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interview Christiane Thibault : « On ne peut plus vivre uniquement de la saison estivale »

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Christiane Thibault : « On ne peut plus vivre uniquement de la saison estivale »
K. Latour - Pour Christiane Thibault, les attentes du secteur de l'hôtellerie-restauration vis-à-vis de l'Etat sont essentiellement financières.

Vice-présidente du GNI Région Sud, groupement national des indépendants représentant l'hôtellerie-restauration et les discothèques, Christiane Thibault estime que malgré une saison plutôt réussie, le secteur risque de rencontrer des difficultés dans les mois à venir.

Les Nouvelles Publications : Quel bilan dressez-vous de cette saison estivale pour le secteur de l'hôtellerie-restauration en Provence-Alpes-Côte d'Azur ?
Christiane Thibault : On peut dire que cette saison a été réussie car, même si la clientèle était moins fortunée que d'habitude – il n'y avait pas de Russes, Chinois etc. - , la fréquentation a été bonne. Certains établissements ont même enregistré un chiffre supérieur à l'année dernière. Cependant, nous sommes inquiets pour septembre et la fin de l'année car l'annonce du passage des Bouches-du-Rhône, des Alpes-Maritimes, du Var et du Vaucluse en zone rouge a fait fuir beaucoup de touristes. La limite des 23 h dans les Bouches-du-Rhône a aussi eu un impact énorme pour les restaurants, qui ne peuvent pas faire de deuxième service, mais surtout pour les bars. Or, cela tombe au moment où nous allons devoir commencer à payer des frais, tels que le remboursement du prêt garanti par l'Etat.

On ne peut plus vivre uniquement de la saison estivale. Dans mon département, le Var, nous essayons donc de voir avec les maires comment rendre nos territoires attractifs l'hiver.

Malgré cette « bonne » saison, des fermetures sont-elles à prévoir ?
Nous estimons entre 20 et 25 % de fermetures. Beaucoup de petits restaurants n'ont pas eu le droit aux aides de l'Etat, il en est de même pour les discothèques où certains propriétaires sont ruinés. Je ne comprends d'ailleurs pas pourquoi elles ne pourraient pas ouvrir : certaines ont une jauge ne dépassant pas les 500 personnes alors que le Puy du Fou, lui, est ouvert. Ce manque d'équité se retrouve aussi avec Airbnb, où des logements ont été loués à des groupes pour qu'ils fassent la fête.

Quelles sont vos attentes vis-à-vis du gouvernement qui a présenté ce jeudi 3 septembre son plan de relance ?
Que le gouvernement ne nous oublie pas, même si je dois dire que beaucoup d'efforts ont été faits. Nos attentes sont essentiellement financières : un report de six mois des crédits bancaires, une annulation des charges sociales... La question des loyers n'a toujours pas été solutionnée : nous avons demandé un étalement pour les mois de juin, juillet et août. Par ailleurs, même si le chômage partiel a été prolongé jusqu'en décembre pour les entreprises du tourisme, il est annoncé que l'employeur devra prendre en charge 15 % du salaire.

Comment allez-vous accompagner vos adhérents pendant cette période ?
La CPME Sud Provence-Alpes-Côte d'Azur va mettre en place des groupements de prévention agréés (GPA) dans chacun des territoires, une initiative qui nous intéresse d'autant que nous avons déjà, à notre niveau, contacté des juges de tribunaux de commerce pour aller dans les établissements les plus en difficulté afin de les aider et voir avec eux comment ils peuvent s'en sortir.




Karen Latour
Journaliste

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