif.

Conseil du chef : « La maladie n’est pas seulement une difficulté, ou un coût pour l’entreprise. Elle peut être un moyen de travailler autrement. La prendre en charge, en enrichissant l’axe « santé au travail », en introduisant de l’écoute, du coaching, du soutien psychologique, n’est pas incompatible avec la performance ».
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Qualité de vie au travail : les chefs d'entreprise témoignent


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