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présidente de l'ACE Paca Christelle Grenier : « Insuffler une vision de l'entrepreneuriat chez les avocats »

le - - Droit et Chiffre

Christelle Grenier : « Insuffler une vision de l'entrepreneuriat chez les  avocats »
R. Poulain - L'entrepreneuriat et l'interprofessionnalité figurent parmi les axes que Christelle Grenier souhaite développer pendant ce mandat.

Nouvelle présidente de l'association Avocats conseils d'entreprises Provence-Alpes-Côte d'Azur (ACE Paca) à la suite d'une élection anticipée, Christelle Grenier, avocate au barreau de Marseille spécialisée dans le droit de la propriété intellectuelle et les nouvelles technologies, détaille sa vision de la profession, qu'elle aimerait amener davantage vers l'entrepreneuriat.

Les Nouvelles Publications : Pourquoi avoir décidé de quitter la coprésidence nationale de l'ACE-JA (Avocats conseils d'entreprises - Jeunes avocats) pour vous présenter à celle de l'ACE Paca ?
Christelle Grenier :
Quand je suis entrée à l'ACE-JA, il y a 15 ans, j'étais plus à même de comprendre les problématiques des jeunes. Entre temps, j'ai vécu le développement d'un cabinet, j'avais donc une expertise et des choses à transmettre. Aujourd'hui, mon cabinet tourne, je vois les choses et me projette différemment. C'était donc dans la continuité de mon engagement syndical.

Quelle est votre vision du métier d'avocat, à l'heure actuelle ?
La profession a beaucoup changé depuis que j'ai prêté serment en 2005 et c'est normal puisqu'elle évolue au même rythme que la société.
Les legaltechs sont aussi venues tout bousculer. Des jeunes, généralement issus d'écoles de commerce, sont arrivés avec une vision entrepreneuriale de notre métier. Or nous, avocats, étions de très bons techniciens du droit mais nous n'avions pas appris que nous serions également des chefs d'entreprise, qu'il faudrait que l'on soit rentable. On ne connaissait rien de l'idée de modèle économique.
Par exemple, ces legaltechs se sont rendu compte que pour les litiges de moins de 500 euros, les clients avaient tendance à penser que cela ne valait pas le coup de faire appel à un avocat, jugé trop cher. Et c'était vrai ! Car nous n'avions pas repensé notre modèle économique. Depuis, nous avons rattrapé ce retard, des avocats lancent des legaltechs, mais on a toujours l'impression de courir après le train.

Quels axes comptez-vous développer pendant votre mandat, qui court pour l'instant jusqu'en avril 2021 ?
Outre insuffler cette vision de l'entrepreneuriat, j'aimerais accélérer l'interprofessionnalité. Le besoin en droit est croissant et on sera plus fort si l'on est plus nombreux. Aujourd'hui, ces partenariats sont plutôt informels. Mais, en théorie, on pourrait par exemple créer une société d'exercice avec des experts-comptables, avec qui nous travaillons beaucoup, du fait de nos compétences croisées. Quand on fait du droit du travail, on a besoin de leurs connaissances : des questions de gouvernance, de transmission peuvent par exemple être traitées des deux points de vue, en complémentarité. De plus, c'est enrichissant de voir comment les autres travaillent car cela nous pousse à nous interroger sur notre façon de faire.
Il y a dix ans, ce discours n'était pas entendable. Les réticences venaient de la peur que l'avocat perde son identité. Il y a aussi cette idée que plus la profession s'élargit, plus les avocats n'arriveront pas à en vivre. Mais ce n'est pas vrai, c'est plus une question de modèle économique.
Il y a également un vrai travail à faire sur la dématérialisation des activités, avec la mise en place d'outils pour travailler à distance et améliorer la rentabilité. La crise sanitaire va certainement accélérer cette transition. Les cabinets doivent s'adapter car les clients ne consomment plus de la même manière. Dans mon secteur, nous traitons beaucoup avec des start-up, elles ont besoin de réponses rapides, elles sont dans l'immédiateté.

Lire notre interview complète de Christelle Grenier dans le n°10127 des Nouvelles Publications à paraître le 23 octobre. Cliquez ici pour plus d'informations sur nos offres d'abonnement à partir de 55 €/ an.




Karen Latour
Journaliste

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