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Belsunce, le nouveau Chinatown marseillais

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Belsunce, le nouveau Chinatown marseillais
M. Debette - Depuis plusieurs années, des enseignes chinoises s'installent dans les rues de Belsunce à Marseille.

D'abord "quartier juif", puis "quartier arabe", Belsunce voit depuis plusieurs années des migrants chinois s'installer et surtout commercer dans ses rues.

À quoi ressemblera Marseille dans 20 ans ? Les vagues successives d'immigration font évoluer la société et façonnent les quartiers. Exemple avec Belsunce (en bas de la gare Saint-Charles) qui rassembla jadis la communauté juive (rue du Tapis vert), avant de devenir un « quartier arabe »... Et qui semble en passe de se métamorphoser en « quartier chinois ». On recense actuellement une trentaine de boutiques asiatiques dans le triangle Belsunce-rue Nationale-rue Longue des Capucins.

« Quelques-unes étaient installées à La Joliette. Mais le quartier a été démoli », se souviennent quelques personnes âgées.

Le « Bazar oriental » y cède doucement la place au discount made in China. Dans les vitrines, le sportswear estampillé « de grande marque » (sic) remplace les épices. Ce que confirme Michel Péraldi (anthropologue, spécialiste des réseaux migrants) : « En plus des marchandises, les Chinois viennent eux-mêmes à Marseille pour vendre leurs produits ». Ils ont pris le relais des Arméniens et Juifs sépharades en achetant leurs boutiques. Repérables avec leur panonceau « pas de vente au détail », ces boutiques - spécialisées dans le marché de gros vestimentaire et la mode - semblent se multiplier au fil des années. Il y a tout lieu de penser que ces commerçants vont s'organiser et diversifier leurs activités. Ne leur restera plus qu'à placer quelques portiques, des lampions - et pourquoi pas une pagode - pour donner l'apparence d'un mini-quartier chinois. « Économiquement, leur système est global et génial : ils s'assurent tous les services dont ils ont besoin », note un économiste du Monde.

Kari, la responsable d'une enseigne de vêtements de luxe, s'agace un peu de la concurrence : « Comment font-ils pour vendre moins cher ? ». Comme en témoigne le va-et-vient des charriots et des camionnettes, les acheteurs, eux, semblent y trouver leur compte. Dans les environs (Plombières, Plan de Campagne, Aubagne), les supermarchés chinois ne désemplissent pas.

Retrouvez l'intégralité de notre dossier sur les relations économiques entre Marseille et la Chine dans les Nouvelles Publications




Esther Griffe
Journaliste

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