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Bus et car : pénurie de candidats, 250 postes toujours à pourvoir

La Fédération nationale des transports de voyageurs Paca prévoit même d’ici un an la création de 500 emplois dans le secteur. Explications avec son président et son délégué régionaux.
Bus et car : pénurie de candidats, 250 postes toujours à pourvoir
A. Zilbermann - Jean-Paul Lieutaud, président de la FNTV Paca et Laurent Benvenuti, délégué régional, évoquent « un secteur en crise ».

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Le constat est le même que pour la restauration ou le BTP : le poste de chauffeur de bus ou de car n’attire plus. Même si depuis avril dernier, l’âge des candidats a été abaissé de 21 à 18 ans, ce métier est en crise.

La Fédération nationale des transports de voyageurs représente 150 entreprises dans la région (792 sociétés pour 8 000 emplois au global). « Environ 90 % de nos adhérents connaissent des problèmes de recrutement », explique Laurent Benvenuti, délégué régional. La filière, quant à elle, compte pour 600 M€ en Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Embauche immédiate

Dès aujourd’hui, 200 postes de personnel de conduite sont à pourvoir en Paca, ainsi que 50 emplois d’agents et responsables de maintenance bus et car. Il s’agit aussi bien de temps partiel que de temps plein, de CDD que de CDI. Condition nécessaire pour conduire un véhicule de transports en commun : posséder un permis D et une FIMO (formation initiale minimale obligatoire), ou un titre professionnel de « conducteur de transport en commun ».

Pourtant, Pôle emploi compte dans ses fichiers quelques 12 000 profils correspondant à ces offres, un peu plus d’un millier pour les seules Bouches-du-Rhône. Alors, quel est le problème - outre de « fluidifier nos échanges avec Pôle emploi », comme le précise Laurent Benvenuti ? Bien sûr, tous se montrent conscients de la pénibilité de ces postes, notamment au niveau des horaires et des jours de travail (week-end et fériés), du manque de fidélité des effectifs, de la faible attraction du modèle social… sans oublier la question du salaire. « A l’embauche, il est de 1 700 € brut, nous apprend son président, Jean-Paul Lieutaud, auquel se rajoutent les primes variables, le 13e mois et la garantie d’emploi. » Pour autant, ça ne semble pas suffire pour attirer les candidats. « Un groupe de réflexion avec nos partenaires sociaux travaille en ce moment sur la question, pour savoir comment rendre nos métiers plus attractifs. »

Actions concrètes

La crise est aussi passée par là, comme dans de nombreux secteurs déjà en tension. « Habituellement, nous avons besoin chaque année d’environ 300 à 400 emplois en Paca. Je pense qu’il nous en faudra 500 à 600 de plus d’ici la fin de l’année prochaine. Nous faisons face à une situation historique pour la profession », ajoute Laurent Benvenuti. Sachant que l’âge moyen de ces postes est aujourd’hui de 50 ans, si le secteur ne réagit pas, les recrutements dans les années à venir deviendront problématiques.

La FNTV Paca ouvre d'ailleurs en ce moment 150 places de formation. Pour y entrer, avoir 18 ans donc et le permis D. La fédération expérimente également la mise en place du dispositif « accompagnateur », dans les Bouches-du-Rhône. « Il s’agit d’une véritable passerelle attractive vers les métiers du transport routier de voyageurs, notamment en direction des métiers de la conduite », ajoute le délégué régional. Les Alpes-Maritimes lancent, de leur côté, une session de formation d’apprentis à la maintenance car et bus. Autant de mesures concrètes qui font suite à une session extraordinaire de son conseil d’administration, le 10 septembre dernier. « Les transports régionaux ont bien conscience de l’urgence de la situation », conclut le président de la FNTV. « Nous devons répondre vite et fort à cette crise sociale du recrutement, qui enraye pour partie les espoirs de reprise d’un secteur très éprouvé par la crise sanitaire et ses effets secondaires économiques et sociaux. »

Pour postuler, envoyer un CV à recrutements@fntv-sud.com ou se rapprocher de son antenne locale Pôle emploi.

 

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