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Banque de France : une conjoncture favorablement orientée, mais…

Après une année 2020 impactée par la crise sanitaire, l’économie connaît un rebond en Provence-Alpes-Côte d’Azur. C’est en tout cas ce que confirme une enquête menée par la Banque de France régionale Paca.
Banque de France : une conjoncture favorablement orientée, mais…
M. Debette - De gauche à droite : Éric Stella, adjoint au responsable des affaires régionales à la Banque de France, Jean-Christophe Ehrhardt, directeur régional Paca de la Banque de France, et Maurice Wolff, vice-président de la CCIAMP et chef d’entreprise.

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Bilan du premier semestre et perspectives pour la fin d’année étaient au menu du rendez-vous de la conjoncture qui s’est déroulé au pôle d’activités d’Aix-en-Provence. A la tribune, Jean-Christophe Ehrhardt et Éric Sella, respectivement directeur régional et adjoint au responsable des affaires régionales Banque de France, et Maurice Wolff, chef d’entreprise et vice-président de la Chambre de commerce et d'industrie Aix-Marseille Provence (CCIAMP).

Pour Jean-Christophe Ehrhardt, « la conjoncture est favorablement orientée, tant au niveau national que régional ». Il note néanmoins quelques différences au niveau régional, telles que « la taille des entreprises, plus petites que la moyenne nationale, et une valeur ajoutée liée principalement au poids de l’évènementiel, du tourisme et des cafés-hôtels-restaurants ». L’industrie a retrouvé le rythme d’avant-crise. Quant au bâtiment, il est presque en suractivité. En ce qui concerne les services marchands, il constate un décalage du taux d’activité, de 86 % en Paca contre 90 % pour la France. « Cela est dû au fait que, malgré une très bonne ou une excellente saison touristique, le début de l’année a été difficile et le chiffre d’affaires va progresser sans compenser celui de 2019 », observe le directeur régional. Globalement, il considère que les perspectives sont pour le moins encourageantes. « Notre économie reste très internationalisée avec la mer et l’importante présence d’entreprises exportatrices affichant un taux d’export 20 % supérieur à celui du niveau national pour la fin 2021 et pour 2022. »

Vigilance de rigueur pour les chefs d’entreprise

Alors que la Banque de France pense que l’inflation pourrait n’être que temporaire, Maurice Wolff ne partage pas cet avis : « Je ne suis pas du tout sûr qu'elle soit provisoire. Et la réaction des chefs d’entreprise dans la salle va dans le même sens. Il faudra que nous soyons vigilants car, si l’inflation redémarre, que se passera-t-il ? Nous avons des collaborateurs qui viennent demander une hausse de salaire. Quant à l’énergie, elle risque de coûter de plus en plus cher, notamment aux industriels. »

S’il ne conteste pas le redémarrage de l’activité, il pointe cependant les problèmes de l’approvisionnement et l’augmentation du prix des matières premières, composants et bois entre autres. « Comment allons-nous faire, surtout si leur prix continue de s’inflater ? ».

L’état des lieux localement

En Provence-Alpes-Côte d'Azur, la majorité des entreprises sont sur le secteur marchand et, depuis avril 2020, le taux d’activité est d’environ 90 %, soit 10 points en deçà d’une activité jugée normale.

Dès mai 2020, l’activité industrielle a redémarré : « On est vraiment au plus haut. Sur les six derniers mois, les stocks, jugés relativement bas reviennent à la normale  », constate Éric Stella.Cependant, même si la production pourra être présente, en plus de la problématique de l'approvisionnement, le coût de l'énergie aura un impact sur les marges.

Quelques chiffres

Les informations collectées début septembre 2021 auprès d’un panel de chefs d’entreprise, confirment une évolution d’ensemble positive.

Pour les services marchands : augmentation des transactions (+ 10,5 %, soit près de 3,3 points par rapport à ce début d’année), baisse des dépenses d’investissements (- 12,2 %), hausse des emplois (+ 1,7 %).

Pour l’industrie : Croissance de production (+ 12,8 %), des investissements (+ 39 %) liés à l’anticipation des risques de difficultés d’approvisionnement, et l'emploi en hausse de 0,7 %.

Pour la construction : progression de 2,3 %, soit 3 points en deçà des prévisions de début d’année dus à un moindre dynamisme de la commande publique dans les travaux publics, baisse de 4,8 % des dépenses d’investissement, et concernant l'emploi, légère hausse 0,8 %.

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